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  • N° 137 (juillet-août 2010) : Le prêtre, signe de contradiction : Éditorial - Revue Résurrection
    un clergé marié et bien inséré dans la vie comme on dit Mais derrière ce changement qu on pourrait croire mineur car il ne remet en cause croit on qu un aspect de la discipline ecclésiastique c est toute une vision de l Église qui est en jeu au lieu d être cette enclave du ciel venue d ailleurs pour ouvrir ce monde à la provocation de Dieu et le préparer au retour du Seigneur elle serait là au contraire pour lui permettre de se construire dans son autonomie dans un sens toujours plus humain Après les règnes de Jean Paul II et de Benoît XVI réputés hostiles à toute évolution en ce domaine les partisans d un changement radical fourbissent leurs armes en ce moment et le choc s annonce rude Ce numéro de Résurrection voudrait humblement apporter sa contribution à une refondation de l identité sacerdotale en partant de cette conviction que ce n est pas le sacerdoce apostolique qui doit changer en se conformant aux modèles du monde en renonçant à être le sel de la terre et la lumière du monde mais c est toute l Église qui doit se renouveler dans sa fidélité au Christ après des années d affaiblissement intérieur Ce dont souffrent les prêtres aujourd hui ce ne sont pas des prétendues contraintes imposées par l autorité de l Église c est de l ambiance générale qui dévalue le sacrifice qui relativise la foi qui prône une fausse égalité Conformément à sa mission intellectuelle la revue Résurrection voudrait s efforcer de fonder théologiquement ce qui est tout autre chose qu une position de circonstance ou un attachement au passé Après l habituel billet sémantique qui nous permet de voir clair dans le sens des mots prêtre et sacerdoce et de comprendre la raison

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  • N° 137 (juillet-août 2010) : Le prêtre, signe de contradiction : Chronique sémantique - Revue Résurrection
    de place pour la liberté et la différence qui constitue chaque personne humaine dans son identité propre et inviolable Il nous faut lever les yeux vers notre Maître Quand il commence sa vie publique Jésus de Nazareth se comporte comme un enseignant et un thaumaturge il réunit des hommes autour de lui les instruit il parle aux foules du règne de Dieu il guérit les malades C est une fonction connue dans le peuple d Israël la fonction de rabbi et c est bien ainsi que l appellent ses disciples ou ses interlocuteurs les plus ouverts quand les Évangiles nous gardent la saveur de la langue araméenne Nathanaël reprit Rabbi tu es le Fils de Dieu Jn 1 49 Il n a rien à voir avec les prêtres et cela est normal puisqu il n est pas de la tribu de Levi mais de celle de Juda comme son ancêtre David et il entre même en opposition violente avec les prêtres de plus en plus violente au cours de sa vie publique puisqu il est condamné à mort à l instigation du Grand Prêtre pour blasphème Mc 14 63 64 Si Jésus apparaît donc comme une autorité pour son peuple ou du moins une partie du peuple juif ceux qui le suivent sur les routes de Palestine c est au départ comme une autorité morale et spirituelle et non pas comme l autorité des rites du culte Cependant un livre dans le Nouveau Testament n hésite pas à parler du sacerdoce de Jésus et ce livre a toujours été considéré comme authentiquement inspiré par la tradition chrétienne au point qu on l a intégré dans le corpus de l écrivain chrétien le plus prolixe et original le corpus des épîtres de saint Paul Ce livre la Lettre aux Hébreux montre avec une grande force de conviction et une argumentation fondée sur une connaissance approfondie des Écritures c est à dire des textes de la première Alliance que Jésus le Christ est le véritable Grand Prêtre capable de réintroduire l homme dans l amitié perdue de Dieu là où tous les autres Grands Prêtres ont échoué par leurs sacrifices rituels indéfiniment répétés il a réussi en offrant une fois pour toutes sa propre humanité à Dieu par la mort sur la croix Ce sacrifice inouï où Jésus est à la fois prêtre et victime comme cela apparaît clairement dans les discours après la Cène dans l évangile de Jean est efficace à la fois parce que Jésus est pleinement homme et accepte donc les conséquences de la jalousie de l hostilité ou de l incompréhension des autres comme chacun de nous peut en faire l expérience dans sa vie de baptisé ou de simple citoyen et parce qu il est pleinement Dieu et comme tel ne peut être vaincu par la mort C est donc dans sa Passion que Jésus apparaît vraiment comme prêtre au sens de sacerdos l homme du sacré alors que tout ce qui précède dans sa vie

