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  • N° 147-148 (mars-juin 2012) : Foi, croyances et superstitions : La foi des Apôtres - Revue Résurrection
    ne demande pas de témoin privilégié ni de foi en ce témoin Ce que saint Paul a reçu et qu il doit transmettre c est que dans cette mort de Jésus se manifeste ce qui a été annoncé par les Écritures à savoir que la mort du Messie messie christ aurait un caractère salvifique Mais reconnaître cela c est reconnaître par là même que le kérygme loin d être une première annonce à un païen qui ignorerait tout du christianisme est en réalité la profession de foi d un juif qui a reconnu en Jésus le Messie d Israël Si nous relisons à cette lumière le livre des Actes des apôtres nous découvrons que la première prédication chrétienne a été faite par des juifs connaissant les Écritures à l adresse d autres juifs connaissant eux aussi les Écritures Le thème fondamental de cette prédication est que Jésus est le Messie annoncé par les prophètes Les juifs devenus chrétiens affirmaient qu en Jésus les Écritures étaient accomplies Devenir disciples de Jésus c est porter la foi juive à sa plénitude Le privilège apostolique avoir vécu avec Jésus et l avoir vu vivant après sa mort est alors compris simplement comme l expérience de ce qui rend possible un tel accomplissement de la foi Mais cette expérience loin d annuler la foi donne à celle ci sa perfection La foi des apôtres et de leurs premiers disciples juifs devenus chrétiens n est donc pas à penser comme une adhésion volontaire à des affirmations inévidentes ni comme une attitude spirituelle d abandon à Dieu sans contenu précis ni comme une expérience religieuse passagère Elle est une intelligence de l ensemble de ce que nous appelons Ancien Testament et que toujours le Nouveau Testament nomme simplement les Écritures Une telle intelligence entre inévitablement en conflit avec l interprétation rabbinique des juifs qui ne reconnaissent pas Jésus comme Messie Mais jamais les premiers chrétiens n auraient admis que leur lecture des Écritures est une surinterprétation une projection de leur conviction sur des textes qui voulaient dire en fait autre chose Ils n ont jamais dit que placés devant le mystère de Jésus ils ont utilisé les Écritures simplement comme une illustration de leur propos en imposant à ces textes un sens qui leur serait extérieur Bien au contraire ils avaient le sentiment d accéder à la vérité de ces textes et à leur unité C est sans doute saint Paul qui a le mieux exprimé cette intuition en soulignant qu à ses yeux l interprétation qui fut la sienne avant sa conversion n accède que de façon voilée c est à dire imparfaite à la vérité des textes Ayant donc cette espérance nous usons d une grande liberté et nous ne faisons pas comme Moïse qui mettait un voile sur son visage pour que les fils d Israël ne fixassent pas les regards sur la fin de ce qui était passager Mais ils sont devenus durs d entendement Car jusqu à ce jour le même voile demeure quand ils font la lecture de l Ancienne Alliance et il ne se lève pas parce que c est en Christ qu il disparaît Jusqu à ce jour quand on lit Moïse un voile est jeté sur leurs cœurs mais lorsque les cœurs se convertissent au Seigneur le voile est ôté Or le Seigneur c est l Esprit et là où est l Esprit du Seigneur là est la liberté Nous tous qui le visage découvert contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur nous sommes transformés en la même image de gloire en gloire comme par le Seigneur l Esprit 2 Sans entreprendre une exégèse approfondie de ce texte exceptionnellement dense et riche en allusions nous remarquons simplement l opposition qui est faite entre les fils d Israël non convertis à Jésus et les disciples de Jésus Cette opposition concerne la lecture de l Ancienne Alliance Un voile est posé sur le cœur des fils d Israël non convertis Le cœur désigne l intelligence L image du voile indique que l intelligence est comparable à une vision rendue imparfaite par le voile Il faut que le voile tombe pour que la vision devienne parfaite Pour saint Paul il est clair que en ce qui concerne l Ancien Testament il convient de bien distinguer la compréhension imparfaite celle des juifs non convertis et la compréhension plénière accordée aux disciples de Jésus La compréhension imparfaite correspond à ce que la tradition ancienne de l Église nommait sens littéral et que nous pourrions nommer sens premier il