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  • N° 156-157 (septembre-octobre 2013) : Ontologie et histoire : hommage à Benoît XVI : Saint Bonaventure et la fin des temps - Revue Résurrection
    de la foi chrétienne une nuance apparaît il y a concomitance entre le sixième et le septième âge du monde Le monde de la Résurrection est celui du huitième âge de l éternel sabbat qui succède au septième jour L Écriture Sainte possède aussi une Longueur consistant dans la description des temps et des âges depuis l origine du monde jusqu au jour du jugement Elle décrit en effet le cours du monde en trois temps celui de la loi de nature celui de la loi écrite et celui de la loi de grâce Dans ces trois temps l Écriture Sainte distingue sept âges Le premier va d Adam à Noé le deuxième de Noé à Abraham le troisième d Abraham à David le quatrième de David jusqu à l exil de Babylone le cinquième de l exil au Christ le sixième du Christ à la fin du monde le septième court en même temps que le sixième et va du repos du Christ dans le sépulcre à la Résurrection universelle Alors commencera le huitième âge celui de la Résurrection 7 Mais le docteur franciscain sait bien que le sixième âge même confondu avec le septième ne s est pas terminé lors de l an mille C est ici que J Ratzinger fait intervenir l influence de Joachim de Flore sur la pensée de Bonaventure influence qui selon lui aurait été de plus en plus importante lors des dernières années de sa vie L abbé cistercien calabrais avait bien été condamné lors du IV e concile du Latran 1215 pour sa doctrine trinitaire 8 mais pas spécialement pour sa théorie aventureuse de l histoire selon trois périodes celles du Père du Fils et du Saint Esprit Les dernières évolutions de la pensée bonaventurienne se traduisent dans les Conférences sur l Hexameron que saint Bonaventure prononça à Paris peu de temps avant sa mort Il s agit d une œuvre inachevée à cause de son élévation au cardinalat que l on ne connaît que par des recensions de ses auditeurs En ce qui concerne la théologie de l histoire et celle des fins dernières ce serait selon le futur Benoît XVI l aboutissement ultime de la pensée du docteur séraphique sur le sujet Le Christ au centre de l histoire Dans l exégèse classique des Pères le Christ apparaît au sixième âge du monde en ces temps qui sont les derniers He 1 2 Le monde est vieux et touche à sa fin En revanche dans les conférences sur l Hexameron Bonaventure expose un schéma nouveau où le Christ se situe au centre de l histoire ceci pour cadrer avec sa vision dynamique de la Révélation c est à dire du dévoilement progressif du sens spirituel des Écritures dévoilement qui continue à son époque et dont il est conscient d être partie prenante en tant que théologien Il y a donc un temps de l Église qui reste encore à déployer pour que toutes les virtualités de l Écriture puissent être

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  • N° 156-157 (septembre-octobre 2013) : Ontologie et histoire : hommage à Benoît XVI : L'homme à l'écoute du Verbe, dialogue avec Karl Rahner - Revue Résurrection
    cette dernière n est pas ouverture à un autre universel Bien au contraire elle attend quelque chose de particulier Elle ne peut être comblée que dans l histoire Le caractère nécessaire de son essence est renvoyé au fortuit de l histoire Ce fortuit d une histoire qui vient à lui de façon particulière de l extérieur est pour lui non pas un accident dont il pourrait se passer qui n apporterait et ne retrancherait rien à son essence c est exactement la forme selon laquelle son essence en vient à être elle même p 180 Les difficultés liées à la position rahnérienne apparaissent lorsqu il s agit de préciser le contenu de cette révélation Afin de préserver le caractère universel de celle ci il défend l idée selon laquelle l histoire chrétienne est la forme particulière d une histoire universelle déjà expérimentée par tout homme mais de manière confuse Les éléments singuliers du christianisme sont minimisés ou lus à travers des catégories universalisantes afin que l histoire du salut puisse être déjà présente en dehors du christianisme Pour ne pas dissoudre la théologie dans la philosophie de l histoire Rahner réalise deux mouvements Tout d abord il caractérise le christianisme comme une prise de conscience particulièrement réussie