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  • Lecteurs de Renaud Camus – Documents
    2000 à propos de Répertoire des délicatesses du français contemporain Titre Le destin de la langue française Émission Répliques Présenté par Alain Finkielkraut Invités Renaud Camus Richard Millet écrivain auteur du Sentiment de la langue la Table ronde et de Lauve le pur POL Réalisé par Patrick Molinier Durée 53 minutes Taille 6 3 Mo Écouter l enregistrement Pour enregistrer le fichier sur votre ordinateur utilisez ce lien ci Il

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  • Lecteurs de Renaud Camus – Documents
    aime beaucoup les chemins jusqu à l insulte Ah les salauds Ils sont en train de détruire le chemin qui ne mène nulle part La Campagne de France Parcourir un chemin c est adhérer au sol appartenir au monde éprouver en acte le sens de l existence qu on peut bien appeler la présence à l être Renaud Camus qui s était lancé en écriture dans le sillage de Jean Ricardou en publiant des Eglogues très formelles composées de collages de citations appartiendrait plutôt aujourd hui à l orbe de Hölderlin ou de Heidegger Comme quoi dit il je ne rallie jamais que les causes perdues les rois tombés les monarchies effondrées les signes abandonnés de leur pouvoir et de leur sens D être et de paraître de présence et de sens il est très souvent question dans l uvre de Camus écrivain obsessionnel qui ne craint pas de redire de livre en livre deux trois fois la même chose Lui a une explication simple Il y a le fait que c est une uvre peu reçue alors l auteur n a sans doute pas l impression d être entendu J ose espérer que quelquefois ce que vous appelez la répétition relève de la variation au sens musical Mais qu il ait quelques solides obsessions ça ça ne fait aucun doute Certains de mes livres ont délibérément pour objet de se débarrasser une bonne fois de certaines questions Je peux me dire que maintenant les questions de langage sont traitées dans le Répertoire des délicatesses ouf n en parlons plus A ceci près promesse d ivrogne que le Journal est exempté d exemption et que le Répertoire n est qu une forme provisoire de lui même indéfiniment Il y a beaucoup d entrées qui manquent dans le Répertoire qui pourraient être ajoutées et qui le seront ne seraient ce que toutes celles qui concernent mes propres errements un article errements pour commencer Le Répertoire des délicatesses se veut un éclaircissement de quelques difficultés de syntaxe d étymologie ou de prononciation du français ainsi qu un constat sur l état de la langue dans la société contemporaine Camus ne crie pas contre l invasion du franglais Sa bataille est autre plus vaste plus essentielle et évidemment perdue d avance Qu il existe un tiers état de la langue afflige cet écrivain un brin aristocrate Il ne voit pas pourquoi supporter un monde où les enfants français s appellent Kevin et où l on vous dit dans un affreux langage bébé votre maman plutôt que Madame votre mère Camus combat pour une langue non sympa non vulgaire non petite bourgeoise pour une syntaxe maintenue pour la forme parce que la forme ne relève dit il ni de la mort ni de l abandon mais de la sculpture de soi Le ne des négations par exemple est peut être explétif c est à dire inutile et c est pas aussi clair que ce n est pas Mais et tout Camus est là inutile

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  • Lecteurs de Renaud Camus – Documents
    est faux et que Cratyle a tort mais à un autre niveau je ne le sais pas Je suis comme ce fou qui se prenait pour un os On le soigne on le croit guéri lui aussi Il sort de l asile mais il revient une demi heure après Bon dit il moi je sais bien que je ne suis pas un os mais les chiens eux ils n ont pas suivi le traitement Pourquoi cette obsession de l origine Je trouve que l origine c est la saveur même Un monde désoriginé m effraie comme m effraierait une langue où les mots seraient séparés de leur histoire de l épaisseur du temps de l étymologie de ce que j aime appeler sans crainte exagérée du ridicule la source chantante monde et langue désenchantés pour