archive-org.com » ORG » R » RENAUD-CAMUS.ORG

Total: 368

Choose link from "Titles, links and description words view":

Or switch to "Titles and links view".
  • Lecteurs de Renaud Camus – Documents
    et les arbres noirs d Appel de regarder ceux d Alechinsky vieux camarades dans la fenêtre Etre mort n empêche pas de demander l heure pour Barthes ou pour Henri Michaux au Pendulum de Juliet Vles Voici la Barque des ombres justement dans la votive et mémoriale Salle des Vents mise en place par Jean Paul Marcheschi J ai choisi ces œuvres ou bien ce sont elles qui nous ont choisis Plieux et moi Disons que nous nous sommes reconnus Et le sentiment que je tiendrais le plus fort à exprimer ici justement c est cette forme de connaissance redoublée cette reconnaissance en abyme inscrite en l autre et la creusant et qui a nom reconnaissance Reconnaissance aux artistes tout d abord pour leur talent bien sûr ou leur génie et pour leur invraisemblable générosité qui n en est qu une forme particulière je vis parmi ses effets et je n en reviens pas de ma chance Reconnaissance à leurs héritiers parfois dans le cas de Miró de Lam de Michaux ou de Thursz et tout particulièrement à Joan Puyn et Miró sans qui n aurait jamais été possible ni même envisageable la grande exposition de Plieux Miró les dernières années en 1996 Reconnaissance à tous ceux qui nous aident autres collectionneurs fondations galeries au premier rang desquelles Lelong à Paris Plessis à Nantes Werner à Cologne et tout spécialement à Bénédicte Lesieur inépuisable inventeur de solutions à tout Françoise et Charles Yves Plessis à Nicholas Fox Weber directeur exécutif de la Josef and Anni Albers Foundation à Orange dans le Connecticut Reconnaissance à Stéphane Baumont conseiller du président Rispat et à Charles Tantet président des Amis de Flaran qui ont voulu cette exposition et qui ont fait en sorte qu elle voit le jour contre vents et marées Reconnaissance à mon ami Eric Dupont qui a eu la gentillesse d accepter dans les jours mêmes où il lançait sa nouvelle galerie parisienne d écrire le texte principal de ce catalogue Reconnaissance à tous les membres de Pli selon Pli Société des amis de Lectoure et du Château de Plieux à Daniel Avena directeur et à son épouse Patricia Renaud Camus Plieux la nouvelle Ithaque 4 Josef Albers Homage to the Square Started 1969 Il y a beaucoup plus de vivacité que de goût parmi les hommes ou pour mieux dire il y a peu d hommes dont l esprit soit accompagné d un goût sûr et d une critique judicieuse La Bruyère Les Caractères Il vit sur les bords extrêmes du monde Après de longs voyages il s installe à Plieux et il écrit Peut être est il un de ces nomades un de ces voyageurs qui sous les étoiles cherche le chemin le trouve et nous le montre Il n est jamais là où on l attend Il est loin et proche à la fois des lieux où la vie se démène furieusement contre les habitudes et les horloges Attentif à son siècle il observe et peint les mœurs de notre temps Il trouve ses modèles dans le monde où l on vit et s emploie à décrire les hommes et leurs univers non en copiste mais en peintre d histoire qui en son royaume l Écriture choisit ses sujets pour n en garder que les traits essentiels Il installe ainsi entre la barbarie et nous une enceinte salvatrice un rempart impénétrable au vice et à la corruption il est notre Vigile et voit à l horizon bien avant tous les autres venir l aube et tout ce qui la suit Pensant à sa vie à ce que j en connais souvent me vient à l esprit cette phrase d Arthaud Il y a une manière d entrer dans le temps sans se vendre aux puissances du temps Certes le site qu il a choisi d habiter se prête à cette fonction lorsque sur sa face septentrionale on l aborde par un chemin plutôt escarpé un panneau Plieux 4 nous prévient situé bien en dessous du village celui ci se découvre ou plus exactement la flèche de son église montre le bout de sa croix puis c est aux créneaux de la tour du château de jaillir du sommet arrondi d une colline ocre brûlée par le soleil ou bien brune mais aussi blanche enneigée comme c était le cas lors de ma dernière visite Et ces deux silhouettes géométriques l une et l autre on croirait contempler en elles un de ces rares et beaux tableaux d Emile Bernard peints en 1892 comme il s en trouve un splendide La maison au bord de la mer au Musée d Orsay ces deux silhouettes noyées dans le ciel de la Lomagne surgissent de la terre alors que l on s élève à flanc de coteaux pour rejoindre Plieux Les voitures par nécessité grimpent lentement entre les champs Subrepticement des façades apparaissent comme des agrégats blottis au pied de ces deux monuments Sur la face méridionale l effet est différend plus classique j ose même dire moins surprenant le château s offre plus rapidement dès la sortie de l Isle Bouzon il faut dire que l on n est plus en contrebas mais presque à sa hauteur et que ses murailles nous donnent cette fois l impression de surgir du bois de feuilles qui les environne C est du côté occidental que l édifice se montre sous ses plus beaux atours de toute sa hauteur ses fortifications se découpent sur l azur et l on comprend très vite qu à dominer ainsi les contrées environnantes il dut avoir à essuyer les assauts les plus décidés L accès à la demeure se fait par un chemin d argile et de calcaire qui croît jusqu à ses portes Elles sont gardées par une imposante et vénusienne sculpture en bronze de Joan Miró Torse 1969 Au rez de chaussée alors que vous descendez quelques marches devant vous et sur les murs latéraux trois toiles de