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  • Lecteurs de Renaud Camus – Documents
    les i qui passent si grecs soient ils et tordus La laisserait on faire elle vous finirait toutes les phrases convertirait les borborygmes en paris de Pascal les moues à la Brigitte B en Tractatus logico machin et les pffft les mieux helvétiquement exécutés en appels du destin les meilleurs effets seraient perdus Non c est dans la transcription écrite du dialogue si là est bien le mot qui convient et telle que le Matin nous en a offert quelques passage hautement virtuosistiques que s aperçoit le mieux chez nos deux protagonistes l art zéno beckettien ciorano jabésique que sais je éminemment bathmologique en tout cas vous avez raison de me le faire remarquer du je dirais même moins Ils ne l exercent pas de la même manière pourtant ni depuis de communes prémisses Je ne suis pas sûr qu ils se taisent dans la même langue ni que leurs bafouillages enthousiastes leur soit un volapuk très efficace Ils ne se comprennent pas que c en est un vrai plaisir Il n y a que nous les lecteurs les spectateurs de ce match de tennis sans la balle qui puissions les battre à ce petit jeu la nada Mais Duras prend plus de risques Elle fait encore des phrases L horreur du vide que témoigne éternellement le sens ce vieil océan elle ne lui dresse malgré son expérience que de moins efficaces barrages Il semble bien qu elle dise quelque chose ici ou là et même on la soupçonne de n en être pas mécontente ni d elle God knows Après tout elle a toujours eu la litote emphatique l initiale vertigineuse le point de suspension surexpressif et même le silence un peu m as tu vu Dire moins n est jamais chez elle qu un moyen de dire plus elle agiote dans l indicible Le Suisse est plus drôle parce qu il est plus désespéré Il ne peut que remporter la partie d un sourire parce qu il n y tient pas Il a le détachement jouissif d un ressuscité Lui théorise l impossibilité de l échange même s il se garde bien de tomber dans le panneau d exposer sa théorie Il en à des dizaines d autres à revendre et leur contraire du moins leur retournement Tu ne vas pas commencer à radoter comme ça lui lance Vera Baxter provisoirement submergée Le monumental et fascinant échec de l entretien il l a toujours prévu ce Godot goguenard on pourrait même dire qu il y veille et qu il laisse la pauvre dame du Gange ramer comme une galérienne dans Savannah bay au pied de son roc amène qui n offre pas la moindre crique où débarquer Je ne sais pas pourquoi je pense à ça mais je suis ébloui par la culture des Stéphanois Sur un mur de banlieue mais tout est banlieue à Saint Etienne en lettres grandes comme un homme LIBÉREZ ALBERTINE Ça change un peu d Henri Martin Ah si via les Dames de

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  • Société des lecteurs de Renaud Camus
    quotation from the literary supplement of Le Figaro However what is relevant is not its origin but its bathmological status If we consider it as a third degree opinion it explains why Camus moved away from polyphonic writing in Roman roi 1983 and Roman furieux 1987 which belong unambiguously to the novelistic genre Indeed his allegiance to genre leads him to reactivate the conventional stance this is not fiction which characterizes eighteenth century novels In a television presentation of Roman roi Renaud Camus boldly asserted that Roman roi was the true story of Roman king of Caronia born in 1920 and dethroned by the Communists in 1948 6 From this perspective one is tempted to retrace Camus s career as a progression from criticism to fiction in a French literary tradition which considers that after Bouvard et Pécuchet writing has become impossible 7 It seems however that such an itinerary from sterile criticism to creation has little to do with Camus s personal history as a writer Camus who published twelve books in twelve years never felt the anxiety of the blank page On the contrary what strikes us is a remarkable fecundity and an obvious pleasure in writing This is the reason why works like Été do not seem to be an experimental step toward a more conventional form of fiction One should first take into account that some passages of Été contain characters and situations that are later developed in Roman roi and Roman furieux Secondly Été is a part of Les Églogues a trilogy in four books and seven volumes of which three volumes are still to come Therefore Camus s novelistic cycle could just as well be considered a by product of this more ambitious project which will end with an appendix entitled Lecture comment m ont écrit certains de mes livres 8 Camus is not likely to abandon