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  • N° 156-157 (septembre-octobre 2013) : Ontologie et histoire : hommage à Benoît XVI : Le mystère théandrique. Action de Dieu, action de l'homme dans l'œuvre du salut. (Simon Icard) - Revue Résurrection
    de Dieu action de l homme dans l œuvre du salut Pour l auteur qui s est signalé par une thèse remarquée sur Port Royal et Saint Bernard de Clairvaux 1608 1709 la question posée par le jansénisme et son adversaire moliniste était bien celle là comment la volonté humaine et la volonté divine peuvent elles s accorder Faut il nécessairement que la victoire de l une signifie l effacement de l autre D où vient ce modèle où liberté et grâce sont construites en opposition Pour celui qui connait tant soit peu la réflexion patristique qui prépara le VI e Concile œcuménique Constantinople III sur les deux volontés du Christ il est tenant de chercher à éclairer la querelle de Auxiliis sur les secours qui permettent à l homme de se tourner vers Dieu de manière à être sauvé par un recours à la christologie En fin connaisseur de la littérature spirituelle et théologique du XVII e siècle mais aussi de saint Bernard Simon Icard nous montre que le rapprochement n a pas échappé complètement aux théoriciens des différents bords qui se déchiraient sur la grâce Mais faute sans doute d avoir été jusqu à approfondir la pensée de

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  • N° 156-157 (septembre-octobre 2013) : Ontologie et histoire : hommage à Benoît XVI : Le Chant de Pâques. (Sédulius) - Revue Résurrection
    versifié ou non et de grands noms comme Grégoire de Nazianze n ont pas dédaigné de s y adonner Sédulius sur lequel on est très mal renseigné vivait sans doute dans la première moitié du V e siècle en Italie il fait partie à ce que l on voit de cette élite cultivée déjà profondément christianisée attirée par la vie religieuse comme Sulpice Sévère ou Paulin de Nole Il se réfère à un maître spirituel auquel il fait hommage de ses œuvres et qui semble avoir eu sur lui une profonde et durable influence mais qui n est pas autrement connu Macédonius L œuvre se partage entre une version poétique c à d versifiée et une forme de peu postérieure et sensiblement différente en prose À la lecture de ces textes chargés de réminiscences poétiques tout autant que de sève biblique on admire sans doute la ferveur qui la sous tend on découvre de ci de là quelques belles trouvailles Mais la longueur la surcharge le goût pour les effets littéraires tout nous fait regretter la simplicité du texte original avec lequel l auteur prend parfois des libertés On ferme les yeux sur l apparition du Christ à la Vierge Marie que Simplicius n est pas le dernier à imaginer mais on est plus gêné de déformations comme celle qui amène à parler du paralytique de Nazareth sic alors qu il s agit de l épisode du paralysé porté par ses amis au pied de Jésus à Capharnaüm Il est vrai que le texte de Matthieu 9 1 8 ne porte pas le nom de Capharnaüm à la différence de Mc 2 1 mais dit sa ville Il n en faut pas plus pour Sédulius qui brode de là le Seigneur passant par mer sur d autres rives entra sur

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  • N° 156-157 (septembre-octobre 2013) : Ontologie et histoire : hommage à Benoît XVI : Histoire du diocèse de Saint-Claude, 1817-1977. Renaissance et épreuves. (Marie-Paule Renaud) - Revue Résurrection
    Jura depuis sa création sous la restauration en 1817 jusqu en 1977 Les dix évêques successifs fournissent le cadre des dix premiers chapitres de cette histoire Cette œuvre d érudition a puisé aux sources officielles La semaine religieuse du diocèse et aussi aux multiples études partielles que l auteur a produit depuis près de 15 ans Après un exposé sur l évêque et sur les événements qui ont marqué son épiscopat chaque chapitre présente des notices sur les prêtres qui ont marqués la période On note avec satisfaction que le XX e siècle a permis au diocèse de Saint Claude de fournir de nombreux prêtres et religieuses pour les missions au loin La palme revient bien sûr au P Pierre François Néron martyrisé au Tonkin en 1860 et canonisé par Jean Paul II en 1988 Les prêtres morts aux différentes guerres ou déportés ne sont pas oubliés Le dernier chapitre est une étude assez poussée des congrégations religieuses et des institutions qu elles ont longtemps maintenues contre vents et marées Sans noircir le tableau cette étude montre que la courbe de la vie diocésaine ascendante depuis la Restauration s est infléchie depuis la fin du XIX e siècle tant sous