le coup délyricisés inintelligibles de platitude et de complaisance à la mort Mon intenable position mon indécrottable conviction d être un os malgré toutes les preuves du contraire c est ce qu on pourrait nommer un cratylisme généralisé Mais après tout tous les grands paranoïaques qui nous ont formés La Rochefoucauld et Marx Freud et Nathalie Sarraute ont eu aussi la conviction que la vérité et le désir et la saveur se tenaient obscurément près de la source toujours en amont Ils différaient un peu sur l emplacement du gargouillis principiel voilà tout Vous annoncez depuis longtemps un livre intitulé Du sens Quel est le sens des mots pour vous Le sens est toujours en deçà à un autre niveau de la spirale d où cette obsession de ce que Barthes avait appelé la bathmologie c est à dire le jeu des degrés le fait que le sens revienne toujours mais à un autre niveau et qu il n y ait pas coïncidence entre des opinions et des mots qui pourtant sont les mêmes Exemple le plus simplet on dit Monsieur aux gens Docteur aux docteurs mais si ce sont des médecins de particulière stature on revient à Monsieur C est le même Monsieur et en même temps ce n est pas du tout le même Ce sont ces niveaux de langue et de sens mais un peu plus complexes évidemment que figurent dans mes petits travaux dans les Eglogues ou dans P A les notes et les notes aux notes la page en strates infinies et à présent la possibilité illimitée du lien au sens technique du terme sur la toile Au fond mon problème a toujours été celui là une insatisfaction avec le caractère unidirectionnel du livre Je n ai jamais désiré un livre qui commence à la première et finisse à la dernière page Prolonger un livre ça n a jamais été pour moi ajouter quelque chose à la fin mais le creuser en son milieu en abyme faire du surplace et creuser cavare en latin d où mon goût pour les cavatines en musique Barthes dans la préface de Tricks écrivait le sujet fait du surplace C était peut être un

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  • Lecteurs de Renaud Camus – Documents
    que lui J ai soutenu ici récemment sur l adjectif conséquent et son refus non justifié d un point de vue grammatical par un bon usage qui me semble abusif une opinion on ne peut plus contraire à la sienne Pourtant les points de désaccord ne font qu ajouter du piment à une lecture où je rencontre bien des sujets de réjouissance L auteur affirme sagement La langue malgré tous les efforts des grammairiens n obéit pas à la bonne logique Son existence est pleine d aléas de foucades de malentendus de détournements de sens de luttes pour le pouvoir et pour la différence Il conclut avec cet humour distingué qui traverse tout ce répertoire au sujet d une pertinente analyse de de suite Tout de suite est reçu partout de suite est consigné au rang de parler concierge Grevisse C est parfaitement injuste pour de suite et pour les concierges Mais il y a de moins en moins de concierges et elles ne sont pas près de revenir Mais ce qui ajoute beaucoup de crédit aux propos de Renaud Camus c est qu il n est pas enfermé dans une bulle de passéisme Contrairement aux écrits de nombreux observateurs tirant vers le purisme son livre montre qu il sait parfaitement ce qui se parle aujourd hui Il est capable de tous les registres et il en joue avec une certaine délectation boudeuse par exemple sur cette constatation si caractéristique de la fracture du français actuel Les adolescents éprouvent de moins en moins le besoin d adapter leurs propos et leur vocabulaire à leurs interlocuteurs successifs Elle est chiante cette prof c est pas croyable dit très naturellement une jeune fille à table lors d un dîner très rêveuse bourgeoisie à ses parents et à leurs invités ne s étonnent

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  • Lecteurs de Renaud Camus – Documents
    délicatesses du français contemporain Titre Contre les mutins de Panurge Émission En vivant en écrivant Présenté par Geneviève Brisac Invités Renaud Camus Philippe Muray auteur de Désaccord parfait Gallimard Chroniqueurs Arnaud Cathrine Place aux jeunes Martine Silber La revue de presse internationale Marie Rose Guarnieri Le choix du libraire Réalisé par Didier Lagarde Durée 1 heure Taille 7 2 Mo Écouter l enregistrement Pour enregistrer le fichier sur votre ordinateur