Rebeyrolle en face une tête que dis je une tête deux yeux drôlatiques et plutôt inquiétants sur les côtés des scènes habités par des corps abîmés De part et d autre de la tête trois gigantesques peintures de James Brown contrastent singulièrement avec ce qui précède Ces grandes compositions élégamment encadrées presque monochromes Black Salt 1 2 et Salt 18 jouent sur un registre extrêment subtil et sensible exigeant une attention toute particulière si l on veut éprouver un peu de ce qu ici l on voudrait nous montrer Cette palinodie en six tableaux nous montre combien chez celui qui décide en ces lieux s instaure le dialogue entre des œuvres d essence tout différente pour ne pas dire opposée Je perçois ici la volonté de ne pas s enfermer dans des luttes à mon avis dépassées qui opposent parfois une peinture qui se proclamerait figurative et une autre abstraite Ces mots seront bientôt ceux d un autre siècle et c est très bien ainsi Ce n est pas tant le sujet qui compte ce me semble que la manière de le dire ou de le montrer Sur une toile la place est bien moins pour lui que pour la peinture Je dirai même davantage sur la toile toute la place est pour la Peinture 5 Joan Miró Renaud 1970 A gauche en entrant adossées au mur vous découvrirez trois sculptures en bois métal et pierre de Jannis Kounellis Il y a deux ans ce maître de l Arte povera avait charpenté les salles du château avec de grandes poutres aux extrêmités desquelles il avait placé des plaques d acier laminé bleui par la chaleur L ensemble entretenait une étrange ambiguïté dans l espace et l on ne savait plus ce qui soutenait la demeure était ce ses charpentes ou bien les sculptures qui apparemment en étayaient les murs et le plafond La seconde salle du bas est consacrée à trois artistes deux Catalans et un Cubain A gauche dans un petit passage une sculpture en bronze de Miró au titre curieusement homonyme du maître de maison Renaud Puis se succèdent des peinture d Antoni Tapiès œuvres aux tonalités sourdes où se disputent des gris et des noirs et quelquefois des blancs légèrement teintés Me touche tout particulièrement cette très grande Croix encadrée de 1989 peinte en noir sur une toile de lin écru Au dessous sur le sol de terre battue posés là empreints de gravité deux modelages du même artiste en terre chamottée et émail me font songer aux tragédies de Sophocle et tout particulièrement au combat fratricide entre Etéocle et Polynice Sur l autre long mur le Cubain Wifredo Lam offre dans une grande composition colorée et très gestuelles de 1958 Les Oiseaux blancs un contraste étonnant avec deux autres œuvres de sa main peintes en 1974 à l issue de la visite de ce premier niveau au moment où il sort pour rejoindre les étages et découvrir comme je l ai fait la sculpture en acier bois et céramique d Anthony Caro le visiteur éprouve un étrange sentiment ici tout s assemble parfaitement et les différences s estompent pour donner un Tout qui se sublime en une communion des formes et des tonalités Peut être sont ce ces pierres qui ne s y attendaient guère qui confèrent à l ensemble une musicalité digne d un quatuor de Bartok le cinquième Après ce passage en camaïeu de couleurs austères austère comme l est le lieu comme peut l être l Escorial vous entrez dans la tour du château pour gravir l escalier en colimaçon qui conduit aux étages et sur votre droite vous poussez la porte pour pénétrer en une vaste salle baignée par la lumière du nord qui prête ses parois à des œuvres diaprées de Karel Appel ou les profonds ébrasements de ses fenêtres à Alechinsky Sur le grand mur d en face une empreinte de Richard Serra à la majestueuse simplicité côtoie les tonalités de gris ou d ardoise d une sculpture de Susana Solano et plusieurs toiles de Juliet Vles Deux peintures de Thursz gardent la cheminée Ce sont des monochromes hauts et étroits le premier rouge sang de bœuf et l autre reliquaire moderne véritable peinture votive offrant une grande variété de gris hommage à un proche dont les cendres servirent à la composition Au second étage l escalier ouvre sur un vaste salon entièrement consacré à Jean Paul Marcheschi La Salle des Vents Deux murs sont ornés de grands tableaux L Oracle et La Morsure de l aube Vous découvrez aussi une étrange sculpture faite de plaques de verre partiellement noicies à la fumée et formant une manière de nef entre passages et voyages La Barque des Ombres Face à la fenêtre d occident le grand mur percé d une porte plutôt basse est entièrement recouvert d une variation de la série des Cartes des Vents Ce travail monumental à fond clair conçu pour le lieu même se déploie en cercles concentriques tracés au filon à la mine noire 7 Henri Michaux sans titre bleu nuit et noir c 1970 De près apparaissent de nombreux afflux d écritures des dessins éléments actifs de la carte qui créent son identité et lui confèrent son idosyncrasie De loin au fur à mesure que l œil s éloigne du milieu les cercles s élargissent et l on perçoit davantage la cire de bougie qui les a nourris Le regard par ce procédé perceptif est attiré vers le centre et l impression produite semble celle de la célérité d un météore et de sa course dans l espace On connaît encore mieux ce que nous suggère l artiste lorsqu on sait que c est la dernière phrase de l Enfer de Dante qui préside à cette série d œuvres uscimmo a riveder le stelle Dans la bibliothèque contiguë Henri Michaux veille et ce n est que justice sur quelques huit mille volumes soigneusement rangés et classés Ce sont de grandes acryliques des années soixante et