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  • N° 155 (juillet-août 2013) : Miettes sacramentelles : Éditorial - Revue Résurrection
    Église a vécu des sacrements avant de les théoriser et il faut attendre le Moyen Âge pour que toutes les ressources de la pensée soient mobilisées autour de cette question Mais d un autre côté cette réalité sacramentelle découle directement de la divino humanité du Christ c est elle qui fait advenir celle ci dans notre espace et notre temps Elle renvoie tout autant au mystère du salut dont elle est l actualisation loin de faire oublier la centralité de la Croix du Christ c est elle qui y ramène sans cesse car aucun sacrement n est dispensé sans nous ramener en ce point où a lieu le jugement du monde où la prétention de l homme à se sauver lui même est réduite à néant et où Dieu décide souverainement de tirer le croyant de la mort et du péché Notre collaborateur Benedictus spécialiste du grec nous propose une réflexion riche en aperçus nouveaux sur la notion complexe de mystère que l on trouve principalement chez saint Paul et dont on sait qu elle va très vite servir à désigner ce que le monde latin appellera plus facilement sacrement Alexis Fogelman rend compte d un travail fait dans le cadre des équipes de recherche de Résurrection Le point de départ est un ouvrage de l exégète protestant Oscar Cullman qui a le grand mérite de dépasser un point de vue strictement scripturaire pour voir l enracinement du quatrième évangile dans la réalité sacramentelle de l Église primitive Frère Étienne Ribot nous fait part d une part du dossier patristique qu il est en train de réunir autour du thème du sacrifice eucharistique il s agit essentiellement de deux auteurs Irénée et Jean Chrysostome mais dont l influence est grande surtout celle du second dans l élaboration ultérieure Nous devons

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  • N° 155 (juillet-août 2013) : Miettes sacramentelles : Chronique sémantique : Mystère... - Revue Résurrection
    qui emploient le mot pour la première fois lui donnent à Athènes plus précisément à Éleusis le sens de cérémonies religieuses qui procurent à ceux qui y participent l assurance d un salut d un sort plus élevé que le commun des mortels Les mystères car le mot est alors employé au pluriel sont le lieu d une initiation dont le contenu reste secret et connu des seuls initiés qui s appellent des mystes Bien qu une telle pratique ait été combattue par le christianisme naissant il faut reconnaître que celui ci adopta pour la formation des futurs baptisés les catéchumènes un vocabulaire et un parfois un état d esprit qui rappellent les cultes à mystères Ainsi saint Cyrille de Jérusalem a t il écrit au milieu du Ve siècle des Catéchèses mystagogiques qui sont de merveilleux sermons destinés à préparer les adultes au baptême 1 Les sacrements sont alors désignés par le terme de mysteria qui sera traduit en latin par sacramenta les Pères de l Église parlent des saints mystères et désignent notamment ainsi l Eucharistie À cela s ajoute la discipline de l arcane les catéchumènes n ont accès qu à la première partie de la liturgie de la messe et se retirent après la proclamation des lectures Nos frères orthodoxes du moins pour ce qui est des monastères du mont Athos qui relèguent encore maintenant sur le porche narthex des églises ceux de leurs communautés qui n ont pas encore été baptisés ont conservé le caractère rigoureux de cette discipline Faut il crier au scandale du communautarisme ou reconnaître là un signe de respect de la majesté de Dieu et des intentions mêmes de Jésus qui n a pas célébré la Cène sur la montagne mais au Cénacle en présence des seuls apôtres qu il avait éduqués durant trois ans passés à sa suite Le catholique honnête doit avouer que la seconde attitude est proche de la réalité historique même s il ne peut prendre à son compte la réalisation concrète d une telle discipline aujourd hui en raison de l évolution de la pratique pastorale Mais une telle évolution est elle pur opportunisme et concession à l air du temps qui souhaite bannir tout secret et tout ce qui pourrait apporter une différenciation sociale La réflexion sur l emploi du mot mystère dans le Nouveau Testament permet d avancer une réponse Le terme s y trouve presque exclusivement sous la plume de saint Paul quelques emplois seulement dans le livre de l Apocalypse et il désigne alors presque toujours l ensemble du dessein bienveillant de Dieu à l égard de l homme Je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige de la sagesse ou de la parole Non je n ai rien voulu savoir parmi vous sinon Jésus Christ et Jésus Christ crucifié écrit il aux Corinthiens 1 Co 2 1 2 Le mystère n est plus alors ce qui est caché et réservé à quelques uns c est