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  • Lecteurs de Renaud Camus – Documents
    agitée et proprement épouvantable en son milieu pour que soit perceptible nous l espérons l itinéraire général d une pensée qui n est pas séparable d une main 3 Homme lisant un journal c 1917 1918 Voici de sages autoportraits de jeunesse qui disent le bon élève appliqué Voici des canards et des oies pour rendre hommage à ceux d ici Voici un paysage de montagne qui précise le climat artistique de départ l expressionnisme triomphant bientôt quitté Voici une coupe si pure qu à Monsalvat les chevaliers pourraient se presser autour d elle pour y voir remonter une fois par an le Sang qui leur redonnera le courage et la force d aller par le monde porter la bonne parole et redresser les torts Si éloigné qu il ait été de toute l antiquaille haut allemande et de ses dangereux mythes casqués il y a malgré tout un aspect de confrérie dans le Bauhaus association de preux mais aussi de compagnons au sens artisanal du terme avec ses novices et ses maîtres comme dans Les Maîtres Chanteurs Albers en gravira consciencieusement tous les échelons Il est associé au groupe plus longtemps que n importe quel autre de ses membres plus longtemps que Gropius plus longtemps que Mies van der Rohe beaucoup plus longtemps que Kandinsky ou Klee Ses photographies entre autres mérites plus formels témoignent de l amitié qui règne entre les paladins même en dehors de la forteresse assiégée Elle se manifeste en Allemagne elle se manifeste dans le Midi de la France elle se manifeste en Italie dans la lumière des lacs où dévalent émerveillés ces nouveaux Siegfried selon la meilleure tradition germanique Albers n est pas un grand intellectuel de formation Ce n est pas non plus un grand mystique qu on sache Dans une large mesure et bien qu il ait reçu une éducation artistique officielle assez élémentaire c est un autodidacte qui se révèle assez lentement mais alors avec une détermination exemplaire Il est né dans un milieu très modeste au cœur d une ingrate contrée industrielle de l Allemagne wilhelminienne Sa famille était catholique Il épousa une jeune femme juive Ce n est pas à cause d elle qu il s est exilé en 1933 son appartenance au mouvement d avant garde et spécialement au Bauhaus eût suffi à lui rendre la vie impossible au sein du Troisième Reich Avec elle cependant il ne pouvait pas ne pas partir Et même si Anni Albers rejeton d une grande famille bourgeoise fortunée très intégrée peu religieuse n avait pas de liens très étroits apparemment avec la grande tradition hébraïque il est peu concevable que le couple vivant ensemble en réfugiés le drame le plus atroce du XXe siècle n ait pas ressenti en esprit une étroite relation d identité avec le peuple sacrifié J ai parlé ailleurs du rôle essentiel que joue selon moi et je ne suis pas le seul à en juger de la sorte ni le premier la tradition juive d interdiction de la représentation du vivant dans le grand mouvement d abstraction au XXe siècle 1 J ai cité Rothko bien entendu Barnett Newman Robert Ryman Frederic Matys Thursz Il serait tout à fait abusif de rattacher Albers à ce courant Il serait tout à fait dommageable de ne pas l en rapprocher un moment Albers était un homme très religieux Il a beaucoup travaillé pour les églises auxquelles il a donné vitraux et murs d autel Dans la dernière partie de sa vie il était revenu au catholicisme de son enfance ce catholicisme rhénan dont on ne saurait oublier qu il a produit maître Eckart Tauler Suso et Ruysbrock l Admirable Et certes Albers aurait plus légitimement sa place au musée d art moderne chrétien du Vatican que toutes les horreurs qui ont accumulées les papes récents 4 Couple dansant c 1919 Il n est pas question de soutenir évidemment que le Carré c est Dieu non plus que Godot Le Carré en revanche le Carré de Josef Albers c est La Pesanteur et la Grâce pour parler comme Simone