polyphonic writing because even though he knows what must come after them works like Été and the Églogues in general are still facing indifference and misunderstanding As one would say in bathmological terms a vast majority of readers are still used to first degree novels traditionnal nineteenth century writing perpetuated by most of today s authors while polyphonic writing and the Nouveau Roman are popular among academics second degree and have become cliché in avant garde circles Therefore according to Renaud Camus statements like the following should be strongly supported Literature is running late painters are fortunately seldom asked what their paintings represent but when it comes to writers the majority of the public still wants to know what the subject of their novels is and what it is about 9 The idea that the subject of a work should be only itself its composition the arrangement of its elements is now more or less admitted by the doxa when it comes from artists but it is rejected if one talks about novelists 10 This throws light on the titles Camus gave to his polyphonic writings Passage

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  • Lecteurs de Renaud Camus – Documents
    urbanistique majeur qu on aurait pu dans ce cas lui faire jouer Ce n est pas au trafic des piétons qu il appartient c est à celui des voyageurs Généreux les Stéphanois l offrent à l Europe Il s élève près d un nœud d autoroutes ménageant aux automobilistes au moins un accès facile qu il ne reste qu à signaliser au mieux En terrasses ascendantes de belles pelouses ingénieusement propices à servir même de parking sans en pâtir semble t il l isolent de banlieues passablement ingrates à la mode du cru qu on apprend peut être à aimer Le très vaste vestibule qui constitue le morceau de bravoure architectural du bâtiment garde outre qu il n est séparé des gazons que par des panneaux vitrés certains caractères d un espace ouvert en particulier un dallage de pavés plus évocateur d une place publique que d un salon D assez majestueux décrochements symétriques des cloisons à gauche et à droite un passage suspendu qui les relie la hauteur des couvrements l ampleur des volumes contribuent à une impression d agora dûment monumentale où perd beaucoup de sa pertinence un scrupuleux départ du dedans d avec le dehors Dans les salles mêmes les plafonds sont ouverts sur la charpente et sur la tuyauterie mais comme tous ces réseaux ne se déploient que très haut ce n est pas gênant Leur exposition à l œil de toute façon n est que provisoire paraît il Au niveau naturel du regard toutes les perspectives sont nobles sans grandiloquence aérées sans relâchement libérales mais structurées Et puis cette impeccable propreté des choses et des lieux neufs Cette amabilité des enthousiasmes vierges cette harmonieuse nuances feutrée des institutions à leurs débuts L inaugurale exposition superbement accrochée est donc présentée dans les meilleures conditions concevables et elle est rayonnante quels que soient les sentiments que l on porte à l art de l époque envisagée l immédiat après guerre Elle est l occasion rare justement de clarifier bien des choses de remettre en cause bien des opinions de réviser bien des a priori C est du moins la sensation qu on éprouve quand on parcourt les différentes salles glissant du somptueux Atelier au mimosa de Bonard qui marque à la fois l étincelante ouverture et le dernier éclat d une époque qui s éloigne vers les Balthus les Morandi les beaux Wols les Giacometti Bacon Atlan Sutherland Ubac de Staël je ne puis faute de place que jeter des noms presque au hasard Et puis le temps passant le charme neuf s estompant la séduction de la présence agissant moins on en revient à ses convictions anciennes qu on retrouve ébranlées mais non pas effondrées Quelle est au fond la question un peu vulgaire certes un peu bêta mais insistante inévitable qui est dans tous les esprits sinon celle du rapport de cet art avec l art américain des mêmes années Un grand bouleversement s est il alors opéré le flambeau a t il oui ou

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  • Lecteurs de Renaud Camus – Documents