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  • N° 155 (juillet-août 2013) : Miettes sacramentelles : Autour d'un livre d'Oscar Cullmann : « Les Sacrements dans l'évangile johannique » - Revue Résurrection
    être une préoccupation marginale de l évangéliste se retrouvent dans un grand nombre de péricopes et non des moindres Cullmann étudie ainsi le baptême de Jésus les noces de Cana les entretiens avec Nicodème et avec la Samaritaine les guérisons du paralytique à Bethesda et de l aveugle à Siloé le discours de pain de vie le lavement des pieds et l épisode du coup de lance Bien qu il soit possible selon Cullmann de proposer une interprétation sacramentelle d autres péricopes de Jean il reconnaît que tous les passages de cet évangile ne se laissent pas comprendre en référence au culte et aux sacrements La centralité de ceux ci est liée à une question dont l enjeu est majeur la légitimité et la continuité de l Église primitive Nous avons déjà fait observer que l intérêt pour les questions cultuelles avec lequel l évangéliste considère la vie de Jésus n est qu un aspect à vrai dire particulièrement important d un intérêt d ordre plus général que manifeste l évangéliste et qui consiste à essayer de tracer la ligne qui relie le Jésus historique au Christ de l Église et ce en vue de démontrer leur identité C est parce que le Christ de l Église est présent d une manière particulière dans les sacrements que cette ligne aboutit dans beaucoup de cas non tous assurément aux sacrements pp 84 85 Le dessein de l évangéliste Les développements les plus intéressants de l ouvrage se trouvent moins dans l étude des péricopes que dans la mise à jour du dessein de l évangéliste pour reprendre le titre du premier chapitre C est en s interrogeant sur le sens de l épilogue de saint Jean que la réflexion est initiée Si comme l écrit l évangéliste Jésus a fait devant les disciples beaucoup d autres signes qui ne se trouvent pas écrits dans ce livre Jn 20 30 où trouver les principes qui ont présidé au choix des récits La réponse se trouve au verset suivant Ceux là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ le Fils de Dieu et qu en croyant vous ayez la vie par son nom Le principe qui guide l évangéliste dans sa rédaction n est donc pas historique mais plutôt théologique et ecclésiastique Il s agit pour Jean de montrer que Jésus c est à dire le Jésus de l histoire est le Christ autrement dit le médiateur du salut tout entier passé présent et futur Or dans l histoire du salut la période qui suit la résurrection et dans laquelle vit l évangéliste revêt une importance particulière L enjeu réside dans la conversion de ceux qui vivent après Pâques Ceci explique pourquoi aucun autre évangéliste ne revient aussi souvent sur le thème de la foi et de l incrédulité de ceux qui ont vu les œuvres de Jésus et entendu ses paroles La question que pose Jean est la suivante comment ce qui a été objet de vue peut il devenir objet de foi Il convient de remarquer l importance accordée à la vue C est avec elle que s ouvre l évangile nous avons vu sa gloire et qu il se clôt avec l épisode de l incrédulité de Thomas Plus exactement la problématique johannique concerne l articulation de la foi et de la vue après Pâques Comment croire sans avoir vu Il est significatif que le récit consacré à Thomas soit le dernier de l évangile le chapitre 21 ayant été ajouté plus tardivement Les paroles du Christ Parce que tu m as vu tu as cru heureux ceux qui croient sans voir 20 29 s appliquent à tous ceux qui liront le livre Cependant la question se renverse également chez Jean en une autre car la vue ne suffit pas Beaucoup ont vu mais sans croire D où une sorte de balancement de va et vient entre deux types de textes D un côté ceux qui soulignent la nécessité de la vue De l autre ceux qui insistent sur celle de la foi Certains nous parlent d une foi qui naît de la vue par exemple le disciple bien aimé qui entrant dans le tombeau vit et crut 20 8 D autres mettent en scène l ambiguïté ou l insuffisance de l expérience visuelle Ce qui suit la résurrection de Lazare nous donne une illustration de ces deux tendances Beaucoup de Juifs donc qui étaient venus vers Marie et qui avaient vu ce qu avait fait Jésus crurent en lui Mais certains d entre eux s en allèrent trouver les Pharisiens et leur dirent ce qu avait fait Jésus 11 45 46 Développant un point différent la conclusion des noces de Cana évoque ceux qui