soixante dix mais aussi de remarquables huiles et encres comme on aimerait tant en posséder Devant un rayonnage un paravent de Marcheschi déploie ses feuilles noires Une huile sur toile d Eugène Leroy accrochée à l ébrasure large d une fenêtre gothique s offre au dessus d une table de lecture à la lumière du midi Au loin là où convergent les rayons chargés de livres s étire un large bureau Est ce ce plateau là qui connut la naissance du Bord des larmes Pour réaliser ce qui fut un rêve et continuer d écrire à l abri des nuisances que provoque la ville il fallait que Renaud Camus s installât en un lieu aussi fort aussi rude aussi viril que peut l être Plieux et qu il veillât de ses tours sur des paysages que l on imagine volontiers aimés d un Panitir ou d un Poussin Du château ne pourront vous échapper ces vues majestueuses dont l écrivain se fait tout autant le complice le gardien que le spectateur privilégié Ce n est pas par hasard si c est dans de l architecture qu il a choisi de vivre et en particulier dans cette architecture rigoureuse et pensée comme l est Roman Roi Il était bon qu il s occupât encore davantage d art En dévoilant à Plieux ces témoignages il offre en partage ce qu il a de plus cher la civilisation Voir est pour lui un Art à tout le moins un exercice une pratique quotidienne qu il propose librement à qui villégiature Il sauve cette antique demeure qui devient grâce à lui un lieu d épanouissement pour l art un terrain de rencontre lors des Devisées de Plieux une arène où les esprits curieux des autres et d eux mêmes peuvent se confronter et se fortifier En cette entreprise d éveil du désir et de l œil nous assistons avec bonheur à un mariage d un nouveau genre entre Plieux et l abbaye de Flaran qui cet été reçoit la collection du château 9 Henri Michaux sans titre noir sur blanc 1980 Au XIIe siècle ce haut lieu d obédience cistercienne issu de l Escaladieu fut édifié à travers champs sur un îlot proche de la Baïse L église un modèle de l esthétique de Saint Bernard n est que vide et silence qui incitent au recueillement à l ascèse à la contemplation L abside à la voûte en cul de four est baignée d une douce lumière qui contraste avec l obscurité relative de la nef Cette chaude clarté réveille un assemblage subtil de pierres taillées qui pour quelques semaines vont offrir leur blancheur l abbé de Clairvaux n y trouverait sans doute rien à redire aux peintures de Frederic Matys Thursz alors que deux autres absidioles recevront des grès émaillés de James Brown Stabat Mater Black III et VI C est en accord avec la pureté des volumes l économie de ces motifs et leur répétition alors que tout ici est fait pour conduire celui qui regarde à la perception globale d une géomètrie céleste que Renaud Camus en toute cohérence a choisi les endroits les plus dépouillés mais aussi les plus forts les plus chargés de spiritualité pour présenter des œuvres abstraites de Caro de Marcheschi de Tapiès Il conforte ainsi il en était temps une des missions essentielles du modèle esthétique du lieu l unanimitas l unanimité cistercienne Le visiteur curieux et plein d appétence pourra piquer des deux et galoper jusqu à Plieux pour découvrir dans le Gers un autre lieu médiéval lui aussi qui consacre une exposition à Christian Boltanski Il pourra aux étages du château contempler le reste de la collection Ce visiteur peut aussi pousser plus avant son intérêt pour l écrivain Il verra alors que dans des domaines variés lointains ou intimes qu il parle d art d histoire ou de vie publique qu il analyse des phénomènes énigmatiques peu visibles qu il nous amène en promenade vers ses Sites mineurs ou nous entraîne à sa suite à travers Le Département du Gers Renaud Camus propose du monde qu il observe des visions clairement énoncées qui le rendent en une souveraine alliance des mots immédiatement perceptible L homme se livre peu par courtoisie par discrétion qualité libérale au premier chef comme il sait si bien le dire qui consiste à ne rien imposer surtout pas soi même Lui qui voit tant sait ne jamais blesser Sa manière de vivre ce que j en connais me dit qu il devine sur les choses et les êtres le souvenir sensible des instants qui précèdent Il voit le pas des chiens dans la boue d un automne il se souvient de la lumière qui décroît sur Sorrente connaît les reflets du lac Noir d Urbion et sait à Syracuse L Ensevelissement de Sainte Lucie Son goût pour les voyages et pour les nobles causes le conduit parfois à de dures épreuves Il sait les affronter en héros solitaire qui poursuit l aventure et revient à Plieux comme Ulysse à Itaque pour ourdir l existence entre histoire et Histoire Éric Dupont Liste des artistes et des œuvres exposés à l abbaye de Flaran par ordre chronologique des artistes Josef Albers Joan Miró Henri Michaux Eugène Leroy Roland Barthes Karel Appel Antoni Tàpies Anthony Caro Paul Rebeyrolle Pierre Alechinsky Frederic Matys Thursz Jannis Kounellis Richard Serra Susana Solano Juliet Vles Jean Paul Marcheschi James Brown Florence Valay et Oliveiro Rainaldi Josef Albers Américain né allemand à Bottropen 1888 mort à New Haven en 1976 L exposition de l été 1998 à Plieux sera consacrée à Josef Albers figure essentielle du Bauhaus en Allemagne et précurseur du Minimal Art aux États Unis ainsi qu à sa femme Anni Albers 1 Homage to the Square noir brun sombre et gris huile sur masonite 61 61 1962 2 Homage to the Square deux oranges et jaune huile sur masonite 61 61 1963 3 Étude pour Homage to the Square Less and More trois rouges huile sur masonite 61 61 1969 4