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  • N° 137 (juillet-août 2010) : Le prêtre, signe de contradiction : Sacerdos alter Christus : l'École Française a-t-elle encore quelque chose à nous dire ? - Revue Résurrection
    essentielle qui y préside en tant qu agapè se distingue sans s opposer à l éros qui dit le manque orientant l être limité vers un autre plus élevé pour combler son vide Il s agit dans l Église pour tous ceux qui prennent conscience d être aimés ainsi de Dieu de découvrir que le don même de cet amour est d aimer comme on a été aimé et de telle sorte qu on ne peut aimer Dieu en retour sans aimer avec lui tout ce qu il aime sans l aimer comme lui à sa manière propre et inimitable Il s ensuit comme Denys l a bien vu et bien dit que plus élevé est le don reçu c est à dire la participation à l amour divin et plus généreuse doit être la disposition à communiquer ce don à ceux qui en sont encore démunis 10 Un autre point souligné par Denys distingue cette société de la charité divine qu est l Église de la cité platonicienne ou néo platonicienne des esprits C est que dans l Église la transmission du don divin n implique aucune dégradation de celui ci L Amour de Dieu est inséparable de Dieu lui même On ne peut l avoir en soi qu en ayant Dieu en soi chaque fois que cet amour passe d une créature à une autre c est lui même qui se communique Ainsi même si c est par une autre créature plus élevée que nous que nous recevons le don de Dieu nous le recevons toujours immédiatement et par là intégralement Les médiateurs quels qu ils soient dans la vision évangélique à commencer par le Christ lui même et parce que toute médiation n y est qu une extension de la sienne n y sont jamais des intermédiaires qui persistent à séparer autant qu ils conjoignent Les co médiateurs œuvrant dans l unique Médiateur leur transparence est garantie Il résulte que celui qui est en bout de chaîne ne reçoit pas moins que ceux qui le précèdent Dans ces conditions si tel est le bon plaisir divin et si celui qui en est l objet y correspond il peut s élever tout aussi haut voire bien plus haut que ceux qui ont été pour lui les ministres de ce don 11 Le baptisé n est pas moins aidé à tendre vers la sainteté que l évêque ou le prêtre simplement par eux grâce à eux cette sainteté est un don reçu dont il ne peut se prévaloir Ainsi la hiérarchie est elle ce vaste ensemble mis en place par Dieu pour transmettre ses dons en passant par une cascade de médiateurs qui ne sont tels qu à condition de transmettre ce qu ils ont reçu à ceux qui viennent après eux C est la même lumière qui circule d un bout à l autre de la hiérarchie puisque personne ne garde rien pour lui si bien que cette transmission se fait sans déperdition Les différents degrés se distinguent seulement par l amplitude plus ou moins grande de leur pouvoir de transmettre l évêque est à la source de tout et donne non seulement la vie divine mais la possibilité même de la transmettre en ordonnant des prêtres ceux ci à leur tour transmettent ce qu ils ont reçu en dispensant les sacrements les baptisés faits par eux enfants de Dieu transmettent la lumière à ceux de l extérieur qui s approchent de la foi les catéchumènes Comme on a dit dans la hiérarchie on est défini non par la place qu on occupe mais par celle que l on laisse On a pu parler de médiation immédiate car le médiateur n est pas un intermédiaire qui ferait nombre entre les deux termes qu il rapproche Dieu et l homme il est seulement leur point de jonction 12 Cette vision théandrique où la hiérarchie est une extension à l humanité de ce qui constitue le