de ce qui est toujours donné quelle que soit la conscience plus ou moins grande qu on en a p 181 Le propre du christianisme ne relève pas de l événement mais de la pensée en lui ce qui est déjà présent toujours et partout devient pleinement accessible à la conscience Ensuite Rahner élimine certains éléments considérés comme propres au christianisme en particulier l histoire de l Ancien Testament en relativisant leur singularité Ne subsiste véritablement que la figure de Jésus Christ unique réalité particulière de l histoire chrétienne Parce que l essence universelle de l homme se réalise pleinement dans le Christ Rahner défend l idée que tout homme qui assume son existence dit oui au Christ Être chrétien c est accepter l existence dans une inconditionnalité absolue En fin de compte ce n est donc rien d autre qu une réflexion expresse de ce qu est de façon générale le fait d être homme Et dans une dernière étape cela prend la forme que voici le chrétien n est pas tellement un cas particulier de ce qu est l homme en général mais simplement l homme tel qu il est p 183 Mais demande Ratzinger après cet exposé de la pensée rahnérienne est ce une réponse satisfaisante Est il bien vrai que le christianisme n ajoute rien au général qu il se contente de la rendre conscient p 183 L idée selon laquelle le chrétien est l homme tel qu il est en plus d être discutable du point de vue factuel soulève de nombreuses questions Le récit biblique semble nous dire que l homme tel que nous le connaissons est blessé amoindri par son péché C est par une conversion qu il accède à une existence authentique La proposition de

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  • N° 156-157 (septembre-octobre 2013) : Ontologie et histoire : hommage à Benoît XVI : Le dialogue interreligieux à l'école du pape Benoît XVI - Revue Résurrection
    voire caricaturale de cette théologie totalement apophatique ne saurait plaire entièrement au grand nombre qui tient malgré tout aux rites visibles et aux représentations aussi bien plastiques que mentales du divin sans parler d une secrète aspiration vers la découverte d un sens pour la création et pour la destinée humaine Et c est là que la théologie mystique se montre la plus insidieuse car son relativisme absolu s accommode sans problèmes des manifestations extérieures de religiosité l important étant que tout le monde soit convaincu de leur caractère totalement subjectif non contraignant et dénué de toute valeur de tout contenu intrinsèque La religion mystique ne se veut pas persécutrice mais à ses yeux l adoration que le Dieu d Israël exige et le dépouillement de la conscience qui oublie son moi et se laisse dissoudre dans l Infini pourraient être finalement considérés comme des aspects différents d une même attitude vis à vis de l Infini 13 Cela étant Joseph Ratzinger ne nie aucunement la dimension apophatique du christianisme il rappelle que s ils sont mal compris les dogmes de la Trinité et de l Incarnation pourraient faire croire que Dieu est une forme saisissable et à notre mesure Or l Église a toujours mis en garde contre une telle réduction du mystère divin à une réalité totalement compréhensible comme en témoignent les traités Contre Eunome de Basile de Césarée et de Grégoire de Nysse qui rappellent que dès qu on parle de Dieu les concepts et les termes employés ne sauraient décrire l ensemble de la réalité du divin qui ne peut être pleinement connue ni exprimée y compris dans ses manifestations concrètes et historiques Deuxième stratégie la religion pragmatique Un autre moyen de réduire à peu de frais les antagonismes inter religieux consiste à leur trouver un plus petit dénominateur commun grâce à un agir commun visant à la paix à la solidarité de tous les hommes et à la sauvegarde de la planète La rencontre des différentes religions serait ainsi rendue possible par le biais d une orthopraxie par lequel le religieux se réduit peu ou prou à l action humanitaire Il est vrai qu aujourd hui seule l action caritative du christianisme peut trouver grâce aux yeux de ses détracteurs qui rêvent de l y confiner Cette attitude n est pas malgré les apparences contradictoire avec la précédente en effet l évacuation totale de l objectivité du contenu ignore totalement la question de la vie au monde et de la relation avec autrui On peut donc être tenté de