    Original URL path: http://www.renaud-camus.org/articles/lire.php?article=60 (2016-04-27)
    Open archived version from archive

  • Lecteurs de Renaud Camus – Documents
    Pascale Bouhenic Production Centre Georges Pompidou Avidia production Durée 37 minutes 03 secondes Taille 35 Mo Pour voir ce vidéogramme et si ce n est pas déjà le cas il vous faudra impérativement installer sur votre ordinateur la version 7 ou ultérieure de QuickTime Vous pouvez au besoin la télécharger gratuitement sur ces pages http www apple com fr quicktime download mac html pour Mac ou http www apple com

    Original URL path: http://www.renaud-camus.org/articles/lire.php?article=126 (2016-04-27)
    Open archived version from archive

  • Lecteurs de Renaud Camus – Documents
    envers les travers les plus infâmes de sa clientèle Ayant à tous coups le public pour lui il feint comme tous les démagogues de se voir persécuté Mais ne croyez cependant pas que cette pose ridicule soit l apanage des néo hussards Renaud Camus va bien plus loin dans certains domaines du sordide avec l assurance que lui procure son aura ambiguë mi Barthes mi Barrès Dans la dernière livraison de la revue L infini satisfaisante par ailleurs il se livre à l un de ses exercices favoris qui compte on l aura compris parmi les plus faciles consistant à se transformer en contempteur flou du monde moderne à grand renfort d imparfaits du subjonctif Tous les emplois de la société française sont tenus par des bonnes qui est un pays de gens de maison y apprend on Ah bon On lit par exemple que la Martinique n est autre qu une chambre de bonne C est bien entendu à cause de l égalité l égalité chérie que tout le monde est devenu souillon Reçu cinq sur cinq Ces éructations glauques dont les connotations élitaires et extrême droitisantes rejoignent dans le médiocre quelques considérations égrillardes et gâteuses sur les jeunes

    Original URL path: http://www.renaud-camus.org/articles/lire.php?article=51 (2016-04-27)
    Open archived version from archive

  • Lecteurs de Renaud Camus – Documents
    de loi sociale un président autour d un arbre de Noël tout candidat en campagne électorale s ils allaient parler des mères et non pas des mamans comme désormais il se doit se les mettraient aussitôt toutes à dos par la froideur qu on loi prêterait son manque de cœur son absence de naturel ses prétentieuses affectations de langage Encore le vocabulaire n est il pas tout et ne saurait on se contenter pour passer inaperçu dans la garderie générale voire pour s y faire aimer d envoyer à la ronde des bises et des bisous tels que nous en sommes dernièrement submergés au bas de toutes les cartes postales comme à l issue du moindre échange social direct ou téléphonique Les hommes d affaires les présidents directeurs généraux les chefs de la comptabilité qui bientôt seront des enfants et des bonnes comme tout le monde s ils ne le sont déjà finiront par se faire la bise vous verrez à l issue des conseils d administration Je ne serais pas étonné qu ils se chargent déjà les uns les autres de bisous pour leurs épouses respectives Mais il importe aussi de maîtriser la syntaxe bébé C est quoi la syntaxe bébé C est à vrai dire une non syntaxe un refus de la médiation la brutale récusation de tout recours à une puissance tierce le code qui permette l échange entre deux langages deux êtres deux mondes autonomes les interlocuteurs c est un coup d État permanent qui pose très agressivement comme une évidence qu il n y a pas d univers autonomes que nous sommes faits pour nous comprendre que nous sommes forcément à tu et à toi les uns avec les autres c est une façon de parler et d écrire qui dit ne se soucier que du sens et n entend assurer qu une chose que les messages soient compris Le paradoxe c est que le sens s use très vite à ce traitement qui prétend ne se préoccuper que de lui dans la négligence des règles et qu il lui faut bientôt toutes sortes de béquilles qui rendent son cheminement tout aussi compliqué mais infiniment moins efficace et beaucoup moins gracieux que ne faisait l ancien détour par la grammaire C qu elle a peur tu vois ma sœur C que j suis sûr personnellement en tout cas dit l ambassadeur spécialement détaché parmi les Kurdes pour sa maîtrise impeccable de l arabe Moi pourtant c que j ai envie c est De ces béquilles la plus visible est le redoublement du sujet que peut redoubler chez les vrais virtuoses en infantilisme de style le symétrique redoublement du complément J vois moi par exemple au bureau Janine eh bien elle a sa belle sœur elle y arrive pas du tout à les lui faire avoir ses papiers Pour être élémentaire ce sabir n est pas simple comme on le remarque Aux retardataires Dieu merci les leçons sont prodiguées de toute part La littérature même ou ce qu il en reste se fait un point d honneur d enseigner les tendretés du dialecte puéril et voit dans cette mission la part essentielle de son rôle social la seule dont l accomplissement scrupuleux puisse lui valoir pour quelque temps encore droit de cité Il n est sollicitude qu on ne voie témoignée de gauche et de droite afin que personne ne puisse se sentir laissé pour compte et que l acquisition de la parlure enfant de bonne soit assurée pour tous sans distinction d origine ou de niveau d éducation Comme on craignait par exemple bien à tort selon nous que les lecteurs du Monde ne se trouvassent en ce domaine injustement pénalisés on les soumet jour après jour en dernière page à des leçons précipitées qui devraient leur permettre assez vite et semblent leur permettre en effet dans le jardin d enfants général pour classes culturellement défavorisées qu est devenue la société française de rattraper leur retard éventuel et de ne pas trop se faire remarquer Après tout si des chirurgiens de trente ou quarante ans des juges des architectes des professeurs même et des écrivains peuvent avoir ont dans leur majorité déjà la calligraphie d écoliers de neuf ou dix ans comme cela se voir tous les jours s ils mettent sur leur enveloppe vous écrivant de leur grosse écriture pâteuse de pensionnaire pauvre binoclard et masturbé M ou mieux encore Mr et ce n est nullement pour Mister dans leur esprit Jean quand ce n est pas J Person à l instar d élèves instituteurs tandis qu ils se désignent volontiers au dos comme Tallabert Jérôme à l exemple de bidasses cul terreux ou Dupouffier Ghislaine que l intéressée prononce d ailleurs Jisslaine à moins qu elle ne s appelle désormais Jennifer ou Gladys comme naguère votre manucure et comme aujourd hui les petites Arabes ou les négresses de la caisse au supermarché si les feuillets volontiers quadrillés de leurs missives traînent dans des enveloppes trois fois trop grandes ou sont dix fois pliés et repliés dans des enveloppes trois fois trop petites mais en tout cas sans aucun rapport avec eux de format de consistance et de couleur si ces mêmes colonels ces dentistes ces premiers présidents ces presque prix Goncourt et ces banquiers donnent toutes les apparences donc en la plupart des signes culturels qu ils émettent de sous chefs de bureau dans des hôtels de ville de brique rouge du bassin sidérurgique de bedeaux à manches de lustrine pour curés de campagne tuberculeux de mécaniciens graisseux ou plutôt de fils prépubères de sous chefs de sous bedeaux et de sous mécaniciens si tout cela donc et ce ne sont des si que par une optimiste complaisance on ne voit pas du tout pourquoi pas du tout pourquoi pas du tout pourquoi ni sous quel prétexte ils ne pourraient pas s initier aux délices du redoublement de sujet parler comme ils écrivent comme des bébés et dire comme tout le monde Janine