virent le miracle et crurent en Jésus mais auxquels celui ci ne se fia pas Tout ceci conduit Cullmann à mettre en lumière la conception johannique de la foi comme acte du cœur Il s agit d un acte intérieur qui fait suite à l expérience qu elle soit visuelle ou auditive Au chapitre 4 Jésus adresse un reproche à l officier royal Si vous ne voyez pas des signes et des miracles vous ne croyez pas Pourtant le récit s achève par la foi de l officier foi qui réside dans la confiance à l égard de la parole de Jésus et qui précède donc la constatation effective de la guérison du fils On retrouve aussi des éléments de la critique synoptique de la recherche du miracle au chapitre 6 au sein du discours sur le pain de vie Les juifs demandent au Christ quels signes il opère 6 30 et celui ci répond en déclarant qu ils ont vu mais sans croire 6 36 Parfois la relation entre voir et croire est inversée ainsi en 11 40 Si tu crois tu verras la gloire de Dieu Si la foi est un acte du cœur il ne faut pourtant pas y voir une décision purement sentimentale d une part

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  • N° 155 (juillet-août 2013) : Miettes sacramentelles : Les Pères grecs parlent du sacrifice de la messe - Revue Résurrection
    de Moïse car il eût été impossible à un autre de réaliser une image des choses spirituelles Bien sûr saint Irénée reste allusif et n explicite pas tous les points de son raisonnement c est ainsi que le lien qui existe entre le sacrifice de la messe et celui de la Croix n est pas traité seule est mentionnée l intention explicite du Christ qui a enseigné à agir de la sorte Mais ce qui est important c est que après avoir annoncé le caractère figuratif et la caducité des sacrifices de l Ancien Testament il ne s en tient pas à une offrande purement intérieure que les chrétiens feraient à Dieu en union avec Jésus même si celle ci est sous entendue il s agit bien d un culte extérieur qui se réalise seulement dans l oblation rituelle que l Église fait du Corps et du Sang du Seigneur Saint Jean Chrysostome Venons en à saint Jean Chrysostome qui apparaît à bien des égards comme un des docteurs les plus importants de l Église ancienne en ce qui concerne le mystère eucharistique 5 Arrêtons nous d abord à ce qu il expose dans l homélie 17 de son commentaire de l Épitre aux Hébreux qui concerne le chapitre 9 versets 24 26 de celle ci Ce n est pas en effet dans un sanctuaire fait de main d homme simple copie du véritable que Christ est entré mais dans le ciel même afin de paraître maintenant pour nous devant la face de Dieu Et ce n est pas afin de s offrir lui même à plusieurs reprises comme le grand prêtre qui entre chaque année dans le sanctuaire avec du sang étranger Car alors il aurait dû souffrir à plusieurs reprises depuis la fondation du monde En fait c est une seule fois à la fin des temps qu il a été manifesté pour abolir le péché par son propre sacrifice Pour expliquer comment l unicité du sacrifice du Christ remplace la répétition des rites de la Loi il rapproche ce passage de He 10 1 Ne possédant que l esquisse des biens à venir et non l expression même des réalités la Loi est à jamais incapable malgré les sacrifices toujours les mêmes offerts chaque année indéfiniment de mener à l accomplissement ceux qui viennent y prendre part TOB Voilà la conclusion 3 En effet dites moi à quoi bon plusieurs victimes quand une seule suffît Leur nombre et leur offrande perpétuelle montrent que ceux qui les offrent ne sont pas purifiés Quand un médicament est fort capable de rendre la santé et de guérir entièrement la maladie il suffit de le prescrire une fois pour qu il opère tout son effet Et si prescrit une fois il a opéré parfaitement sa force est démontrée par cela seul qu on ne l ordonnera plus son action est évidente par cela même qu on n y fait plus appel Au contraire s il faut le répéter toujours c est qu évidemment il est sans vertu car le propre d un spécifique c est d être prescrit une fois et non pas souvent Appliquez ici cette comparaison Pourquoi enfin faut il toujours les mêmes victimes S ils étaient délivrés de tous leurs péchés pourquoi offrir chaque jour de nouveaux sacrifices En effet il était établi qu on sacrifierait pour le peuple entier tous les jours chaque soir et même pendant la journée Cette pratique accusait les péchés des juifs et ne les remettait pas elle avouait leur faiblesse et ne manifestait pas sa vertu Une première immolation avait été impuissante on en offrait une seconde celle ci ne produisait rien elle même il en fallait une troisième c était donc une déclaration sans réplique