transférer le religieux de la sphère du concept d où il se trouve chassé par la religion mystique vers le domaine de l action brute IL s agit donc de réduire la religion à une morale à des œuvres humaines certes tournées vers autrui mais dépourvues de toute signification Cette religion réduite à l orthopraxie pose cependant de sérieux problèmes D une part prétendre que l action humanitaire sociale ou écologiste relève du religieux revient à sacraliser ce qui ne saurait l être et à faire d un agir humain contingent un impératif auquel il est nécessaire de se soumettre Mais quand le religieux s invite pour régenter les dimensions économiques ou politiques d une communauté il ne laisse plus aux hommes la possibilité de construire leurs sociétés selon leurs spécificités propres L organisation de la vie sociale s édifie au contraire sur la base de discussions et de compromis qui laissent la possibilité de libre discussion d opinions diverses et le respect de voies diverses Là où par un moralisme aux motivations religieuses on saute ce pluralisme fréquemment irréductible de voies et leur discussion rationnelle et laborieuse et où on déclare une des voies comme la seule véritable la religion en vient à se transformer en dictature idéologique une dictature dont la passion totalitaire loin d édifier détruirait la paix 14 On ne peut réduire la religion à une pure finalité pratique qui deviendrait alors une idole Un autre problème plus fondamental consiste à définir une orthopraxie commune Or en l absence de toute idée de vérité universelle peut on espérer faire accepter par tous les hommes une morale commune Il est question d orthopraxie ce qui exige de définir ce qu est une action droite et de montrer en quoi elle est préférable à un comportement répréhensible Ce qui revient à porter un jugement sur tel ou tel acte sur la base de principes supposés universels mais qui ont été soigneusement rejetés par la religion mystique Aucune praxis commune n est tenable sans une adhésion préalable à des principes acceptés par l ensemble de la communauté Enfin on constatera que les préceptes de cette religion pragmatique solidarité paix universelle préoccupations environnementales ne concernent que des réalisations collectives qui tendent à évacuer la notion de responsabilité individuelle de rapports interpersonnels au profit d une philanthropie dont les bénéficiaires resteraient anonymes Ce moralisme abstrait ignore que l on peut et doit se laisser interpeller convoquer par le visage de l autre La voie théiste Au delà du vide creusé par cette absence de visage vide commun aux religions mystique et pragmatique les religions théistes principalement le judaïsme et le christianisme Joseph Ratzinger n ayant pas développé le cas de l Islam dans ce contexte viennent affirmer que non seulement le ciel mais ce monde ci est habité par la Présence divine qui n est pas une lointaine abstraction mais un Dieu personnel qui s adresse à chaque homme en particulier La relation entre Dieu et l homme repose sur des réalités concrètes et objectives Mais si ces religions théistes reposent donc sur un contenu dont elles admettent le caractère véridique voire dogmatique et hiérarchique sont elles pour autant condamnées à se montrer intolérantes La foi en une vérité frappe t elle celui qui la vit d une incapacité à dialoguer Comment faire accepter par nos contemporains que la vérité n est pas l ennemie de la tolérance mais la condition de son authentique existence Les dangers

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  • N° 156-157 (septembre-octobre 2013) : Ontologie et histoire : hommage à Benoît XVI : Joseph Ratzinger et l'héritage de Vatican II - Revue Résurrection