    Original URL path: http://www.renaud-camus.org/articles/lire.php?article=50 (2016-04-27)
    Open archived version from archive

  • Lecteurs de Renaud Camus – Documents
    notre histoire de K et du théâtre ne se limitera pas aux faits elle serait assez brève ni aux influences avérées ni même aux fraternités d âme ou d esprit Loin de là Elle ne se limitera même pas à l histoire Elle envisagera ce qu il pourrait en être d un théâtre pur d un théâtre sans parole nous en avons déjà touché un mot et même d un théâtre sans théâtre de la théâtralité du théâtre de son être là sans drame sans pièces sans intrigue en quelques sorte hors histoire d un théâtre d avant la naissance de la tragédie en somme et d après la mort de Dieu d un théâtre qui aurait tout vu tout connu tout compris mais qui n aurait retenu qu une chose et qui ne nous en révèlerait qu un mot le secret K m offre un dessin qui représente un Christ très expressionniste de facture tordu sur le grand T de la première salle du bas à Plieux On pourrait peut être le mettre dans le catalogue dis je naïvement Non dit K il faut que ce reste un secret Dans son entretien avec le charpentier maire de Plieux qu on lira ci après K fait remonter le théâtre et la peinture du même coup à la cavea primitive à la cavité la caverne Platon y faisait déjà naître les idées K lui en bon peintre y voit plutôt paraître les images Les images précèdent les idées Les images précèdent les paroles Les images précèdent même les images en ce sens qu elles ne sont pas nécessairement figuratives Le Christ peut ne pas être vu Le Christ peut n être pas là Si Dieu est mort sur la croix ce qui nous reste c est la croix métonymie de la mort métonymie de la Passion métonymie de la foi du sens et de la défaillance du sens C était déjà presque midi et il y eut les ténèbres sur toute la terre jusqu à trois heures le soleil ayant disparu Métonymie des métonymies Et pourtant Qu y a t il de plus simple qu une croix interroge K pouvez vous me le dire Une chose linéaire mystique parfait symbole d humanité Puis il demande que les derniers mots soient retirés à l impression comme étant trop explicites L écrivain Dieu merci est celui qui trahit les secrets au bénéfice du Secret il faut l espérer et qui lève les mystères au profit du Mystère Si simple qu elle soit de toute façon la croix elle même est peut être encore trop Une simple lettre suffit Le tau dit K Le pi Le kappa Non il n a pas dit le kappa mais la première pièce en entrant à droite dans la première salle du bas à Plieux a bel et bien la forme d un K retourné ou non selon les points de vue Quant à la croix centrale dans la même salle le maître trouverait ridicule redondant qu elle fut sommée C est bien un T De même que la pièce du fond à gauche est incontestablement un π A quels dieux farouches ces figures majestueuses et si simples pour le coup sont elles des autels Aux dieux de la lettre probablement Se souviendra t on ici que la première des expositions personnelles de K en 1960 à Rome à la Tartaruga s intitulait L Alfabeto di Kounellis Et en 1966 à l Arco di Alibert c est encore L Alfabeto Le thème a longtemps hanté notre peintre Car il est bien peintre alors au sens le plus traditionnel du terme Ou presque il peint des lettres sur des toiles un peu comme Jasper Johns peint des chiffres environ le même temps Première salle F D Mais à vrai dire il n a jamais cessé d être peintre C est le seul titre qu il revendique On n a parlé de théâtre plus haut que pour tâcher de se faire comprendre or c est le sûr moyen toujours de tout embrouiller à jamais Masaccio Caravage Cézanne Malevitch Schwitters Voilà une généalogie On aurait envie d ajouter Courbet Delacroix qui fut plusieurs jours sur sa petite table de travail dans l épaisseur des murs et l embrasure de pierre d une fenêtre à meneau ouverte au dessus des arbres Je lui ai montré de loin une fois comme nous revenions de promenade la petite chapelle néo classique de Landiran près de L Isle Bouzon qui rappelle de loin de très loin celle que construisit son cher Piranèse pour les chevaliers de Malte au sommet de l Aventin Mais K ne s intéresse pas à Piranèse architecte C est l homme des gravures qu il vénère celui des immenses cavités carcérales et primitives que sillonnent des poutres énormes des escaliers suspendus des passages des chaînes Avec lui on en revient toujours à la caverne On en revient toujours revient tout court à la caverne à la mère à la mer à la Grèce à Itaque J aime et Kounellis l auteur de L Odyssée lagunaire aime aussi aime mieux que moi cette grande tradition de la littérature grecque classique et moderne je crois née de L Odyssée bien sûr née d Ulysse née d Hégias de Trézène celle des nostoï des retours des voyages de héros qui tentent de regagner leur patrie mais K sitôt rentré repart toujours à lui à Michelle Coudray à leur ami le poète Marco Gherardi et à Heinz Peter Schwerfel qui venait nous faire voir un premier montage du film qu il vient de réaliser sur Kounellis j ai montré aussi le merveilleux petit château de La Rouquette en face de Gramont et même grâce à la complaisance du fermier la salle de l avant dernier étage de la tour salle là bas où l on rêve d être Saint Augustin mais le Saint Augustin de la