s agit de ce que l auteur humain entendait exposer Ce sens premier de l Ancien Testament déjà inspiré est riche de toute une théologie et de toute une spiritualité Il faut donc l étudier avec soin Mais l auteur humain est lui même pris en charge par le Saint Esprit qui donne à l Ancien Testament son unité et sa plénitude La signification première est ressaisie à un tout autre niveau quand nous découvrons que le Saint Esprit à travers ces textes nous parle de Jésus Essayons donc de percevoir plus précisément ce que fut à l origine de l Église la foi des Apôtres On peut penser que le jour de la Pentecôte les Apôtres ont reçu une intuition fulgurante que l on peut décrire approximativement de la manière suivante D une part de nombreux passages des Écritures parlent du Messie à venir même lorsque le mot messie n apparaît pas Un certain nombre de figures messianiques semblent ainsi faire l objet principal de ces Écritures D autre part toutes ces figures convergent en la personne de Jésus ressuscité C est cette intuition qui est indiquée dans la première confession de foi Dieu l a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié 3 C est ce caractère messianique de Jésus qui était l objet central de la prédication et qui était au centre de la controverse avec les juifs non convertis 4 Cependant la foi des Apôtres

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  • N° 147-148 (mars-juin 2012) : Foi, croyances et superstitions : Histoire et structure du symbole des Apôtres - Revue Résurrection
    voulait y voir un résumé tardif du Credo de Nicée Constantinople et d autres en remirent dans l hypercritique sans nuances la brèche était faite où s engouffra la critique humaniste puis moderne Érasme nota avec bon sens Si le symbole qu on appelle des apôtres a été procuré par les apôtres eux mêmes je n en sais rien du moins porte t il la marque de la majesté et de la pureté apostoliques 13 Origine et développement Si le caractère légendaire tout comme la vertu didactique des récits que nous venons d évoquer est clair les recherches historiques 14 peuvent confirmer l antiquité du symbole catéchisme le plus ancien de la chrétienté 15 lié à la liturgie baptismale romaine mais dont les éléments et la double forme christologico trinitaire sont déjà dans le Nouveau Testament et sont répandus dans toutes les Églises naissantes Ainsi le symbole exprime réellement sous une forme condensée la foi que les apôtres avaient reçu mission de répandre 16 Le symbole baptismal romain ne fut pas le seul symbole ni le seul résumé de la foi de nombreux textes circulèrent d une grande diversité de genres littéraires et de fonctions pouvant être liturgiques catéchétiques mnémotechniques Notre symbole rapproche deux modèles de formules un modèle trinitaire et un modèle christologique l amalgame ayant eu probablement lieu au cours de la première moitié du IIe siècle 17 Les deux formes circulent dès l origine 18 très anciennement on trouve des résumés de la foi présentés comme des développements christologiques ou de façon trinitaire très anciennement dès le Nouveau Testament on parle à la fois de baptême au nom du Seigneur Jésus et de baptême au nom du Père du Fils et du Saint Esprit 19 fait par triple immersion qui plus est Lubac met en garde contre l idée d un passage entendu univoquement des formules christologiques aux formules trinitaires Il s agit ici de ne pas opposer christologie et triadologie économie et théologie il y a une homogénéité nécessaire entre le Dieu pour nous et le Dieu pour lui même 20 Le symbole est quasiment en son entier un tissage de formules voire de regroupement de formules tirés du Nouveau Testament La prédication de saint Pierre lors de la Pentecôte Ac 2 31 39 contient déjà l essentiel de la deuxième partie du symbole Jésus est Seigneur et Christ il a été crucifié et mis à mort il a passé par les enfers Dieu l a ressuscité il a été exalté à la droite de Dieu D autres formulations du Nouveau Testament peuvent avoir servi de résumés de la foi 21 ainsi la façon dont Paul exprime ce qu il a reçu et transmet en 1 Co 15 3 Rm 1 34 contient d autres éléments de foi qui se retrouveront dans le symbole relations aux prophéties de l Écriture filialité et y inscrit l Esprit 1 P 3 18 22 ajoute la mention de la droite du Père et de la descente aux enfers cf Ep 4 9 On voit dès le texte des Actes 19 1 5 que dans le contexte baptismal les ancrages christologique et