    autres et donc son indépendance à l égard de la Raison universelle dès lors récusée comme impérialiste C est seulement dans les dernières pages de son livre celles qui devraient entre toutes offrir matière à la polémique que Finkielkraut envisage les conséquences pour nous de cette conception qu il dit victorieuse de la culture réduite au statut d identité culturelle c est à dire d assez piteuse mixture de traditions ancestrales de préjugés et de mode de vie Le refus de classer de privilégier de hiérarchiser ne s exerce pas seulement entre les différentes cultures mais à l intérieur de chacune En conséquence selon la formule qu on a beaucoup citée une paire de bottes vaut Shakespeare L auteur ne va pas plus avant ce n était pas son propos Il indique seulement quelques pistes dont certaines n étaient pas inconnues La logique de la consommation détruit la culture Il ne s agit plus de constituer les hommes en sujets autonomes il s agit de satisfaire leurs envies immédiates de les divertir au moindre coût Entrer dans les détails des divers processus de nivellement culturel qui sont à l œuvre parmi nous devra faire l objet d un autre livre que Finkielkraut écrira peut être ou quelqu un d autre Il faudra bien qu il soit alors question par exemple de l adaptation de l offre à la demande conformément à la logique du profit Combien de langages de façons de s exprimer de tournures de mots tout simplement ont ils été exclus de la presse et des médias en général depuis vingt ans On a longuement parlé du prétendu terrorisme théorique de la période structuraliste ou scripturaliste des années soixante et soixante dix qui pourrait bien apparaître bientôt comme le dernier grand moment éblouissant d intelligence de la pensée française mais quid du terrorisme mou bien plus redoutable parce qu il censure effectivement qui prétend ajuster tous les discours à ce que demandent ou sont censés demander les destinataires lecteurs ou téléspectateurs Ceci ne sera pas compris Pour cela il n y a pas de public Mais délivrer du pleinement compréhensible c est livrer du déjà pensé du déjà ressenti du déjà dit Et viser un public déjà constitué c est se promettre de radoter Jean Guitton racontait récemment dans une chronique du Figaro qu une servante de sa grand mère mettons je n ai plus le texte sous les yeux disait d un nouveau curé II parle moins bien que l autre j ai compris tout ce qu il disait Or ce qu on peut dire de Dieu de la littérature aussi bien Elle commence où s égare le sens même quand le texte est clair où la signification se met à jouer se dédouble à tout le moins se dérobe peut être Selon l expression célèbre elle est toujours comme Dieu ce que n épuise pas le message Mais le message désormais s épuise lui même dans son obsessionnel souci d être bien un message c est

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  • Lecteurs de Renaud Camus – Documents
    l avenue du Président Wilson en lui faisant assumer par un effort solitaire courageux et tenace le rôle de défricheur dont Beaubourg semblait ne pas trop se soucier mériterait de se donner à voir dans de plus amènes mises en pages Quant à la qualité d un accrochage cette fois ci c est bien à Beaubourg qu il convient de décerner la palme pour la perfection rare dont témoigne à force de goût de précision muséographique d intelligence dans les suggestions les rapprochements l exposition Fontana Le propos n est bien sûr pas comparable ni certes les moyens mis en œuvre Mais une telle qualité professionnelle autant qu esthétique mérite bien d être saluée Qu en bénéficie Fontana n est que justice qu il rend bien plus complexe lorsqu on suit comme la chance nous en est précisément offerte son évolution que sa seule période classique majestueusement présentée ne le laissait à penser moins tough plus ficelle peut être j aimerais mieux dire plus subtil plus ludique plus feuilleté dans ses enjeux un peu comme De Chirico si je puis risquer sans avoir la place de m expliquer ce parallèle audacieux Judd est l artiste tough par excellence c est à dire rigoureux dogmatique obstiné sans concession pur et dur Le tough d un mot c est le règne du signifiant J ai tendance pour ma part à m écarter discrètement de cet idéal qui poussé trop avant risque de produire des ouvrages sans humour non stratifiés puritains et dont le corps est absent Mondrian est tough Webern est tough Robert Morris ou Mel Bochner sont incontestablement tough Sol Le Witt aussi Boulez aussi Guyotat non moins ou Piero della Francesca Le corps manque t il chez Webern cependant dans Bivouac dans l Histoire de la Croix Robbe Grillet est nettement plus tough que Claude Simon quoiqu il ait davantage d humour Proust n est absolument pas tough Twombly non plus Quant à Mallarmé la question reste ouverte Il faut nécessairement passer par le tough sans quoi l on ne peut avoir que des œuvres flasques bavardes sans résistance au temps incapables de se constituer en signes mais il convient aussi d en revenir de le dépasser sans le répudier Et l on ne peut confondre l en deça et l au delà les artistes qui n ont aucune idée de la rigueur et ceux qui se l étant imposée et justement parce qu ils l ont beaucoup pratiquée peuvent la relâcher revenir à ce qu il leur avait fallu renoncer récupérer l héritage Le tough en soi est toujours une déclaration de guerre au sens au sens commun au stéréotype à l idéologie au plaisir immédiat au passé culturel Mais cette guerre n a d intérêt que si la suit une réconciliation une synthèse si l on veut une intégration M a beaucoup frappé cette semaine une émission du Panorama de France Culture d ailleurs passionnante comme souvent où semblait s exprimer une sorte de consensus admiratif à l