de leurs péchés Le sacrifice était une preuve du péché le sacrifice sans cesse réitéré était un aveu de l impuissance du sacrifice En Jésus Christ le contraire a lieu Il s est offert une fois et à perpétuité ce sacrifice suffit Aussi l Apôtre avec raison appelle les offrandes antiques des copies elles n ont de leur modèle que la figure et non pas la vertu C est ainsi que les portraits ont l image du modèle sans en avoir la vertu L original et la figure ont quelque chose de commun ils ont la même apparence mais non la même force Ainsi en va t il du ciel comparé au tabernacle il y a similitude entre eux sainteté de part et d autre mais la vertu et le reste ne sont plus les mêmes Comment entendre que le Seigneur par son sacrifice est apparu pour la ruine du péché He 9 26 Qu est ce que cette ruine C est une sorte d exclusion avec mépris le péché n a plus de pouvoir il est ruiné disgracié Comment encore Il avait droit à réclamer notre châtiment et il ne l a pas obtenu en cela il est exclu avec violence Lui qui attendait l heure de nous évincer tous et de nous détruire a été lui même supprimé et anéanti Jésus est apparu par son sacrifice c est à dire il s est montré lui même il s est approché de Dieu Quant aux prêtres des juifs n allez pas croire qu en répétant souvent leur immolation dans une même année ils le fissent au hasard et non pas à cause de l impuissance de leurs sacrifices Si ce n était par impuissance pour quel autre motif agir ainsi Quand une plaie est guérie il n est plus besoin d appliquer les médicaments C est pourquoi dit saint Paul Dieu a ordonné qu on ne cessât d offrir par impuissance même de guérir pour rappeler sans cesse aux juifs la mémoire de leurs péchés Mais aussitôt surgit la difficulté qu en est il alors de l eucharistie célébrée quotidiennement ou au moins chaque dimanche Mais quoi Est ce que nous n offrons pas aussi tous les jours Sans doute nous offrons ainsi mais nous

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  • N° 155 (juillet-août 2013) : Miettes sacramentelles : Quand Dieu s'offre à l'homme : retour sur une distinction - Revue Résurrection
    donc pas attribuable au Christ lui même qui n est ni rond ni blanc ni alcoolisé etc Le changement est donc à la fois réel et même substantiel c est à dire rejoignant le fond de la réalité et caché Saint Thomas va jusqu à dire que le Corps du Christ n est pas présent dans l eucharistie de façon locale 8 ce qui veut dire qu il n est pas enfermé dans un lieu n en déplaise à ceux qui ont parlé du divin prisonnier du tabernacle l espace qui l abrite ne constitue en rien une limite ou un cadre dans lequel il serait enfermé Il est là vraiment mais son insertion dans notre monde ne le réduit pas aux dimensions de ce monde Nous sommes ramenés ainsi à cette constatation que dans le Nouveau Testament les signes de la foi sont eux mêmes objets de foi 9 non par manque de réalité mais par excès Il ne sera pas donné à cette génération d autre signe que le signe de Jonas Mais si distinct que soit le signe sacramentel par rapport à la chose la grâce le Christ la res sacramenti se rend déjà présente et agissante dans le sacramentum et res Le terme est tellement surabondant qu il a la possibilité d investir secrètement le signe de l évider de l intérieur de le rendre poreux pour qu il devienne porteur d une première grâce parfaitement cachée mais qui est déjà le gage de la victoire définitive Pour le dire en termes modernes il y a là une prolepse de la présence eschatologique du Christ Ce paradigme peut nous faire avancer et nous aider à comprendre la place du surnaturel dans les réalités empiriques où Dieu a choisi de se manifester Nous prendrons deux exemples la naissance virginale de Jésus et l inspiration des saintes Écritures La naissance virginale est elle pensable On sait que dans le même temps où l on attaquait la croyance à la présence réelle conception sensualiste grossièrement réaliste de l eucharistie 10 les mêmes ou d autres se démarquaient de l universelle croyance des chrétiens en la naissance de Jésus à partir d une vierge en soulignant l inconvenance de vouloir retirer à la pleine humanité du Christ la génération charnelle comme si celle ci portait ombrage à sa nature divine comme si la pleine paternité de Joseph entrait en concurrence avec la Paternité divine Ce Jésus né en faisant exception à la condition commune des hommes pouvait il encore se dire l un de nous Comme pour l eucharistie il y avait derrière ce refus la même revendication de garder le champ de l humain à l abri des initiatives divines Dieu s est fait homme c est entendu mais