trinitaire sont liés puisque Paul comprend par l ignorance des disciples de l existence de l Esprit Saint qu ils n ont pu recevoir le vrai baptême fait au nom du Seigneur Jésus Vers l an 110 saint Ignace d Antioche exprime de façon ramassée la foi en Jésus Christ né de la race de David né de Marie qui a été réellement engendré a réellement mangé et bu a réellement souffert persécution sous Ponce Pilate a réellement été crucifié est mort sous les regards du ciel de la terre et des enfers qui est aussi réellement ressuscité d entre les morts 22 Si on trouve deux formules trinitaires sans ancrage liturgique a priori dans la lettre de saint Clément de Rome datée de l an 96 58 2 46 6 saint Justin offre à la fois une formule trinitaire dont chaque article est déjà quelque peu développé Nous adorons le Créateur de cet univers nous adorons Jésus Christ qui fut crucifié sous Ponce Pilate en qui nous voyons le Fils du vrai Dieu nous le mettons au second rang et en troisième lieu l Esprit prophétique 23 et des développements christologiques qui rassemblés contiennent tous les éléments de la deuxième partie du symbole actuel 24 Saint Irénée fournit des exemples plus développés encore d une expression en trois articles mentionnés comme tels de la base de l édifice de la foi du canon de la vérité reçu au baptême Dieu le Père incréé inengendré invisible Dieu unique Créateur de tout c est le premier article de notre foi Quant au second article le voici c est le Verbe de Dieu le Fils de Dieu Jésus Christ notre Seigneur qui est apparu aux prophètes en la forme décrite dans leurs oracles et selon l économie spéciale du Père le Verbe par qui tout a été fait et qui dans la plénitude des temps pour récapituler et contenir toutes choses s est fait homme né des hommes s est rendu visible et palpable afin de détruire la mort et de rétablir l union entre Dieu et l homme Quant au troisième article c est le Saint Esprit qui a parlé par les prophètes a enseigné à nos pères les choses divines et a conduit les justes dans la voie de la justice 25 Notons le très fort caractère trinitaire de la reformulation suivante par Irénée La foi en un seul Dieu Père tout puissant qui a fait le ciel et la terre et les mers et tout ce qui s y trouve et en un seul Christ Jésus le Fils de Dieu qui s est incarné pour notre salut et en un Esprit Saint qui par les prophètes a annoncé les économies et les avènements la naissance virginale la passion la résurrection d entre les morts l ascension corporelle dans les cieux du bien aimé Christ Jésus notre Seigneur et sa parousie quand des cieux il apparaîtra à la droite du Père pour tout restaurer et ressusciter toute chair de toute l humanité afin que devant le Christ Jésus notre Seigneur Dieu Sauveur et Roi selon le bon plaisir du Père invisible tout genou fléchisse au ciel sur terre aux enfers 26 Cependant le Sitz im leben du symbole est la liturgie baptismale On sait que au moins au IVe siècle mais probablement avant la préparation au baptême à Rome comprenait le cinquième dimanche du carême la remise solennelle du symbole aux catéchumènes la traditio symboli 27 ainsi que le matin du Samedi saint la récitation publique sur une estrade dudit symbole par les futurs baptisés du lendemain competentes qui le rendent ainsi intact à Dieu la redditio symboli 28 Il s agissait là d un rite très important de la liturgie baptismale accompli personnellement par chaque catéchumène d où le singulier Credo Cet antique ancrage liturgique du symbole des apôtres est confirmé par la Tradition apostolique de saint Hippolyte écrite vers l an 200 Que celui qui doit être baptisé descende dans l eau et que celui qui le baptise lui impose la main sur la tête en disant Crois tu en Dieu le Père tout puissant Et que celui qui est baptisé réponde Je crois Qu il le baptise alors une fois en lui tenant la main posée sur la tête Puis qu il lui dise Crois tu au Christ Jésus le Fils de Dieu qui est né par l Esprit Saint de la Vierge Marie est mort et a été enseveli est ressuscité vivant des morts le troisième jour est monté aux cieux est assis à la droite du Père viendra juger les vivants et les morts Et quand il aura dit Je crois qu il le baptise de nouveau Qu il lui dise de nouveau Crois tu au Saint Esprit en la sainte Église et en la résurrection de la chair Que celui qui est baptisé dise Je crois Et ainsi qu on le baptise une troisième fois 29 Notons par comparaison alors que Tertullien témoigne