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  • Lecteurs de Renaud Camus – Documents
    vulgairement décoratif en tâchant de l inscrire par la magie ratatinés d un deuxième degré prétendu dans une mouvance pseudo minimaliste sournoisement ninivienne qui puisse tant soit peu moderniser les jolis hippopotames et raffermir idéologiquement la carapace avachie des rhinocéros de jardinets Vaine entreprise on l entrevoit A quelques exceptions près reconnaître avec certitude le génie ou seulement le grand talent dans le moment même qu ils s exercent c est une impossible gageure tout juste si nous avons le loisir de leur réserver une chance et de ménager l avenir face à tels ouvrages irritants parfois mais qui par certains côtés nous échappent et dont nous ne saurions prétendre maîtriser tous les signes Mille fois moins rares hélas sont les productions de l esprit ou de la main que nous appréhendons sans aucun mal en leur morne et prévisible totalité et dont nous ne pouvons que trop facilement nous persuader qu elles ne sont rien Le Groumellec ne me donne pas de bien vives satisfactions je comprends mal ce qu il veut faire mais je veux bien envisager que la faute soit la mienne de mon intelligence ou de mon œil j ai bien peur en revanche que la cause pour les Lalanne soit entendue ce qui devrait leur laisser beaucoup de beaux jours Jean d Ormesson François Nourissier Pierre Jean Rémy Patrick Grainville d autres encore probablement couvrent d éloges exaltés le roman de Jean Marie Rouart Le Cavalier blessé Je ne suis pas sûr que le mot sublime n ait pas été prononcé d un côté ou de l autre Rouart est un gentil garçon bien élevé distingué comme on dit encore dans la bourgeoisie de nos belles provinces et raisonnablement cultivé sans doute J ai dû lire jadis son Avant gueire parce que nous passions ensemble à Apostrophes lui et moi Il doit bien y avoir encore cinq cents personnes en France tout de même mille peut être qui sont capables de feuilleter trois minutes ce livre là et de se rendre compte avec la plus absolue certitude que cette phrase d écolier ancienne manière ce ton cette forme de récit n ont avec ce qu on appelait jadis la littérature que les rapports les plus lointains if any Le Cavalier blessé à cet égard montre d ailleurs un net progrès C est un petit roman qu on lit sans déplaisir avec un certain entrain même si l on a le goût de l Histoire de l Empire et des feuilletons télévisés en costume qui sont d un niveau tout à fait comparable esthétiquement Mais si écrire ce n est plus que ça Jean Marie Rouart est directeur du Figaro littéraire à moitié ressuscité il est critique lui même et il est membre du jury d un prix en l occurrence l Interallié Le public sait il bien qu un homme dans une telle position est assuré de ne rencontrer partout dans la presse écrite ou parlée pour ses ouvrages que des louanges François Nourissier qui

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  • Lecteurs de Renaud Camus – Documents
    aux monuments fameux qu on va religieusement visiter ni même à la beauté bien ordonnancée des places de certains quartiers réservés de quelques villes dans leur ensemble qu à l architecture comme valeur d usage cadre de vie demeure Deux années dans la villa Médicis ont été pour moi pleines d enseignements sur ce point sur l efficacité de l architecture comme instrument de bonheur ou de forme si l on veut d expansive dignité de l instant structure anoblissante pour le geste le regard la parole et le moment Mais qui vit dans de l architecture en France Je veux dire dans des espaces qui témoignent d un désir d art ou d un instinct historique de la beauté Une infime minorité privilégiée quelques hauts fonctionnaires dans des palais nationaux quelques hobereaux qui s accrochent tant bien que mal à leurs châteaux quelques paysans dans leurs fermes du Périgord ou de la Bresse peut être une poignée de résidents de grands ensembles vraiment réussis s il y en a Les Italiens sont plus heureux dont tous les immeubles s appellent des palais et moins rarement que chez nous méritent ce nom pompeux sinon par leur confort du moins par