Vision en le docte studio que lui prête Carpaccio dans l École des Esclavons Saint Georges et saint Tryphon à Venise C est la seule maison a dit K en sortant qui m ait jamais paru valoir un bateau Juste après rentré à Plieux même nous avons visionné le film de Heinz Peter Schwerfel dans sa forme provisoire On y voyait K à Hydra chez lui puis à la barre de son bateau entre les îles On y voyait aussi des images de la grande exposition qu il a faite l année dernière sur un vieux cargo amarré aux quais de sa ville natale Le Pirée Cette projection de travail avait lieu dans la Salle des Vents au second étage de la maison là où Jean Paul Marcheschi en avant de ses Cartes consumées et de ses Météores a disposé face au couchant sa Barque des Ombres Il faut croire que la vieille forteresse entre deux mers échouée sur son promontoire de Lomagne comme une arche de Noé inspire aux artistes des idées maritimes et navales puisque K lui a consacré toute la seconde salle des Gardes en bas à l évocation d une nef Première salle F D Nave navata paraissait il découvrir enchanté En français c est encore mieux nous n avons qu un seul mot pour le navire et pour le corps de l église ce long vaisseau Il arrive que des visiteurs de la vallée prennent le château de Plieux pour une église romane Pourtant ce n est pas une croix c est une oriflamme de peintre flottant au vent qui domine la tour haute au moins pendant la durée des expositions Mais K justement a peint sur le sien une croix noire sur fond blanc In hoc signo vinces il a lui même cité la phrase du rêve de Constantin Nous avons failli nous étriper un soir lui et moi à propos de la dite ex Yougoslavie Sur la table entre nous reposaient de longs couteaux lui ne les trouvaient jamais assez longs que les étudiants des Beaux Arts de Toulouse avaient cherché toute la journée de boucherie en boucherie car le maître avait envisagé de les faire figurer dans une pièce sans doute passablement dramatique qui ne fut jamais réalisée remplacée justement par la nef pacifique Les longs couteaux ne figurèrent pas non plus dans notre querelle finalement N empêche K soutient les Serbes dans cette affaire au nom de la solidarité orthodoxe Et en plus ajoute t il sans logique excessive la vérité est de leur côté Milosevitch est un homme modéré à l en croire et feu Ceauscescu au passage se fait appeler très gentiment un pauvre diable povero diavolo c est là que les couteaux furent les plus près d entrer dans la danse Pour ma part on ne me l envoie pas dire je ne sais pas ce que c est contrairement à un Grec je suppose que de vivre des siècles sous le joug musulman Dont acte bien entendu Il n en reste pas moins que La pensée kounellissienne on s en aperçoit dans les entretiens qu a accordés l artiste dans ses textes et dans sa conversation ne procède pas par enchaînements logiques mais par brusques coups d Etat des pronunciamentos du sens révolutions de palais de la raison qui laissent coi à moins de vouloir sérieusement en découdre ce que je ne conseille à personne Lui en bon petit fils d un sosie très aimé de Staline Mon grand père ressemblait extraordinairement à Staline Je lève mon verre à mon grand père propose t il goguenard à la fin d un banquet en son honneur à Moscou lui parle évidemment de dialectique La forme physique de la dialectique et le maître mot de l art de K à mon avis comme de tout grand peintre à la vérité qu y a t il de plus tendu qu un Caravage c est la tension lui même est constamment tendu Première salle F D Il n est pas tendu vers le haut apparemment Il n y a pas d artiste moins gothique que cet Athénien de Rome ou ce Romain du Pirée Ce que j aime à croire qu il a reconnu d emblée dans les salles basses de Plieux c est un espace roman Soit le bâtiment est plutôt d époque gothique Mais de même qu Eugenio d Ors apercevait un génie baroque totalement indépendant du siècle baroque on est bien libre je pense de voir le génie roman à l œuvre ailleurs qu au XIe ou au XIIe siècle et par exemple dans le XIVe siècle militaire ou le XIXe siècle industriel ainsi aux entrepôts Laîné à Bordeaux aujourd hui le Capc ou par un autre exemple chez K Lecture possible de l exposition il me semble songer à l une ou l autre de ces églises romanes de campagne si simples si denses et si fortes à celles de préférence qui occupent les sites d anciens cultes guerriers matriarcaux telluriques ou chtoniens où l on ne sait plus très bien qui l on prie qui l on implore qui l on menace qui l on défie Kounellis bien entendu n est pas plus roman qu il n est grec il est aujourd hui de nationalité italienne Ou plutôt il est roman comme il est grec c es à dire universellement Je le soupçonne d avoir une si haute et si profonde idée de la Grèce qu il refuse d en réduire le concept à une simple affaire de nationalité et la substance à ce petit pays méditerranéen que nous aimons tous Kounellis n est pas grec comme Melina Mercouri comme la feta le sirtaki ou Mikis Theodhorakis Kounellis est grec comme Jean Racine comme Höderlin comme Nietzsche ou comme Mies Van der Rohe On serait tenté d ajouter de façon à peine provocatrice grec comme Franz Kafka K dressa l oreille Le Château l avait donc nommé arpenteur D un côté c était mauvais cela montrait qu au Château on