de l existence d un symbole très proche 30 dans les Églises d Afrique qu il existe parmi les symboles baptismaux du II e siècle en Asie mineure l ainsi nommée forma antiquissima tirée de la Lettre des Apôtres apocalypse composée en grec peu après 150 Je crois au Père le tout puissant et en Jésus Christ notre Sauveur et au Saint Esprit le Paraclet et à la sainte Église et à la rémission des péchés en Égypte le rituel tiré du papyrus de Der Balyzey datant de la fin du II e siècle qui change seulement Sauveur en Fils unique et Seigneur et rémission des péchés en résurrection de la chair Il ressort du texte d Hippolyte croisé avec les diverses formules de Tertullien que l Église romaine vers la fin du II e siècle avait déjà un symbole baptismal avec sa structure actuelle c est à dire trois parties dont la deuxième contient un développement christologique complet Il s agit d un texte continu rédigé en langue grecque dès la fin du IIe siècle donc se fixant au cours du III e siècle pour atteindre un texte quasi complet soulignons que nous ne pouvons parler que des manifestations écrites partielles du symbole et qu une forme de discipline de l arcane semble à son sujet encore en vigueur à la fin du IV e siècle 31 le textus antiquus qui a de petites divergences avec le textus receptus manque surtout la descente aux enfers et la communion des saints ainsi que créateur du ciel et de la terre 32 Ce textus antiquus est d abord attesté en grec par Marcel évêque d Ancyre dans une lettre 33 qu il écrit en 340 au pape Jules pour l assurer de sa communauté de foi avec l Église de Rome puis en latin par Rufin d Aquilée 34 Selon Rufin ledit symbole existait sans ajout depuis longtemps ce qu il explique par le fait qu aucune hérésie n y est née et que ceux qui vont recevoir la grâce du baptême proclamant le symbole devant le peuple des fidèles celui ci n admettrait pas qu on ajoutât fût ce un seul mot au symbole transmis par ceux qui nous ont précédés dans la foi Ledit textus antiquus se trouve aussi dans la lettre 35 du concile de Milan à Sirice en 390 lettre qui porte la première attestation de son titre Symbolo apostolorum Témoins de son succès Cyrille de Jérusalem et Théodore de Mopsueste lui consacrèrent des catéchèses On peut constater qu il avait vraiment douze articles alors que l actuel en a quatorze 36 ce qui encouragea le développement légendaire dont nous avons traité On trouve le texte exact du symbole dans son textus receptus pour la première fois dans le Scarapsus de saint Pirmin 37 écrit entre 710 et 724 mais déjà à un ou deux mots près dans un sacramentaire gallican du milieu du VII e siècle et avec des variantes minimes dans un sermon de saint Césaire d Arles au début du VI e siècle 38 Structure et caractère du symbole La structure du symbole n est pas d abord à comprendre suivant son découpage en douze ou quatorze articles ce qui risquerait de le réduire à une sèche énumération de vérités à croire toutes ont au contraire une co aptation 39 mutuelle pour s articuler en un ensemble organique On a aussi voulu le diviser en deux parties l une concernant la divinité et les choses éternelles et l autre concernant l humanité du Christ et son œuvre dans le temps Mais cette division théorique et abstraite bouleverse l ordre des articles traditionnellement reçu Sa structure en est ternaire parce que sa substance l est commençant par la première personne divine et l œuvre de la Création il traite ensuite de la deuxième personne divine et du mystère de la Rédemption des hommes et enfin de la troisième personne divine source et principe de notre sanctification quoique chaque personne n agisse jamais séparément des deux autres Le symbole révèle une trinité économique dont la révélation est une révélation en acte Dieu nous ouvre son être intime en nous dévoilant son dessein d amour le salut des hommes par l Incarnation rédemptrice de son Fils qui nous introduit dans la connaissance et dans l amour de la Trinité Il ne s agit pas d un théorème sacré de métaphysique révélée mais d une réponse à l appel de Dieu Les trois articles nommant les personnes divines sont les articles principaux les cellules mères 40 autour desquels s articulent les autres et ce n est qu en ces trois personnes que s applique en toute rigueur le solécisme chrétien credere in croire en qu a tant souligné le P de Lubac nous croyons en le Fils mais nous croyons à la communion des saints Le cardinal Ratzinger