    espéré du Concile dans une perspective peut être aussi trop automatique en un mot trop terrestre La seconde explication c est le décalage entre ce qui avait été voulu par les Pères conciliaires et ce qui a été perçu par l opinion Les Pères voulaient un aggiornamento de la foi mais ils voulaient aussi par ce moyen la proposer dans toute sa force Au lieu de cela on a eu de plus en plus l impression que la réforme consistait simplement à jeter du lest Ce qui était voulu comme une radicalisation a été compris comme une dilution de la foi qui visait à se rendre l histoire plus confortable Ratzinger revient ensuite sur ce constat accablant le Concile n est toujours pas reçu 5 et ce par beaucoup qui ne se servent de ses textes que comme prétexte pour se détacher d eux et aller plus loin Or réaffirme le Cardinal je voudrais mettre l accent sur ceci le véritable héritage du Concile réside dans ses textes Si on les explique correctement et à fond on est garanti contre les extrémismes des deux bords La logique de la discontinuité Il convient de s interroger sur la logique qui sous tend cette interprétation néfaste Elle affirme que les textes du Concile comme tels ne seraient pas encore la véritable expression de l esprit du Concile Ils seraient le résultat de compromis dans lesquels pour atteindre l unanimité on a dû encore emporter avec soi et reconfirmer beaucoup de vieilles choses désormais inutiles Ce n est cependant pas dans ces compromis que se révélerait le véritable esprit du Concile mais en revanche dans les élans vers la nouveauté qui apparaissent derrière les textes seuls ceux ci représenteraient le véritable esprit du Concile et c est à partir d eux et conformément à eux qu il faudrait aller de l avant Précisément parce que les textes ne refléteraient que de manière imparfaite le véritable esprit du Concile et sa nouveauté il serait nécessaire d aller courageusement au delà des textes en laissant place à la nouveauté dans laquelle s exprimerait l intention la plus profonde bien qu encore indistincte du Concile En un mot il faudrait non pas suivre les textes du Concile mais son esprit Un anti esprit Konzilsungeist devrait on dire plutôt dont il affirmait dans Entretien sur la foi qu il posait comme axiome que tout ce qui est nouveau est nécessairement meilleur que ce qui est ancien d une part et que d autre part l événement de Vatican II est un nouveau point de départ à partir duquel il faut tout reconstruire à nouveaux frais consacrant ainsi une réelle rupture de tradition Sur quoi repose cette herméneutique de la rupture Par delà certainement la fascination naïve que les modernes ont eue du progrès sur une vision dialectique de l histoire Un progrès d abord dont notre époque postmoderne commence à douter ce qui rejoint les intuitions d un augustinien qui savait que la Cité terrestre n a pas les promesses de l éternité Une vision dialectique de l histoire ensuite dans laquelle on peut déceler la marque d un certain hégélianisme Pour Hegel un texte est dépassé aussitôt qu il est promulgué Car le texte fixe l esprit qui par nature cherche à se réaliser dans le processus nécessairement mouvant de l histoire Toute fixation à un moment donné signifie que ce qui est ainsi fixé est déjà révolu par le mouvement incessant de l histoire Se rapporter à un texte comme à une source c est donc se soustraire au mouvement historique de l esprit et le pétrifier c est à dire à en nier l essence En un mot c est être malhonnête avec l esprit La vérité ne se situant pas dans le passé qui serait de la sorte fondateur mais dans un futur qui toujours se dérobe tant que l Esprit ne s est pas ressaisi au terme de l histoire Une telle vision des choses outre qu elle sape l autorité des Écritures justement déconstruites à cette époque par le recours exclusif à la méthode historico critique explique le dédain de ses partisans pour le contenu même des textes du Concile interprétés comme des compromis entre une aile conservatrice qui a toujours historiquement tort nécessairement et une aile progressiste qui seule a les promesses de la vérité historique Le problème bien sûr dans ces conditions c est de définir un tel esprit puisque par nature il est en constante évolution Pour les uns il passait par la contestation radicale de la société bourgeoise par une remise en cause totale de son confort intellectuel pour les autres parfois les mêmes mais sous un autre angle par une conformité commode avec le Zeitgeist qui présentait le progrès comme solution à tous les problèmes De cette manière commente Benoît XVI évidemment il est laissé une grande marge à la façon dont on peut alors définir cet esprit et on ouvre ainsi la porte à toutes les fantaisies En fait le Concile cherchait par l aggiornamento un ressourcement et non une mise à la mode une conversion aux exigences les plus profondes de l évangile et non une conversion au monde Une fois que l aggiornamen to eut faussé compagnie au ressourcement l adaptation a pu dégénérer en