Weill On dirait aussi bien la pesanteur et l apesanteur le poids de la terre et l envol l appartenance au monde et l essor spirituel Décentré vers le bas il est soumis aux lois de la gravitation et reconnaît la contingence Multiplié il fait l objet d une progression géométrique dans toutes les directions mais fortement ascendante En sens inverse il se présente comme un abyme dans l acception que revêt ce terme en héraldique et dans la théorie du texte Ce sont là dira t on bien des sens pour un simple carré et même pour plusieurs carrés fussent ils irrégulièrement emboîtés Et bien sûr on aura raison Le carré est aussi l absence de sens et c est en cela qu il est Godot et c est cela qu il est Dieu ou l absence de Dieu si l on veut bien considérer que la forme la plus répandue de la présence de Dieu Sa substance même pour ainsi dire c est l absence Le carré décourage le sens et le discours Tel le Tétragramme de l Exode il est Ce qui ne saurait être nommé sinon Carré ou Tétragramme c est à dire du seul nom des quatre lettres quatre côtés de son absence de nom de son absence de forme Il est Ce dont il n y a rien à dire au moins dans nos langues de Babel ce dont on ne saurait dire plutôt que des bêtises je n y manque pas Le carré albersien est silence dépouillement du vieil homme ascèse renonciation à la parole refus de toute explication Ce silence est bien sûr éminemment coloré La couleur est son langage même Mais la couleur malgré son rayonnement formidable n a pas d être propre c est ce que nous enseigne cette peinture Pour paraphraser Pessoa elle est ce rien qui est tout Elle n existe elle n est elle même qu en relation avec les autres couleurs qui l environnent de même que la forme n est forme en notre regard que du défaut des autres formes de la place qu elles lui laissent d une impression venue d ailleurs on dirait aussi bien une illusion La définition est en creux la chose a pour essence et pour incandescence en l occurrence ce qu elle n est pas A la théologie négative répond ici une ontologie contradictoire une taxinomie par voisinage une création par les confins les durs confins hard edge Tout l œuvre américaine d Albers est marquée par l étude obsessionnelle de ces interactions qui font que rien n a d existence ou d effet que du commencement de son absence Night sound tel est le sous titre de l un des plus beaux des Hommages l un des plus radicaux à la fois et l un des plus profonds l un des plus lyriques aussi à force de lyrisme refusé de toute part comprimé mis sous pression et prêt à éclater bruit dans la nuit rumeur nocturne bruit de la nuit la nuit comme bruit Le premier terme est en contradiction légère avec le second l étouffe un peu l efface pour mieux l exalter On songe à ces pièces de piano du vieux Federico Mompou regroupées sous le titre plus contradictoire encore et presque aporétique de Musica callada musique silencieuse Toute peinture est une parole tue et peut être tuée Celle d Albers est quintessentielle en ce sens Elle est un doigt sur la bouche Ce qui ne l empêche nullement d être un témoignage Je sais J ai vu Nul n en convienne Saint John Perse Exil 5 Coupe de fruits c 1923 Le dessin du New Yorker qu on évoquait plus haut retenait des Hommages au Carré très légitimement leur caractère de pur signe social signe d appartenance en l occurrence chez ceux qui l affichaient à tel milieu culturel estimé désirable et désiré et cela en toute indépendance dans bien des cas du caractère pictural propre de ces œuvres Mais ce sens trivial purement sociologique de l expression signe pur pourrait bien en cacher un autre autrement plus hautain Qu on nous permette de faire référence ici à un autre cartoon celui ci reproduit par Barthes en 1975 dans son petit Roland Barthes par Roland Barthes aux Écrivains de toujours la défunte collection du Seuil Américain comme le premier et grosso modo son contemporain ce dessin là était initialement paru dans le International Herald Tribune des 12 et 13 octobre 1974 Barthes le gratifie d une légende cocasse Histoire de la sémiologie On y distingue un petit bonhomme d allure nettement