savait de lui tout ce qu il fallait qu on avait pesé les forces en présence et qu on acceptait le combat en souriant Mais d autre part c était bon signe aussi car cela prouvait à son avis qu on sous estimait ses forces et qu il aurait plus de liberté qu il n en eût pu espérer de prime abord C est toujours une question de forces on le voit et bien sûr de mesure Mais la fameuse mesure grecque n a rien à voir avec le Juste Milieu louis philippard qu on voudrait nous faire accroire La mesure grecque est exacte appréhension des forces et précisément des tensions Qu y a t il de plus violent qu Eschyle De plus sauvage que Bassae De plus cruel que le mont Lycée en Arcadie prétendument heureuse Mesurer les forces en présence arpenter la terre en voyageur de l éternel et de l éternel retour et de l éternel nouveau départ penser en dialecticien ou en bathmologue me permettrai je d ajouter en explorateur des niveaux voilà ce qui s appelle se donner les moyens fût ce les moyens tragiques de ne pas s y soumettre à ses forces implacables et donc d affirmer l homme La pesanteur sans doute la pesanteur terrible le juste poids des choses des heures de la mélancolie des solives et des dieux cependant les pierres volent au premier étage de Plieux retenues par leurs cordages marins et sur ces pierres nous ne fonderons pas d église Le vent de Lomagne les agite doucement à moins que ce ne se soit le seul mouvement de la terre espérons que les poutres tiendront Renaud Camus Entretien de Jannis Kounellis avec M Roger Sigala charpentier maire de Plieux Première salle F D M Sigala Alors moi je voudrais dire à l artiste pour commencer que j ai été très très flatté de pouvoir travailler pour lui que ça a été pour moi un grand honneur et que j en garderai un très très bon souvenir Jannis Kounellis Merci Pour moi aussi notre travail ensemble a été un vrai plaisir J ai été très impressionné par la façon dont vous maniez la matière le bois les plaques de fer et par votre sûreté pour les agencer M S Vous travaillez toujours les mêmes matières ou bien vous disposez d une diversité de matières de matières à exploiter pour vos œuvres J K Non ce n est pas des matières que je pars c est de l espace d une certaine idée de l espace Depuis que nous sommes sortis du tableau c est l espace lui même qui est le cadre et qui est la matière Et dans ces conditions je peux très bien moi travailler un jour avec ce matériau là et un jour avec celui ci me servir de charbon de coton ou bien de poutres et de plaques de métal comme nous venons de le faire ensemble M S Cette vocation elle vous est venue très jeune J K Ce que je voulais c étais me confronter aux autres les rencontrer d une façon ou d une autre Et en ce sens cette façon que j ai de travailler Avec vous par exemple tenez Les autres ont toujours quelque chose à vous dire toujours toute occasion est bonne à prendre d apprendre quelque chose de se colleter avec les idées des autres Notre travail ensemble c est l instrument d une harmonie Seulement moi je ne pars pas des idées je suis un peintre je pars des images de l espace des matériaux des forces en présence M S De créer à la suite de tous ces grands artistes après lesquels vous venez ça ne vous pose pas des problèmes pour avoir vous le juste mot tirer la juste œuvre de tout ça J K Faire de l art c est un besoin Et puis on trouve le langage qu il faut pour construire une image Chaque époque s identifie avec une image nouvelle qui pourtant contient le passé comme imaginaire et comme langage mais qui est rénovée dans son essence Esquisse pour la nef dessin M S Et vous partez toujours des lieux des endroits où vous allez travailler d un endroit comme ce château par exemple J K A partir du moment où nous sommes sortis du tableau tout est devenu tableau C est pour cela que je me considère exactement comme un peintre un peintre Un endroit comme celui ci un lieu réel mais aussi un monument historique un château un château habité qui plus est et habité par un écrivain en plus c est un espace chargé de tensions de tensions réelles matérielles architectoniques mais aussi de tensions sociales historiques signifiantes C est un lieu historique bien sûr qui a une pertinence en tant que tel mais c est aussi un lieu réel un endroit pour les hommes d aujourd hui qui a une pertinence pour eux et pas seulement comme vestige comme signe du passé Ce château fait partie de l identité des gens d ici c est le miroir d une culture mais pas d une culture morte révolue d une culture qui grâce à lui demeure actualisable M S Est ce que vous pensez que dans les années à venir les gens vont aimer ces œuvres se mettre à les rechercher ou bien qu il n y a qu une certaine élite qui peut les comprendre et les aimer J K Mais à une certaine époque d un côté on peignait des paysans joyeux qui allaient aux champs en chantant et de l autre c étaient des héros romains aux muscles gonflés et tout ça faisait partie de la même illusion ça participait du même mensonge Il y a bien d autres hypothèses pour l art bien d autres voies ouvertes pour l art et d abord celles qui consistent à agrandir l esprit en donnant de la réalité une idée juste c est à dire dialectique et à tâcher d entrer dans les idées de l autre de comprendre ses raisons par