un simple ajustement aux habitudes de pensée et de comportement en usage dans le monde environnant 6 C est là que se situe l un des problèmes les plus fondamentaux de la réception du Concile le malentendu au sujet de l ouverture au monde entre ce que recherchaient les Pères conciliaires et ce que l opinion a perçu Benoît XVI oppose à cette dérive l herméneutique de la continuité Le Concile dans la continuité Pour Benoît XVI celle ci a été clairement exposée dans le discours programmatique de Jean XXIII tel qu il le résume le Concile veut transmettre la doctrine de façon pure et intègre sans atténuation ni déformation et il poursuit Il est nécessaire que cette

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  • N° 156-157 (septembre-octobre 2013) : Ontologie et histoire : hommage à Benoît XVI : Benoît XVI et la « théorie du genre » - Revue Résurrection
    enracinement corporel d une complémentarité homme femme enracinement pourtant manifeste en ce qui concerne la mise au monde d un enfant Cette anthropologie problématique est inséparable de l idéologie qu elle promeut On adhère en effet à cette anthropologie pour justifier une politique De façon concrète le Cardinal montre comment cet égalitarisme a pour effet la mise en question du modèle familial classique et d une mise sur le même plan de l homosexualité et de l hétérosexualité Une lecture attentive du texte montre donc que le cardinal a bien distingué le domaine scientifique proprement dit et l idéologie au service de laquelle les recherches scientifiques ont été enrôlées Or le texte de nos auteurs loin de prouver quelque chose contre le jugement du Cardinal montre plutôt la justesse de son diagnostic En effet ce qui apparaît dans la suite de la tribune a tous les caractères d un discours idéologique Pourquoi ces chercheurs ne s en sont ils pas simplement tenus à une affirmation de la légitimité de leurs études Pourquoi aussitôt après avoir mis en accusation le Vatican se lancent ils dans une attaque contre tous ceux qui se sont opposés à l introduction du genre dans les manuels de science de la vie et de la terre Nous attendons toujours qu on nous donne une bonne raison pour justifier que des études scientifiques de sociologie d ethnologie et de politique soient enseignées dans des cours de biologie par des professeurs de biologie On nous dit ensuite que l unité de toutes les droites se fait contre les études de genre Mais qui a utilisé ces études pour promouvoir des réformes sociétales rejetées par une bonne partie de nos concitoyens Et si les auteurs de la tribune s en tenaient simplement à la défense du caractère scientifique de leurs études pourquoi émettent ils un jugement réprobateur porté sur le fait que le gouvernement ait cédé sur la PMA et sur la loi sur la famille L amertume des auteurs de la tribune montre qu en fait ils espèrent voir leurs études porter des fruits politiques Pourtant ils devraient savoir que toute action politique repose sur des jugements de valeur Ils devraient savoir que dans le régime moderne de la pensée scientifique il est impossible de fonder un jugement de valeur sur un jugement de fait On se demande si ces intellectuels ont entendu parler du paralogisme naturaliste et de sa dénonciation par David Hume Mais il n est pas besoin de connaître l histoire de la philosophie moderne pour comprendre que jamais on ne pourra déduire logiquement une prescription d ordre éthique ou politique à partir d une description scientifique des phénomènes Les discours qui tendent à justifier une pratique à partir de considérations scientifiques n y parviennent qu en introduisant subrepticement à un moment donné un principe moral d autant plus contestable qu il est plus dissimulé Un des intérêts de cette tribune est de laisser apparaître le moyen terme entre les études de genre et le

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  • N° 156-157 (septembre-octobre 2013) : Ontologie et histoire : hommage à Benoît XVI : Les racines de la modernité, Ratzinger et Radical Orthodoxy en débat autour de l'œuvre de Vico - Revue Résurrection