paléolithique dûment vêtu de peau de bête et qui va son chemin en équilibre sur une unique roue de pierre Le long de sa route il dépasse un premier panneau de signalisation qui l avertit Sign ahead attention il va y avoir un signe Le petit bonhomme continue sa course et tombe effectivement sur un deuxième panneau celui qui était annoncé et qui proclame sobrement Sign Un signe est un signe est un signe Le Carré pourrait dire comme le cercle ou la croix et comme le Crucifié Je suis Celui qui Est Présence réelle comme dit Steiner Le jeune homme qui s extasiait sur un Hommage au Carré jaune isolé tel une image sacrée sur une cimaise du musée d Art moderne à New York n imaginait pas que vingt cinq ans plus tard il aurait l occasion d en rassembler quinze ou vingt entre ses propres murs au profond de la Gascogne champêtre Very much en passant bien sûr Mais y a t il d autre possession Renaud Camus 1 Discours de Flaran édition P O L 1997 Repères biographiques 6 Vue du delta de la Maggia avec Ascona petit matin sur le lac Majeur 1930 1888 Josef Albers naît le 19 mars à Bottrop petite ville industrielle de la Ruhr en Allemagne Son père Lorenz Albers est ouvrier Par sa mère Magdalena Schumacher il descend d une lignée de forgerons 1902 1905 École de Langenhorst 1905 1908 École normale de Büren Brevet d instituteur 1908 Dans les musées de Munich et de Hagen il découvre Cézanne et Matisse 1908 1913 Instituteur dans de petites villes de Westphalie puis à Bottrop 1913 1915 École royale des Beaux Arts de Berlin pour être professeur d art Premières toiles figuratives dessins dans le style de Dürer Il obtient son certificat en 1915 En tant que professeur il est exempté du service militaire 1916 1919 Toujours instituteur à Bottrop il suit les cours de l École des Arts appliqués d Essen Étudie avec Jan Thorn Prikker Commence à travailler le verre Premières lithographies Dessins figuratifs portraits et autoportraits animaux et scènes de la campagne cat 1 11 1917 1918 Rosa mystica ora pro nobis vitrail pour l église Saint Michel de Bottrop aujourd hui détruit 1919 1920 A l Académie royale de Bavière il suit les cours de dessin de Franz von Stuck et les cours de peinture de Max Doerner Paysages de Bavière cat 12 7 De ma fenêtre Vor meinem Fenster 1931 1932 photographie 23 2 times 15 2 1920 Séduit par un prospectus publicitaire il s inscrit comme étudiant au Bauhaus de Weimar Étudie surtout l art du verre Photographies exceptées son art à partir de ce moment là sera exclusivement abstrait 1920 1922 Assemblages de verre Promu au rang de compagnon il devient responsable de l atelier du verre 1922 1924 Vitraux pour des maisons berlinoises dessinées par Walter Gropius le fondateur et directeur du Bauhaus Meubles et vitraux pour les bureaux de Gropius à Weimar Chargé de cours au Bauhaus Il dessine la fameuse Coupe de fruits cat 13 Vitrail pour le musée Grassi de Leipzig détruit en 1944 Autres vitraux pour la maison d éditions Ullstein à BerlinTempelhoff détruits en 1945 Il écrit Historisch oder jetzig important article pour le junge Menschen de Hambourg numéro spécial sur le Bauhaus 1925 Il suit le Bauhaus qui passe de Weimar à Dessau Il y est reçu maître et devient professeur de plein exercice Il épouse Annelise Fleischmann étudiante en tapisserie au Bauhaus qui appartient à une riche famille juive Voyage en Italie Compositions géométriques sur verre ce qu on appellera son style thermomètre 1926 Dessine un service à thé et se lance dans la typographie Meubles surtout en verre et en bois pour l appartement berlinois des docteurs Fritz et Anno Moellendorf 1926 1932 Il prend de nombreuses photographies en noir et blanc paysages souvenirs de vacances portraits de ses compagnons du Bauhaus toutes images qu il traite volontiers en photocollages cat 14 28 1928 Gropius quitte le Bauhaus Il est remplacé par Hannes Meyer Albers prend en charge les cours préparatoires Il dessine un fauteuil de bois capitonné Après le départ de Breuer Albers assumera la direction des ateliers du mobilier 1929 Aux côtés de Kandinsky et de Klee il montre vingt peintures sur verre à l exposition des