homme tel que nous le voyons et le définissons C est ce que l on va appeler la consistance du créé à laquelle l Incarnation est sommée de ne pas faire exception Quand Denys l Aréopagite parle de Jésus comme d un homme au delà de la mesure humaine qui s est fait homme selon un mode qui dépasse l homme 11 quand Grégoire de Nazianze nous dit qu il a innové divinisé la nature humaine en l assumant ce langage est incompréhensible pour nos modernes censeurs qui y verraient une trace de monophysisme latent présentant l humanité du Christ comme une réalité mythique dotée de toutes les propriétés du divin Or il n en est rien Une autre mesure de l humain L humanité est respectée mais elle est interprétée au sens où un musicien interprète une partition différemment de nous elle est vécue selon un mode pour nous inouï un mode proprement christique Il ne sert à rien de penser la différence en termes simplement moraux et spirituels le Christ homme pour les autres frère universel etc sinon entre le Christ et n importe quel saint il n y aurait qu une différence de degré Il faut bien croire qu il y a avant toute manifestation de l agir humain de Jésus un dispositif de grâce une onction une ouverture vers Dieu absolument spécifiques qui constituent le point de départ et non le point d arrivée La trace de la divinité dans l humanité du Christ n est pas non plus l addition de pouvoirs merveilleux qui dépasseraient ceux de l homme et là nos amis ont raison qui disent que Dieu ne triche pas en prenant notre humanité mais elle se voit plutôt à une blessure à une déchirure à une béance qu il nous faut bien exprimer en termes ontologiques puisque nous sommes avant toute psychologie possible l humain en Jésus ne se clôt pas au plan humain il a sa subsistance en Dieu c est la personne divine du Fils qui donne toute sa consistance humaine à l enfant né à Bethléem Bérulle et d autres ont nommé cela le dénuement de subsistence 12 n ayant pas de personne humaine qui lui corresponde la nature humaine du Verbe est tout ouverte sur la personne divine qui l assume elle n existe que par elle et cette greffe a le double effet de la conserver intacte dans son ordre propre et de l unir si étroitement à Dieu que jamais aucune autre humanité ne fut associée à ce point à la divinité La naissance virginale une pauvreté assumée par Dieu Là seulement la naissance virginale trouve tout son sens Derrière le miracle concret inscrit dans la réalité charnelle de Marie et de Jésus se joue la nouveauté que Dieu introduit dans notre humanité En s insérant dans la chaîne des générations sans reproduire le mode par lequel la vie se transmet depuis l origine il renouvelle notre nature il la rend capable dans sa pauvreté même d accueillir radicalement le don de Dieu Car la virginité de Marie n est pas d abord vue comme une qualité de pureté par exemple elle est le signe d une impuissance l aveu d une incapacité à donner par soi même la vie C est ainsi qu elle était vécue dans l ancien Israël la fille de Jephté qui va mourir jeune pleure sur sa virginité Jg 11 37 La poétesse Marie Noëlle a parfaitement exprimé cette donnée dans un quatrain de la Berceuse de la Mère Dieu De fils ô mon Dieu je n en avais pas Vierge que je suis en cet humble état Quelle joie en fleur de moi serait née Mais vous Tout Puissant me l avez donnée À la kénose de la Croix répond celle de l Incarnation mais pas au sens où on l entend d habitude pas seulement la kénose de Dieu qui se vide pour faire une place à sa créature mais aussi kénose de l humain ce néant capable de Dieu qui est pour une fois si totalement dépouillé de lui même qu il peut faire toute la place à Dieu De cela un petit indice le même mot grec en trois lettres dio c est pourquoi caractérise le retournement indiqué par la parole de l Ange l Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très Haut te prendra sous son ombre c est pourquoi l enfant sera saint et sera appelé Fils de Dieu et celui que dévoile saint Paul au cœur du mystère du salut s étant comporté comme un homme il s humilia plus encore obéissant jusqu à la mort et la mort sur une croix c est pourquoi Dieu l a exalté Abaissement et exaltation dans un même mouvement La grandeur du signe donné dans la naissance virginale c est que à l inverse du miracle dont bénéficient Zacharie et Élisabeth miracle qui saisit de stupeur tout l entourage Lc 1 65 la conception de Jésus par une jeune femme promise en mariage ne suscite aucune surprise et que l intervention divine pourtant bien plus étonnante serait restée inconnue sans la confidence de celle qui en fut bénéficiaire Comme dans