souligne la spécificité du symbole romain face à la pluralité des symboles orientaux ancrés dans la compréhension cosmo métaphysique de la foi il met davantage l accent sur l histoire du salut sur l élément christologique ancré dans la positivité de l histoire chrétienne 41 Le symbole des apôtres a donc son caractère propre n étant pas une de ces compositions savantes 42 ni un exposé doctrinal abstrait mais un symbole baptismal avec un aspect doxologique lié par son autre nom de confession au témoignage suprême et public des martyrs Comme on l a vu le développement du symbole qu Origène 43 et après lui Rufin puis Cassien 44 a pu appeler verbum abbreviatum selon l expression venue d Isaïe et reprise par saint Paul rejoint une conception de la foi comme ayant un centre d où part tout le contenu Qu il s agisse de l objet de la foi ou de l ensemble des sujets qui croient la foi chrétienne est donc une comme la Trinité est une et si le dogme se développe et s actualise si le mystère se condense et s approfondit c est toujours à l intérieur du cercle parfait du Credo 45 Reste à redire que la charité est au principe et au terme du symbole En effet nous dit saint Augustin pour jouir de ce qu on sait il faut l aimer or jouir de la Sagesse de Dieu n est pas autre chose que lui être uni par l amour et sans l amour personne ne persévère dans ce qu il apprend 46 Par ailleurs si le symbole sert de ciment à la société des chrétiens le but de cette société est le culte spirituel la recherche de la perle de grand prix qui est la charité à laquelle on parvient par la foi que contient ce symbole 47 Alors il sera bien la méditation de notre cœur la garde toujours présente le trésor de notre âme 48 Adélaïde de Montpellier responsable du groupe Saint François de Sales à Résurrection Juriste en droit des sociétés Jérôme Levie ancien élève à l École Normale Supérieure poursuit actuellement une thèse de physique théorique et une maîtrise de philosophie 1 Henri de Lubac La Foi chrétienne Essai sur la structure du symbole des apôtres Œuvres complètes V Cerf 2008 p 371 2 Augustin De fide et symbolo c 1 cf Rm 10 10 On peut aussi citer Bossuet Histoire des variations l 5 n 32 Œuvres Lachat t 14 p 205 La religion dont le premier acte est de croire comme le second est de confesser cf le sermon 23 d Yves de Chartres consacré au symbole PL 162 604 BC Le chapitre X de La Foi chrétienne op cit Foi et profession de foi est consacré à ce problème 3 Cf Tb 4 20 5 3 Augustin dans ses Sermons 212 1 et 214 12 utilise cette analogie avec le pacto fidei des négociants Sur les divers sens réels ou supposés du mot en grec et en latin cf de Lubac op cit 393 406 4 Augustin Sermon 214 12 5 Tertullien De praescriptionibus haereticorum 36 Tessera tesson d argile correspond au symbolon grec 6 Catéchisme du concile de Trente I 1 2 7 Origène Traité des Principes I Sources chrétiennes 252 Cerf 1978 Préface 3 l 44 48 Sancti apostoli quaecumque necessaria crediderunt omnibus credentibus manifestissime tradiderunt Cf Tertullien De praescriptione haereticorum 37 Avançons dans cette règle de foi l Église l a reçue des apôtres les apôtres du Christ et le Christ de Dieu 8 Rufin d Aquilée Commentaire du symbole des apôtres 2 Cf Jérôme Contre Jean de Jérusalem 28 Le symbole de notre foi et de notre espérance fut transmis par les apôtres 9 Ambroise Explanatio symboli n 8 Cerf Sources chrétiennes 25 bis 1961 p 56 10 Pseudo Augustin Sermons 240 et 241 PL 39 2189 et 1290 11 À la suite de Filippo Barbieri Discordantiae nonnullae inter sanctos Hieronymum et Augustinum 1581 apparaît même en 1505 un livre anonyme dédié à Anne de France ayant pour titre La Conformité concordance et assonance des Prophètes et Sybilles aux douze articles de la foi 12 Bonaventure Commentaire des Sentences de Pierre Lombard in 3 Sent 25 13 Érasme Opera omnia t 5 p 92 14 Sur l histoire du Symbole voir outre le livre cité du P de Lubac F Kattenbusch Das Apostolische Symbol I 1884 II 1900 éd Darmstadt 1962 J de Ghellinck Patristique et Moyen Age I Paris 1949 J N D Kelly Early Christian Creeds London 1950 W Trillhaas Das Apostolische Glaubensbekenntnis Geschichte Text Auslegung Witten 1953 sœur Gabriel Peters Lire les Pères de l Église cours de patrologie Desclée de Brouwer 1981 plusieurs chapitres dont celui sur l histoire du Symbole sont consultables en ligne sur www patristique org 15 Josef Andreas Jungmann L Annonce de la foi trad R Virion Mulhouse 1965 p 20 16 Henri de Lubac op cit p 519 17 Sœur Gabriel Peters Lire les Pères de l Église op