maîtres du Bauhaus à Zurich et à Bâle 1930 Mies van der Rohe prend la direction du Bauhaus Albers devient directeur assistant 1932 Le Bauhaus quitte Dessau pour Berlin Albers suit le mouvement 1933 Avec les sept ultimes professeurs il procède sous la pression nazie à la fermeture du Bauhaus le 20 juillet Anni et lui quittent l Allemagne en novembre Grâce au jeune architecte Philip Johnson l un des administrateurs du musée d Art moderne de New York les Albers se voient offrir des postes de professeurs en Caroline du Nord au Black Mountain College qui vient d être fondé Ils y arrivent le 28 novembre et ils y resteront seize ans L enseignement d Albers considéré comme l un des plus remarquables du XXe siècle aura une influence incalculable sur l évolution de l art américain 1934 Série de conférences à La Havane 1935 Premier voyage au Mexique il y en aura quatorze 1936 1941 Peintures et dessins abstraits géométriques Sur l invitation de Gropius il dirige un séminaire à Harvard Dans diverses galeries il donne une vingtaine d expositions de ses peintures sur verre de l époque du Bauhaus 1939 Il devient citoyen américain 1942 1946 Son rôle est de plus en plus important dans l administration du Black Mountain College Il élabore en divers articles essentiels une théorie complète de l éducation artistique Concerning Art Instruction Art as Experience A Note on the Arts in Education The Educationnal Value of Manual Work and Handicraft in Relation to Architecture etc et donne de nombreuses conférences 8 Soir improvisation 1935 1947 Année sabbatique qu il occupe à peindre au Mexique Il inaugure la série des Variantes qui montre son intérêt croissant pour la question des effets de couleurs et de leur mutabilité 1948 Recteur de Black Mountain 1949 Quitte Black Mountain Voyage au Mexique Anni et lui même sont de grands collectionneurs d art pré colombien Professeur à Cincinnati et au Pratt Institute de Brooklyn à New York 1950 Nommé directeur du département de Design de l université de Yale il s établit à New Haven Il inaugure la série des Hommages au Carré qui établira sa notoriété aux États Unis Jusqu à sa mort il produira sur toute sorte de supports des variations infinies et toujours plus subtiles de ces études sur les interactions de couleurs qui seront en Amérique les icônes par excellence de la modernité triomphante cat 38 55 1953 1954 Conférences au Pérou et au Chili 1955 Bref retour en Allemagne en tant que professeur invité Hochschule für Gestaltung Ulm White Cross Window vitrail photosensible pour l abbaye de Saint John au Minnesota 1956 Première exposition rétrospective à Yale Il est nommé professeur émérite 1957 Officier de l ordre allemand du Mérite Docteur honoris causa de l université d Hartford Cours à la Syracuse University New York 1958 Il prend sa retraite en tant que président du département de Design de Yale il restera toutefois visiting professor jusqu en 1960 9 Relié 1 rouge Related 1 red 1938 1943 1959 Ford Foundation Fellowship C est le temps des honneurs jusqu à la fin de sa vie on n en mentionnera ici que quelques uns Deux Constellations structurales pour le hall du Corning Glass Building à New York Manuscript Wall pour le Manuscript Society Building New Haven 1960 Assiste au Congrès de la Culture à Munich 1961 Deux Portails pour le hall du Time Life Building à New York Mur d autel pour l église Saint Patrick d Oklahoma City 1962 Cours à l université de l Orégon à Eugene Graham Foundation Fellowship Doctor honoris causa de Harvard Etc 1963 Publication de Interaction of color Manhattan mural pour le Pan Am Building New York 1964 Conférences au Smith College Northampton et à l université de Miami Docteur honoris causa du California College of Arts and Crafts Oakland 1965 Une série de conférences au Trinity College de Hartford sera publiée sous le titre Search Versus Re search Une exposition itinérante organisée par le musée d Art moderne de New York et dans laquelle il figure The Responsive Eye l amène à être considéré à tort ou à raison comme le père de l Op Art 1967 Carnegie Institute Award for painting exposition internationale