propre de la vie divine s est imposée universellement en Orient par saint Maxime en Occident par saint Grégoire Scot Erigène et finalement saint Thomas 13 Retour sur Maritain Comme nous l avons vu avec Jacques Maritain un certain thomisme se refuse néanmoins à envisager une telle association active à la médiation sacerdotale du Christ en faisant seulement découler le sacerdoce des prêtres de l extension des mérites du Chef à son Corps qui est l Église ce qu on appelle sa grâce capitale 14 le prêtre est celui qui applique les fruits du sacrifice parfait offert par le Christ sur la Croix sans plus Néanmoins Maritain perçoit bien que la distinction entre la grâce substantielle d union hypostatique et la grâce capitale n est qu une distinction de raison A trop séparer les deux c est toute l originalité de la médiation du Christ qui est en cause La fonction médiatrice découle de l être humano divin du Médiateur le faire découle de l être La perfection de l offrande du Christ vient de ce que son être est essentiellement ordonné à Dieu que toutes ses puissances humaines sont d emblée saisies par la personne du Verbe Cette divino humanité ce théandrisme se prolonge dans son Corps ecclésial Jésus Christ l unique Médiateur n est pas médiateur sans son Église car lui même a résolu de nous sauver et de nous diviniser dans son Corps L Église n est pas un simple intermédiaire pour dispenser cette grâce qui lui resterait extérieure c est bien pourquoi elle peut être dite sacrement du salut 15 Le sens de la sacramentalité de l Église se découvre dans le sacrement par excellence qu est l Eucharistie nous n avons pas là seulement un signe à l occasion duquel se donnerait la réalité ultime mais le moyen et la fin se compénètrent une part du signe devient la réalité elle même sacramentum et res présence réelle du Christ au milieu de ce monde Le moyen s il est indissociablement lié à la fin doit néanmoins s effacer sans

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  • N° 137 (juillet-août 2010) : Le prêtre, signe de contradiction : L'homme de la messe - Revue Résurrection
    voix mais souvent celles des cœurs Il ne serait pas l image du Bon Pasteur sans cela Il a beau savoir que son rôle n est jamais que le prétexte dont le Christ se sert pour faire son œuvre à lui qui dépasse infiniment l impact humain des discours et gestes qu il peut faire il ne saurait se désintéresser complètement de l effet produit sauf quand la messe est rigoureusement privée mais même là elle a encore un assistant dans celui qui la sert au moins c est souhaitable Mais pour peu que le prêtre oubliant son rôle d instrument se prenne à attirer sur lui l attention à capter les regards à séduire le résultat ne tarde pas à se faire sentir Sans empêcher complètement le Christ d agir puisque l offrande est faite néanmoins ce genre de mise en avant rend opaque et lourde la médiation sacerdotale qui devrait être toute de transparence et de légèreté elle rend plus difficile aux fidèles de se situer d emblée par rapport au Christ qui s offre pour eux Le prêtre n est jamais tant prêtre à la messe comme ailleurs que quand il se fait oublier et que toute l attention des fidèles est pour celui dont il rend possible l intervention Mais pour cela paradoxalement il faut qu il existe et fasse ce qui lui revient le plus complètement et le mieux possible Le rôle du rituel C est pourquoi le rituel est d une grande aide lui permettant de ne rien faire qui ne soit écrit conforme à un usage reconnu indépendant de ses sentiments et de ses états d âme Il a à se glisser dans un déroulement réglé fixé par l Église mais à s y couler intelligemment sans négligence ni routine Pourtant cette objectivité ne le protège pas complètement car même là il lui faut assumer personnellement ce qu il célèbre faire des choix veiller à ce que ses aides coopèrent pour le mieux animer son rôle de l intérieur Dans bien des cas il devra prendre la parole au moment de l homélie et s adresser directement aux fidèles pour les entraîner dans la prière et la vie chrétienne De plus dans la disposition actuelle de la plupart de nos églises il est visible et audible pendant