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  • N° 147-148 (mars-juin 2012) : Foi, croyances et superstitions : La vérité de la foi ou la foi en la vérité ? - Revue Résurrection
    sur d autres bases Les chrétiens des premiers siècles pourtant bien minoritaires dans un monde plus cultivé que le nôtre n avaient pas ces scrupules Ils savaient que le Verbe qu ils avaient contemplé dans la chair était la lumière du monde Jn 8 12 9 5 qu il illuminait tout homme venant en ce monde Jn 1 9 L intelligence humaine avant même toute adhésion personnelle à la foi était faite pour cette Parole qui est en Dieu cette Raison au delà de toute raison qui est la logique de Dieu Saint Jean en prenant le thème du Logos savait ce qu il faisait et même si les sources purement bibliques de la Parole de Dieu sont également présentes chez lui il n a pu ignorer la richesse sémantique du terme de logos à la fois parole raison et proportion 3 Déjà le Logos grec dans son surgissement à l aurore de la philosophie reposait sur une alliance native entre l être et la parole la parole révélant la structure intelligible de tout ce qui est comme l art grec faisait voir la vérité des formes Il a fallu les ravages de la sophistique pour voir suspecté le lien premier entre la parole et la vérité Mais toute la pensée de Platon est une tentative de reconquête de cet accord Il est caractéristique que les premiers apologètes du christianisme à commencer par saint Justin se soient plutôt glissés sous le manteau du philosophe que sous le déguisement du hiérophante des religions à mystères 4 Naguère le cardinal Ratzinger attirait l attention sur les représentations du Christ philosophe sur les sarcophages paléochrétiens Curieusement ce ne sont pas les figures issues de l histoire sainte mais celle de l homme en quête du sens de la vie porteur d une lumière sur la mort et l au delà qui a semblé le mieux à même de figurer la nouveauté du Christ 5 Les chrétiens se sont d emblée situés sur le terrain de la vérité en un temps où la religion qu elle fût civique ou initiatique n avait besoin que de l autorité de la coutume ou de l appel du sentiment L audace conceptuelle des Pères de l Église ne peut se comprendre que parce qu ils avaient conscience de disposer au sein de leur foi d une source d intelligence qui leur permettait d aborder tout le champ de la réflexion humaine avec un étalon de mesure un canon de vérité qui leur faisait discerner dans toute pensée philosophique ou autre ce qui consonnait avec le Logos ce qui était dans sa logique et ce qui au contraire s y opposait parce que au plus profond toute vérité tout logos vrai même partiel venait de lui Loin de devoir se justifier devant une instance étrangère ils avaient découvert dans les Écritures des ressources inouïes pour comprendre l homme et son histoire en y intégrant tout ce que l intelligence humaine même profane a pu en dire de juste à leur sujet Mais loin de penser qu ils disposaient ainsi d un savoir absolu les Pères soulignent à tout propos que la vraie connaissance de Dieu se fait dans le silence de la prière 6 que la discussion n est rendue nécessaire qu à cause des attaques des hérétiques 7 Le Verbe qui est à la source de toutes les semences de vérité ne se livre pas à ses amis sans le détour de ce qu on appellera plus tard une analogie sans que leurs réflexions aient été passées au feu d une négation qui brûle jusqu aux racines la volonté de s en approprier le contenu en le soumettant aux fourches caudines de notre logique binaire Pourtant c est bien dans ce rapport originel de Dieu et de son Verbe dans l embrasement de l Esprit identité conservée dans la différence que se trouve le fondement de toute proposition vraie que peut énoncer l intellect humain qui lie ensemble un sujet et un prédicat Notre logique est dans son fond une participation à la vie trinitaire mais une participation qui ne se révèle que si l on est en contact avec la Source Le Verbe est la vérité mais cette vérité n est nôtre que moyennant l effort toujours à recommencer pour nous en approcher dans l humilité et la patience et pour en recevoir la lumière Nous avons reçu en dépôt l Écriture qui porte la trace indépassable de la Révélation divine opérée dans le Fils elle nous dit tout ce que nous avons à savoir pour notre salut si nous la recevons dans l Esprit qui