    Original URL path: http://www.renaud-camus.org/articles/lire.php?article=100 (2016-04-27)
    Open archived version from archive

  • Lecteurs de Renaud Camus – Documents
    études de droit de lettres de philosophie menées en parallèle avec Sciences Po où il se souvient qu il fut vaguement question de faire l ENA Il rêva un moment à une carrière diplomatique l amour de l écriture l entraînera sur un tout autre chemin Cet Auvergnat d origine né à Chamalières a choisi de se retirer en Gascogne dans un château médiéval où il cultive l esthétique de la solitude et d où il garde contact avec la réalité La Bosnie et l intégrisme devraient être les prochains sujets de ce qu il accepte d appeler ses coups de gueule et où se côtoient humour et dérision Parmi les dédicaces de son livre on y découvre à ma maman qui partage tout à fait mes vues à Jean Luc Godard qui rien du tout mais que j ai aperçu hier à la télévision aux trois millions trois cent trente trois mille trois cent trente troisième qui n en peut mais Cul par dessus tête Tous les ans passionné des questions politiques et sociales il publie un Journal En Italie au début d avril 1994 il se lance dans la rédaction de Qu il n y a pas de problème de l emploi Il lui semble alors clair qu il faut changer d époque changer de mots mettre le problème cul par dessus tête S il prend sa plume à ce moment là c est par énervement J ai voulu explique t il écrire un livre d agacement devant le mépris du temps Ce qui est honteux ce n est pas d avoir perdu son travail Il n y a rien de honteux à cela Ce qui est honteux c est de ne savoir que faire de son temps Ne pas tuer le temps mais le sculpter l un

    Original URL path: http://www.renaud-camus.org/articles/lire.php?article=4 (2016-04-27)
    Open archived version from archive

  • Lecteurs de Renaud Camus – Documents
    Bruno Aguila et Philippe Siméon Durée 53 minutes 28 secondes Taille 58 5 Mo Pour voir ce vidéogramme et si ce n est pas déjà le cas il vous faudra impérativement installer sur votre ordinateur la version 7 ou ultérieure de QuickTime Vous pouvez au besoin la télécharger gratuitement sur ces pages http www apple com fr quicktime download mac html pour Mac ou http www apple com fr quicktime

    Original URL path: http://www.renaud-camus.org/articles/lire.php?article=127 (2016-04-27)
    Open archived version from archive

  • Lecteurs de Renaud Camus – Documents
    sur L épuisant désir de ces choses théorie du bonheur en forme de tonneau des Danaïdes inépuisable mais dont on guette l assouvissement quête sans fin toujours vaincue mais dont la somme des défaites serait le véritable triomphe Épicurisme de l insatisfaction où Renaud Camus fait éclater la gangue de sa langue dans une tentative d inventaire du monde évidemment perdue d avance raconter toutes les villes du monde toutes ses femmes tous ses livres toutes ses fenêtres ouvertes sur tous ses paysages Il y a du boulot Après la série des Églogues puis ses chroniques autobiographiques la série des Élégies et celle des Miscellanées sans compter celles des Topographies un seul volume à ce jour et les cinq romans parallèlement écrits eux même tentés d en découdre avec le grand tout tels Roman Roi et Roman Furieux histoire officielle d un royaume imaginaire la Caronie Renaud Camus n en finit pas d étendre de façon départementale son territoire Il vient d ailleurs d annexer une nouvelle contrée la série des Qu tous les titres commenceraient par Qu inauguré en l année dernière par Qu il n y a pas de problèmes de l emploi sorte de mini essai ou roman transformé sur le chômage un forme dont le nouveau roman hybride de Renaud Camus aurait subi pour moitié l influence Car on l a dit l Épuisant Désir de ces choses avancent sur deux pattes un coup un chapitre sur le bonheur un coup un chapitre sur ce que nous appellerions nous le politiquement correct mais que le personnage de Jean préfère nommer lui cet insupportable discours vertueux dont on nous bassine du matin au soir et qui nous enserre de tous côtés plus qu à n importe quelle autre époque de notre histoire Bref après avoir intoxiqué l ensemble des médias le politiquement correct n est il pas en train de se propager dans ce canton indécidable et neutre cette Suisse de papier qu est la littérature Le domaine de l insincérité C est avec celle du bonheur l autre question posée dans ce roman par Renaud Camus à L aide d un procédé simpliste mais toujours efficace la mise en abyme En tant qu éditeur Jean Deladevèze a en effet un problème Doit il publier le roman d un certain Ulysse Person qui commence une thèse proprement inadmissible l auteur de cette fiction déplorant tout de go que Hitler par ses excès ait fait perdre un demi siècle à l antisémitisme de base On voit bien l enjeu pour Renaud Camus sauvegarder l immunité quasi parlementaire du roman son statut d extra territorialité dans l ordre des discours Fan depuis toujours de cette science inouïe des échelonnements de langage rêvée par Roland Barthes au détour d un fragment de RB par RB Renaud Camus défendrait l espace littéraire comme domaine de l insincérité ou royaume de l ambiguïté L auteur n est pas là il est absent il n a pas de convictions ses idées sont comme

    Original URL path: http://www.renaud-camus.org/articles/lire.php?article=128 (2016-04-27)
    Open archived version from archive



  •