de Pittsburg Docteur honoraire en philosophie université de la Ruhr à Bochum Allemagne 1968 Commandeur de l ordre allemand du Mérite Il est élu à l Institut national des Arts et Lettres à New York 1970 Il quitte New Haven et s établit à Orange Connecticut Sa ville natale de Bottrop le fait citoyen d honneur 1971 Le Metropolitan Museum lui consacre la première exposition rétrospective jamais dédiée par cette institution à un artiste vivant A la suite de cette exposition il donne treize peintures et cinquante huit gravures au musée 1972 Two Supraportas pour le musée d Art et de Culture de Westphalie à Munster Reclining Figure pour le hall du Celanese Building à New York 1973 Publication de Josef Albers Formulation

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  • Lecteurs de Renaud Camus – Documents
    essence toute différente pour ne pas dire opposée Je perçois ici la volonté de ne pas s enfermer dans des luttes à mon avis dépassées qui opposent parfois une peinture qui se proclamerait figurative et une autre abstraite Ces mots seront bientôt ceux d un autre siècle et c est très bien ainsi Ce n est pas tant le sujet qui compte ce me semble que la manière de le dire ou de le montrer Sur une toile la place est bien moins pour lui que pour la peinture Je dirai même davantage sur la toile toute la place est pour la Peinture 4 Henri Michaux sans titre bleu nuit et noir c 1970 A gauche en entrant adossées au mur vous découvrirez trois sculptures en bois métal et pierre de Jannis Kounellis Il y a deux ans le maître de l Arte povera avait charpenté les salles du château avec de grandes poutres aux extrémités desquelles il avait placé des plaques d acier laminé bleui par la chaleur L ensemble entretenait une étrange ambiguïté dans l espace et l on ne savait plus ce qui soutenait la demeure était ce ses charpentes ou bien les sculptures qui apparemment en étayaient les murs et le plafond La seconde salle du bas est consacrée à trois artistes deux Catalans et un Cubain A gauche dans un petit passage une sculpture en bronze de Miró au titre curieusement homonyme du maître de maison Renaud Puis se succèdent des peintures d Antoni Tapiès œuvres aux tonalités sourdes où se disputent des gris et des noirs et quelquefois des blancs légèrement teintés Me touche tout particulièrement cette très grande Croix encadrée de 1989 peinte en noir sur une toile de lin écru Au dessous sur le sol de terre battue posés là empreints de gravité deux modelages du même artiste en terre chamottée et émail me font songer aux tragédies de Sophocle et tout particulièrement au combat fratricide entre Etéocle et Polynice Sur l autre long mur le Cubain Wifredo Lam offre dans une grande composition colorée et très gestuelle de 1958 Les Oiseaux blancs contraste étonnant avec deux autres œuvres de sa main peintes en 1974 A l issue de la visite de ce premier niveau au moment où il sort pour rejoindre les étages et découvrir comme je l ai fait la sculpture acier bois et céramique d Antoni Caro le visiteur éprouve un étrange sentiment ici tout s assemble parfaitement et les différences s estompent pour donner un Tout qui se sublime en une communion des formes et des tonalités Peut être sont ce ces pierres qui ne s y attendaient guère qui confèrent à l ensemble une musicalité digne d un quatuor de Bartok le cinquième Après ce passage en camaïeu de couleurs austères austère comme l est le lieu comme peut l être l Escorial vous entrez dans la tour du château pour gravir l escalier en colimaçon qui conduit aux étages et sur votre droite vous poussez la porte pour pénétrer en une vaste salle baignée par la lumière du nord qui prête ses parois à des œuvres diaprées de Karel Appel ou les profonds ébrasements de ses fenêtres à Alechinsky Sur le grand mur d en face une empreinte de Richard Serra à la majestueuse simplicité côtoie les tonalités de gris ou d ardoise d une sculpture de Susana Solano et plusieurs toiles de Juliet Vles 7 Henri Michaux sans titre noir sur blanc 1980 Deux peintures de Thursz gardent la cheminée Ce sont des monochromes hauts et étroits le premier rouge sang de