l a inspirée et qui est aujourd hui présent dans l Église Là est notre Sagesse là notre Vérité Ici nous retrouvons le sens purement biblique de la notion de vérité émet souvent traduit par fidélité et qui est de la même racine que le mot foi émon ce que Dieu dit est sûr solide on peut s y fier il n est ni capricieux ni trompeur ses volontés font loi pour l univers Sans démentir la vision grecque de la vérité comme dévoilement de l être des choses a lèthès privatif de lanthanô tenir caché ou la compréhension plus moderne comme conformité de l intellect avec la chose nous comprenons que notre expérience de la vérité est d abord celle de la confiance en Celui qui est au principe de tout et qui nous fait confidents de ses mystères si nous nous ouvrons à lui par une vie droite et une attention pleine de respect Nécessaire ontologie Renoncer à affirmer la vérité de notre foi reviendrait à se résigner à une position régionale purement culturelle au sein d un ensemble appelé religions comme si la Bonne Nouvelle n était qu une croyance parmi d autres un point de vue particulier qui n engagerait pas Celui qui est à la source de l être des choses Il est possible que certains courants religieux puissent accepter cette situation et vivre dans

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  • N° 147-148 (mars-juin 2012) : Foi, croyances et superstitions : La superstition comme défiguration du rite - Revue Résurrection
    Foi croyances et superstitions La superstition comme défiguration du rite Clément Pussiau Page réservée Cette page est à accès restreint Identifiants personnels Login identifiant de connexion au site mot de passe oublié Imprimer cette page Retour à l accueil Revue

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  • N° 147-148 (mars-juin 2012) : Foi, croyances et superstitions : Libres propos sur la vraie foi - Revue Résurrection
    Foi croyances et superstitions Libres propos sur la vraie foi Reparatus Page réservée Cette page est à accès restreint Identifiants personnels Login identifiant de connexion au site mot de passe oublié Imprimer cette page Retour à l accueil Revue Résurrection

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  • N° 147-148 (mars-juin 2012) : Foi, croyances et superstitions : Plan-guide pour le pèlerinage de Vézelay du 2 et 3 juin 2012 - Revue Résurrection
    superstitions Plan guide pour le pèlerinage de Vézelay du 2 et 3 juin 2012 Résurrection Page réservée Cette page est à accès restreint Identifiants personnels Login identifiant de connexion au site mot de passe oublié Imprimer cette page Retour à

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  • N° 147-148 (mars-juin 2012) : Foi, croyances et superstitions : « Sur ta parole, je jetterai le filet ». Retour sur la pratique éducative de Maxime Charles - Revue Résurrection
    à la mission Ainsi nous étions comme revêtus de son propre sacerdoce Ceci explique le nombre considérable de vocations qu il a suscitées Par là même nous bénéficiions d une formation intégrale à notre vie humaine et chrétienne Nous devenions capables d élever en nous élevant rencontrer Mgr Charles nous faisait vivre l expérience d Abraham qui quitte son pays pour une quête où va prendre naissance le creuset du salut Il nous a transmis une force qui nous dit d avancer quoiqu il en soit Ce groupe au service de l évangélisation s appelait les missionnaires Appartenir à ce groupe était une immense fierté Là encore l attention dont nous étions l objet s accompagnait d une grande exigence À titre d exemple que nous ayons été lycéen ou étudiant il veillait à la réussite de nos études évitant ainsi que notre engagement soit une fuite Il fallait être les meilleurs possibles pour le Royaume Pour tous ceux qui l ont connu le P Charles nous rendait meilleur par son sacerdoce N essaie pas fais le ou ne le fais pas Les initiés reconnaîtront l origine de cette phrase Elle s applique parfaitement à la pédagogie de Maxime Charles Un problème récurrent que rencontre un éducateur est de faire passer la personne à laquelle il a affaire des bonnes intentions ou des velléités aux actes Il est relativement facile de s accorder sur les grands principes ou les généralités mais lorsque ce premier objectif est atteint rien n est encore fait La mission l évangélisation l attention aux autres aux pauvres et aux malades est un ensemble vite transformé en un corpus de valeurs honorables et confortables Dès