    ecclésial Les différences entre les approches théologiques de la question politique de Milbank et de Ratzinger découlent de leurs divergences sur la question de la vérité Alors que Ratzinger conçoit la vérité comme éternelle et une Milbank insiste sur son caractère multiple et changeant Ceci a des conséquences sur les deux versants de la connaissance le versant ascendant par lequel l homme passe de la physique à la métaphysique puis à la théologie et le versant descendant par lequel la connaissance théologique vient informer les autres champs du savoir en particulier celui de la politique Parce qu il adopte le principe de Vico Milbank décrit la vérité non pas comme quelque chose de stable mais plutôt comme une réalité dynamique et créée Ceci le conduit à rejeter l hylémorphisme et ses formes stables pour adopter une vision quasi héraclitéenne dans laquelle la réalité est faite de flux De manière analogue Milbank affirme que l objet de la métaphysique n est pas l être mais la création Il développe ainsi une analogie de la création point de départ de l explication de la capacité qu a l homme d entrer en relation avec Dieu Au sein de cette analogie il pose une création interne à Dieu identifiée au Fils Évidemment la priorité du changement et de la pluralité sur l unité et la stabilité y compris au sein de la Trinité fait qu il est difficile de voir comment l homme pourrait disposer une véritable connaissance naturelle de Dieu Tout étant fluctuant il n est pas possible de trouver un point d ancrage pour la connaissance C est pourquoi Milbank défend l idée que l homme ne peut connaître la vérité sur Dieu sur lui même et sur la nature que par un mouvement descendant qui part de la révélation que Dieu fait de son identité La foi constitue le point de départ absolu de toute connaissance y compris profane Milbank indique ceci en affirmant qu à moins d être ordonnées à la théologie les autres disciplines sont privées de valeur objective et surtout de vérité Sans la grâce il n est pas donc possible pour l homme de connaître le monde créé la nature telle que l étudient la physique ou la biologie semble dépourvue de sens car elle relève du pur flux héraclitéen Son sens ne se découvre que dans sa relation au surnaturel Cette manière radicale d intégrer nature et surnature d un côté et raison et foi de l autre se retrouve en politique La raison politique dépend tout entière de la foi et de la théologie Les thèses que Milbank défend au sujet de la Trinité son insistance sur la différence et la multiplicité et leur cohabitation pacifique deviennent ici significatives l Église ne doit pas défendre des vérités morales immuables découvertes par la raison naturelle et réaffirmées par la foi mais être le lieu d une pratique politique nouvelle centrée autour de la réconciliation pratique instaurée par le Christ réconciliation qui manifeste la vérité trinitaire de l unité dans la différence Cette pratique s oppose à une politique appuyée sur la loi et la coercition qui empêchent que les différences ne soient une source de conflit grâce à la menace Cet idéal Milbank l appelle socialisme lequel n est ni marxiste ni libéral mais ecclésial Joseph Ratzinger et la transcendance de la foi Joseph Ratzinger affirme de son côté que l homme peut connaître la vérité non seulement dans une démarche descendante qui part de la foi mais également dans l ascension qui passe de la connaissance du monde à celle de Dieu Cette position découle du rejet de l identification du vrai et du fait et donc de l affirmation de la stabilité et de l éternité d une vérité accessible à la foi mais aussi à la raison Il s ensuit que l objet de la métaphysique selon Ratzinger est l être envisagé comme une réalité stable Cette métaphysique reprend l idée traditionnelle de l analogie de l être analogie par laquelle l homme et toute la création participent à l être de Dieu Cette façon d envisager les choses insiste sur l unité et la stabilité de la création en elle même et dans son rapport à Dieu et de Dieu lui même Ratzinger défend donc une théologie trinitaire pleinement orthodoxe dans laquelle le Fils n est pas la création interne de Dieu mais est engendré selon les mots du Credo alors qu il semble difficile pour Milbank de rendre compte du fait que les trois personnes de la Trinité partagent la même substance en raison de son insistance sur la multiplicité et du vocable ambigu de création Alors que Milbank nie la validité d une connaissance naturelle Ratzinger soutient que celle ci joue un rôle aussi bien dans l ascension du monde à Dieu que dans la descente inverse Ce n est pas