bœuf et l autre reliquaire moderne véritable peinture votive offrant une grande variété de gris hommage à un proche dont les cendres servirent de base à la composition Au second étage l escalier ouvre sur un vaste salon entièrement consacré à Jean Paul Marcheschi La Salle des Vents Deux murs sont ornés de grands tableaux L Oracle et La Morsure de l aube Vous découvrez aussi une étrange sculpture faite de plaques de verre partiellement noircies à la fumée et formant une manière de nef entre passages et voyages La Barque des Ombres Face à la fenêtre d occident le grand mur percé d une porte plutôt basse est entièrement recouvert d une variation de la série des Cartes des Vents Ce travail monumental à fond clair conçu pour le lieu même se déploie en cercles concentriques tracés au filon à la mine noire De près apparaissent de nombreux afflux d écritures des dessins éléments actifs de la carte qui créent son identité et lui confèrent son idiosyncrasie De loin au fur et à mesure que l œil s éloigne du milieu les cercles s élargissent et l on perçoit davantage la cire de bougie qui les a nourris Le regard par ce procédé perceptif est attiré vers le centre et l impression produite semble celle de la célérité d un météore et de sa course dans l espace On connaît encore mieux ce que nous suggère l artiste lorsque l on sait que c est la dernière phrase de l Enfer de Dante qui préside à cette série d œuvres Uscimo à reveder le stelle Dans la bibliothèque contiguë Henri Michaux veille et ce n est que justice sur quelque huit mille volumes soigneusement rangés et classés Ce sont de grandes acryliques des années soixante et soixante dix mais aussi de remarquables huiles et encres comme l on aimerait en posséder 11 Wifredo Lam sans titre 1974 Devant un rayonnage un paravent de Marcheschi déploie ses feuilles noires Une huile sur toile d Eugène Leroy accrochée à l ébrasement large d une fenêtre gothique s offre au dessus d une table de lecture à la lumière du midi Au loin là où convergent les rayons chargés de livres s étire un large bureau Est ce ce plateau là qui connut la naissance du Bord des Larmes Pour réaliser ce qui fut un rêve et continuer d écrire à l abri des nuisances

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  • Lecteurs de Renaud Camus – Documents
    moins d être écrivain lui même peut il se passionner pour l alchimie d une écriture portée à son paroxysme Comme tous les diaristes Renaud Camus est un moraliste un La Bruyère qui aurait dévoilé sa vie privée Il s abandonne moins qu il veut convaincre Il juge les comportements et décrète pertinents ses diktats artistiques Renaud Camus est un beau parleur sans auditoire direct La voix et le corps de l autre n interviennent que reconstruits dans la solitude de l écriture Le dialogue est réorganisé en monologue Renaud Camus n est jamais neutre même quand il se croit objectif Il ne donne voix au chapitre qu à des contradicteurs épinglés Dans son Journal 1991 il répond à des critiques commente les médias interprète la politique le langage actuel les discours l air du temps seul face à son ordinateur Ses interlocuteurs sont définitivement figés dans la glace de la mémoire Le frémissement du texte son exceptionnel attrait sa force résident moins dans ses propos que dans la rage le plaisir les contrariétés les souffrances qui cinq ans auparavant ébranlaient un homme de cinquante ans Le Journal ne sauve de la mort que son scripteur Le Journal de Camus n est pas le dernier suc d une ascèse de la pensée mais le mouvement tumultueux d un solitaire condamné à écrire ce que personne ne veut plus entendre Pourtant la phrase épure la violence et dans son souffle tenu capture les moments de bonheur L envoûtement d une écriture sensuelle et parfaitement maîtrisée finit par vaincre l agacement nous nous laissons glisser dans le plaisir de lire Oubliant l autoproclamation juvénile regardez moi désirer jouir souffrir et lutter on découvre un homme superbe de lucidité blessé sans cesse et toujours vainqueur humble et fier Les événements de l année

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