le cas de la Présence réelle de Jésus au Saint Sacrement nous sommes là devant un signe qui est bien un miracle mais un miracle totalement caché 13 La Bible était elle la chasse gardée des chrétiens Nous voudrions finir en indiquant que l inspiration de l Écriture sainte relève du même principe L élément humain y est pleinement respecté mais évidé de l intérieur pour devenir le medium par lequel Dieu se révèle adéquatement On sait que l avènement de la modernité est allé de pair avec la fin du privilège de la Bible et des autres textes sacrés des religions ce statut d exception qui la maintenait à part dans une sphère purement ecclésiale ne relevant que de paramètres théologiques Désormais la philologie la stylistique la sémantique et tous les savoirs possibles se sont penchés sur ces vénérables restes du passé pour y puiser des informations sur l histoire la langue les croyances mais en retour ils ont passé au crible la crédibilité de leurs sources disséqué leurs textes anéanti beaucoup d idées tacitement admises jusque là Il était difficile aux chrétiens de rejeter tout à fait cet examen dans la mesure où ce sont eux à la suite des juifs qui dès le début avaient cherché à éclairer la lettre des Écritures en précisant le sens des mots à l aide de toutes les connaissances disponibles en discutant les différentes traductions existantes et en cherchant les meilleurs manuscrits Mais le recours à une science toujours plus exigeante toujours plus pointilleuse a fini par réduire les catholiques à une position défensive certains considérant comme dangereuse et en tout cas inutile la recherche biblique et se réfugiant dans des interprétations traditionnelles ou supposées telles Pendant ce temps les lectures séculières psychanalytiques socio économiques rhétoriques structurales etc de la Bible faisaient florès 14 Elles n empêchent certes pas les croyants de continuer à voir dans ces textes le message que Dieu leur adresse On est prêt à leur concéder ce surcroît de sens qui ne gêne personne puisqu il ne cherche plus à s affronter à une lecture laïque des textes sacrés Celle ci supposée admise règne en maître nonobstant d ailleurs les nombreuses querelles de chapelle qui divisent les spécialistes car malgré deux siècles d études et de recherches l unanimité est loin de régner entre les écoles et périodiquement des dogmes longtemps admis se fissurent comme la célèbre théorie documentaire du Pentateuque On pourrait penser que nous sommes là dans un cas classique de partage entre science et foi où chacun a son domaine propre sans empiéter sur celui du voisin Il y a longtemps que l on ne demande plus à la théologie de se prononcer sur l héliocentrisme et on s en trouve mieux ainsi Pourquoi la Bible ne pourrait elle être abordée de la même façon l histoire et la philologie d un côté la foi de l autre chacun chez soi sans interférence Or l interférence existe à partir du moment où les documents qui fondent la foi sont réquisitionnés par la science dans un sens qui n en respecte pas la visée car il ne s agit pas sauf pour l archéologie de documents bruts qui seraient seulement des traces du passé il s agit de témoignages où la croyance fait corps avec les données qu elle transmet Or de son côté la foi est engagée dans certains de ces énoncés et dans l affirmation de certains faits car elle ne repose pas seulement sur des vérités intemporelles elle est liée à une histoire du salut où Dieu est censé s être manifesté et avoir parlé elle ne peut donc s accommoder de toute conclusion elle n est pas une lecture spirituelle qui pourrait faire la part du feu en abandonnant la lettre aux spécialistes de l histoire et de la littérature 15 Encore une fois ce qu elle va rencontrer ce ne sont pas des analyses factuelles de mots ou de documents extraits du sol mais une certaine extrapolation qui en déduit une version alternative de la suite des événements Quand la recherche historique ne rejoint pas la foi Prenons un exemple le récit de l Exode longtemps tenu pour fondé sur des traditions anciennes est aujourd hui considéré comme une pure construction élaborée au VII e siècle avant notre ère pour faire pièce aux prétentions des grandes monarchies orientales et donner au peuple hébreu ses lettres de noblesse et son ancienneté en réalité il n y aurait eu ni exode ni conquête de Canaan mais seulement l évolution complexe de certains groupes humains installés dans cette région Dans ce cas il est évident que l accession au monothéisme n est pas le saut qualitatif qu on imagine dû à des événements qui manifesteraient la conduite d un Dieu tout puissant qui