parce que la foi vient informer la pensée et la pratique humaines que les éléments valides découverts par la raison sont évincés par la révélation Cette position repose sur l idée que la nature possède une consistance et une intégrité propre en dehors de la grâce 9 Par conséquent Ratzinger refuse les tentatives d intégration de la foi et de la politique qui rendent indiscernables le rôle de chacune Mélanger foi et politique c est mettre en danger et l une et l autre en faisant perdre à la foi sa transcendance et sa souplesse face à la politique La foi est plus à même de venir en aide à la politique si elle en est séparée Cette aide prend la forme d une défense des vérités essentielles sur l homme vérités en principe accessibles à la raison naturelle mais qu il est souvent nécessaire de rappeler à temps et à contretemps dans la mesure où elles peuvent être niées ou oubliées par un gouvernement un groupe ou tout un peuple Une différence insurmontable Nous avons vu jusqu ici que parce qu il acceptait l axiome de Vico

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  • N° 156-157 (septembre-octobre 2013) : Ontologie et histoire : hommage à Benoît XVI : Les quatre livres des Sentences / Troisième livre (Pierre Lombard) - Revue Résurrection
    extraordinaire développement qu elles ont pris dans les débats universitaires du XIIIe siècle qui constituent la pièce maitresse du commentaire qui occupe près d un tiers de l ouvrage En gros le Lombard envisage trois hypothèses sans indiquer clairement de quel côté penche pour lui la balance ce qu on lui reprochera 1 Ou bien le Christ est un homme assumé par Dieu mettant ainsi en avant la consistance de l humanité de Jésus au risque de rendre problématique son unité 2 Ou bien c est la personne divine du Verbe qui devient le sujet des actes humains de Jésus ce qui met en valeur l unité de la personne au risque de rendre moins claire la consistance de son humanité 3 Ou bien c est Dieu qui assume directement dans le Christ une âme et un corps ceux ci n ayant aucune existence propre au plan humain thèse dite du néant christologique La thèse n 1 viendrait apparemment de l École Saint Victor le n 2 de Gilbert de la Porrée le n 3 d Abélard Mais Pierre argumente pour et contre à propos de chacune et cite des autorités à la fois bibliques et patristiques à l appui de chaque affirmation Le fait d exposer comme à égalité trois thèses dont deux la 1 et la 3 seront à bon droit suspectées d hérésie ou au moins d équivoque a amené anciennement à douter de l orthodoxie du Lombard Nous apprenons ainsi que le dispositif de condamnation était en place au Concile de Latran III 1179 mais que l ouvrage de Pierre malgré des nuances ne fut pas retiré de la circulation et servit même de plus en plus à la formation des clercs Comme quoi même des erreurs peuvent être l occasion d un approfondissement Ne dit

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  • N° 156-157 (septembre-octobre 2013) : Ontologie et histoire : hommage à Benoît XVI : Qu'est-ce que la christologie philosophique ? (Xavier Tillette) - Revue Résurrection
    poursuivi depuis de longues années une ligne originale dont il nous donne ici un aperçu magistral en cent pages très exactement Pour lui le Christ et pas seulement le christianisme a bien sa place dans la philosophie Malgré l autonomie revendiquée par la plupart des penseurs étudiés qui sont presque tous postérieurs aux Lumières à l exception de Spinoza mais qui se prolonge ici avec Fichte la figure du Christ continue de hanter la recherche de bousculer les catégories trop hermétiques d ouvrir des horizons inattendus Une série de chapitres qui ne suivent pas rigoureusement l ordre chronologique font défiler devant nous sept approches du sujet allant de Fichte à la phénoménologie L ensemble est prodigieux l approche fine de chacun de ces géants de la pensée fait apparaître la place inattendue que le Christ occupe au cœur de leur réflexion Cela ne se résume pas il faut y rentrer L auteur montre comme un des prolongements possibles dans une ligne phénoménologique où il rencontre Michel Henry et Jean Luc Marion l approfondissement de la conscience du Christ à la fois unique et exemplaire sa psychologie il risque le mot que l on peut approcher avec crainte et tremblement et

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