la noblesse de leurs volumes à Rome à Florence dans les centres anciens de trente ou quarante autres villes par la bravura de leurs escaliers le dessin délibéré de leurs portes de leurs fenêtres de leurs moindres corniches A la plupart d entres nous que reste t il alors si nous voulons habiter de l architecture serait ce à titre précaire mais non pas en touristes ni dans la masse des spectateurs d un théâtre des auditeurs dans une salle de concert des fidèles dans une cathédrale ou des administrés dans un hôtel de ville c est à dire toujours en tant que public autant écrire d ectoplasme Il reste quelques lieux à demi secrets qui par leur solitude ou leur tranquillité nous invitent à nous y croire chez nous comme la bibliothèque de l institut culturel italien rue de Varenne Il resterait les cafés s ils n étaient pas trop achalandés et s ils présentaient un intérêt architectural ce qui n est pas si fréquent On a beaucoup célébré le café Costes j aurais tendance à lui préférer le café Beaubourg plus proche du Centre Pompidou mais paradoxalement plus intime Christian de Portzamparc en a réalisé tous les aménagements d autres artistes ont été mis à contribution pour les sous verre des tables voilà donc un endroit où l on peut profiter de l architecture moderne en l occurrence et de haute qualité dans le confort et la libre disposition de son temps Les garçons sont gentils et chose plus rare encore ils sont même polis L affamé peut obtenir en vitesse un plat simple et bien apprêté savoureux et le soin dont témoigne à l évidence chaque détail va miraculeusement jusqu au pain à mille lieux de la familière baguette élastique et mouillée Si je notais encore que

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  • Lecteurs de Renaud Camus – Documents
    tragédie du théâtre épousât strictement la lente évolution des siècles imitât la transformation des vies et des mentalités et dans les époques de fausse culture préférât se corrompre plutôt que de mourir La tragédie ne l a pas fait son histoire n est qu une succession de morts et de résurrections glorieuses Elle peut décroître ou disparaître avec autant de sublime désinvolture qu elle a paru après Euripide la tragédie se perd en admettant qu Euripide fût un vrai tragique ce que n a pas fait Nietzsche Après Racine il n y a que des tragédies mortes jusqu à ce que naisse une nouvelle forme tragique foncièrement distincte souvent méconnaissable de la première Dans les tragédies du théâtre l intérêt n est pas celui de la curiosité comme dans les drames Le public ne suit pas haletant les péripéties de l histoire pour savoir quelle en sera l issue Dans les belles tragédies le dénouement est toujours connu à l avance il ne peut pas être autre que ce qu il est ni la puissance de l homme ni même quelques fois celle du Dieu et ceci est proprement tragique ne peuvent améliorer ni modifier le sort du héros Et pourtant l âme du spectateur s attache avec passion à la marche de la pièce Pourquoi C est là le miracle de la tragédie il nous indique que notre enquête la plus intime ne va pas à l issue des choses mais à leur pourquoi Peu importe de savoir comment finira le monde ce qu il importe de savoir c est ce qu il est quel est son véritable sens non point dans le Temps puissance fort contestable et contestée mais dans un univers immédiat dépouillé des portes mêmes du Temps De toutes les tragédies du théâtre il se dégagerait alors la leçon suivante s il est vrai que l art puisse jamais enseigner quelque chose l homme ce demi dieu a pour marque distinctive dans l univers sa pensée son désir et son pouvoir de connaissance source de richesses sensibles et de subtiles actions Mais cette puissance élective de la pensée en distrayant glorieusement l homme du rythme universel des mondes sans toutefois l égaler à l omnipotence divine plonge l âme humaine dans une souffrance indicible et inguérissable C est de cette souffrance qu est formé le monde notre monde à nous hommes La tragédie du théâtre nous enseigne à contempler cette souffrance dans la sanglante lumière qu elle projette sur elle ou mieux encore à approfondir cette souffrance en la dépouillant en l épurant à nous plonger dans cette pure souffrance humaine dont nous sommes charnellement et spirituellement pétris afin de retrouver en elle non point notre raison d être ce qui serait criminel mais notre essence dernière et avec elle la pleine possession de notre destin d homme Nous aurons alors dominé la souffrance imposée et incomprise par la souffrance comprise et consentie et immédiatement la souffrance deviendra de la joie Ainsi Œdipe roi cœur en

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