qu il faut passer à l acte il en est autrement d accord pour l évangélisation mais on ne va quand même pas s adresser à un incroyant et lui dire explicitement qu il est vital pour lui de rencontrer le Christ dans les sacrements D accord avec l attention aux pauvres donc d accord pour donner de l argent ou agir pour s en procurer pour leur cause mais on ne va quand même pas vivre avec eux Maxime Charles ne s arrêtait pas là où tout le monde est d accord il nous demandait de faire et les actions étaient détaillées de telle sorte qu elles pouvaient faire l objet d une formation Car évangéliser suppose de communiquer de manière argumentée Il faut donc apprendre à le faire bien On passe donc de la vague intention il faut évangéliser à on le fait et on apprend à le faire de manière compétente Tout éducateur devant évaluer le P Charles évaluait si on avait fait ou pas Dans le domaine religieux et plus précisément dans celui de l évangélisation il est fréquent de considérer que le résultat ne compte pas Si il est évident que beaucoup des résultats sont invisibles notamment à court terme il reste néanmoins que certains aspects sont parfaitement mesurables Y a t il plus ou moins

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  • N° 147-148 (mars-juin 2012) : Foi, croyances et superstitions : Exégèse d'oralité, Tome I (P. Frédéric Guigain) - Revue Résurrection
    paroles effectivement prononcées par le Christ le P Guigain ne craint pas d affirmer qu une part largement majoritaire du contenu des Évangiles est une transcription directe de son enseignement Ces grands traits sont appuyés par de nombreux détails L envoi des disciples deux par deux est un trait typique de la transmission orale il permet la vérification mutuelle en chemin de la bonne mémorisation de l enseignement De plus rappelant qu une communauté était constituée au minimum d un rabbi et de six lecteurs des six sections hebdomadaires du sabbat le P Guigain relève la croissance progressive de la communauté des disciples par cercles concentriques réguliers définis par ce nombre six Jésus choisit six disciples parmi ceux du Baptiste puis six autres les envoyant deux par deux puis la communauté croît par multiples de six 72 puis 500 après la Résurrection c est à dire 72 x 6 nouveaux disciples ajoutés aux précédents puis 3000 à la Pentecôte À chaque étape un disciple se voit ainsi confier six nouveaux disciples pour leur transmettre selon le même modèle l enseignement oral reçu garantissant ainsi la fidélité du témoignage Loin d un enseignement oral indéterminé et d une progression désordonnée la croissance de la première communauté manifesterait au contraire une parfaite organisation au service de la transmission d une prédication précisément élaborée s appuyant sur une structure hiérarchique au sommet de laquelle les douze Apôtres sont les garants ultimes de la fidélité de ce qui est enseigné ce qui explique également la nécessaire élection de Matthias pour remplacer Judas et conserver une structure parfaite De plus rappelant le rôle des cinquante jours qui séparent la fête de la Pâque de celle de la Pentecôte dans le judaïsme du second Temple pendant lesquels les rabbis et leurs disciples se remémorent toute la Torah jusqu à une mémorisation complète couronnée par une effusion de l Esprit le P Guigain propose de voir dans les cinquante jours qui suivent la Résurrection le moment où les disciples ont opéré la remémoration de tout l enseignement du Christ en parcourant à nouveau en un seul parcours tous les lieux traversés à sa suite et y rappelant chaque fois ce qu il y a dit et accompli Ce parcours de Jérusalem à Jérusalem en passant par la Galilée avec au centre la manifestation de Jésus aux cinq cents sur le mont Hermon est en quelque sorte la matrice des Évangiles dans leur forme définitive expliquant notamment pourquoi les synoptiques présentent la prédication de Jésus en un unique mouvement réunissant en un unique lieu textuel selon un critère géographique les trois passages du Christ à cet endroit Comment passe t on alors aux quatre Évangiles écrits que nous connaissons Il s agit pour le P Guigain de mises par écrit en vue de la récitation liturgique La première conformément à ce qu affirme la tradition la plus ancienne serait celle de Matthieu couvrant le cycle synagogal long octobre mai tandis qu une seconde version plus concentrée celle de

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