se révèle en même temps le maître du cosmos et le berger de son peuple La Loi que les Hébreux ont accueillie et approfondie n est plus liée à un moment de l histoire en réponse à l initiative du Dieu d Israël qui révèle son nom et ses exigences elle résulte de la fermentation dans un contexte particulier des principes présents dans la culture de l Ancien Orient Les deux visions sont difficilement compatibles quoi que certains en aient dit Or ce qui est en jeu ce n est pas une nouvelle affaire Galilée car il n y a pas la science à l état pur d un côté et de l autre une théologie qui se prendrait pour l expression définitive de la foi Il y a un défi lancé en même temps aux théologiens et aux savants de revoir leurs schémas d être plus attentifs à la complexité des faits de ne pas s emballer pour des reconstructions quelque brillantes qu elles soient L issue nous le savons ne peut être qu une synthèse nouvelle plus vraie et plus profonde La Bible un duo amoureux Ce que toute réflexion sérieuse sur le texte biblique devra finir par tenter c est de se mesurer à l originalité de la collection d allure hétéroclite que juifs et chrétiens vénèrent comme le canon de leurs Écritures Ce qui rapproche tous ces textes de date et de genre fort différents c est ce que certains ont appelé leur caractère dialogal 16 le fait qu ils lient de façon infiniment variée la parole de Dieu et la parole de l homme Jamais ils ne se veulent seulement une proclamation faite par Dieu et que les hommes n auraient plus qu à écouter 17 Les lecteurs musulmans s en aperçoivent vite qui nous font remarquer que l on trouve sans cesse dans la Bible des phrases du genre alors Moïse monta sur la montagne et là Dieu lui dit dans vos Écritures nous disent ils il y a donc autre chose que la parole de Dieu Eh bien oui et cette autre chose est encore parole de Dieu Quand le croyant prie et se tourne vers Dieu dans les psaumes c est encore en mentionnant les paroles de Dieu mon cœur m a redit ta parole cherchez ma face Ps 27 8 Et quand c est l homme qui parle qui réfléchit sur Dieu et sur le monde c est encore face à Dieu en tenant compte de sa réaction comme Job qui philosophe sur la vie en sachant bien que Dieu va le reprendre et donner la conclusion j ai dit mon dernier mot à Shaddaï un des noms de Dieu de me répondre Jb 31 34 Le Cantique des Cantiques si particulier dans l ensemble donne sans doute la clef du tout 18 quand il présente la parole de la Bien Aimée comme sans cesse référée à ce qu elle a déjà reçu de l Époux c est par elle que l Époux se fait entendre au point qu on a soupçonné une origine féminine de ce texte 19 La réalité d une alliance nuptiale est le présupposé de toute la Bible Si elle ressortit aux règles générales de la linguistique si on peut lui appliquer toutes les grilles d analyse que l on voudra il faudra toujours tenir compte du fait qu elle n est pas un texte comme les autres parce que son positionnement n est pas celui d un locuteur solitaire qui cherche à expliquer à justifier à convaincre ou à séduire L homme qui s exprime dans la Bible et qui est chaque fois un véritable auteur comme l enseigne le concile Vatican II 20 se situe d abord dans un dialogue amoureux avec ce Dieu qui a conquis son cœur et illuminé ses yeux S il parle c est sous son contrôle c est avec le désir de lui faire honneur Que les paroles de ma bouche et le murmure de mon cœur soient agréés en ta présence Seigneur mon roc et mon défenseur Ps 19 15 Sous le signe du respect D où le respect si caractéristique qui émane de l ensemble de l Ancien Testament et du Nouveau S il y a une relecture et donc une réécriture parfois très visibles ce n est jamais avec la volonté de plier les documents du passé aux nouveaux impératifs idéologiques nés des circonstances Comment expliquer sans cela tant de vestiges incompréhensibles pieusement conservés Comment comprendre que des textes plus récents loin d ajouter des détails selon un procédé d accumulation stylisent au contraire les énoncés précédents etc Pourtant il ne s agit pas non plus d un fixisme a priori car Dieu ne cesse d appeler à de nouveaux développements comme on le voit dans la rédaction successive des lois d Israël mais ces développements se font dans une continuité vivante à ce qu on continue de recevoir comme un don de Dieu Ce respect se vérifie tout spécialement quand est en jeu un rapport à l histoire On peut inventer une pieuse fiction quand il s agit d illustrer une vérité morale ou de mettre en scène le chemin du croyant à travers l histoire de Tobie ou de

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