tout le temps de la célébration et donc en communication implicite avec les fidèles qui l entourent S il n a pas à faire preuve à proprement parler de qualités d acteur son jeu sa diction ne sont pas malgré tout indifférents à ce que se passe Il doit donc à la fois y veiller et ne pas s y arrêter ce qui est un exercice périlleux Rien ne remplace ici sa prière personnelle cachée têtue pendant que s accomplissent les différentes phases du sacrifice elle l aidera à sortir du face à face avec les fidèles qu il serait tenté de prolonger jusqu au cœur de la prière eucharistique L expérience de la célébration de la messe est donc une expérience qu on oserait dire kénotique de kénose l anéantissement du Christ au moment où le prêtre et bien plus encore l évêque est mis au centre paré honoré servi encensé il est réduit à n être rien par lui même à n être que celui qui laisse agir le Christ infiniment plus grand que lui qui est à la disposition de Dieu qui se sert de lui pour faire son œuvre Comme les animaux offerts sur les autels antiques on l a paré de guirlandes de fleurs et on a doré ses cornes pour marquer qu il est disponible pour un mystère très grand qui le dépasse Dépouillement très particulier puisque toutes les marques d honneur qui lui sont données indiquent précisément qu il n est pas celui auquel elles s adressent Occasion pour lui de se rappeler qu il n est lui même qu un assistant un bénéficiaire de l acte sacramentel qu il célèbre un élève qui doit continuer à se laisser instruire Le moment de la consécration est une démonstration assez claire de ce jeu en retrait car la reproduction du modèle ne s applique qu à certains points et pas à tous le prêtre refait certes les gestes du Christ prendre le pain et le calice mais pas tous il ne brise pas l hostie cela lui est même strictement défendu il prononce ses paroles ou plutôt certaines car Jésus a dû dire bien d autres choses avant et après et son attitude légèrement penché en avant dans un geste de respect fait de lui plus le disciple ébloui que le maître qui dispose de ses dons d ailleurs sur le moment il ne partage rien du tout Entre le marteau et l enclume Médiateur saisi par la médiation du Christ le prêtre l est dans toute la célébration de la messe Cela veut dire qu il se tient en permanence sur deux lignes comme son maître la ligne ascendante où il présente à Dieu les intentions les besoins et les drames des hommes où il porte sur lui le péché du monde en s offrant lui même autant qu il est possible pour faire le pont entre la sainteté de Dieu et la misère de ses créatures et la ligne descendante où il apporte à ses frères les dons de Dieu le don de sa Parole et du Corps de son Fils le don de sa paix jusqu aux contrées les plus inhospitalières où l homme est tenté de se réfugier pour échapper à Dieu En cela il fait écho à ce qui est la mission du Rédempteur dans sa double solidarité avec les hommes et avec Dieu son Père jusqu à la déchirure de la croix Dans le jeu symbolique de la célébration le prêtre a clairement les deux rôles soit qu il se tienne en tête de son peuple pour présenter à Dieu la prière et l offrande des fidèles soit qu il soit face à ses

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  • N° 137 (juillet-août 2010) : Le prêtre, signe de contradiction : La place du prêtre dans la communauté chrétienne - Revue Résurrection
    dit qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète Mt 10 41 Se lever à l arrivée d un prêtre le servir en premier à table ne pas le contredire publiquement sont sans doute des manières de faire qui paraîtront d un autre âge à certains mais l expérience prouve que loin de l isoler de son entourage ces marques de respect lui confèrent l assurance nécessaire à sa mission et lui permettent de rejoindre plus directement ceux dont il a la charge Il n aura pas à perdre son temps à se faire accepter il sera moins tenté de chercher à séduire il pourra commencer tout de suite à faire le bien pour lequel il est devenu ministre de la grâce Et là sa charité son humilité pourront se donner libre cours pour s approcher de la brebis blessée comme de celle qui est en bonne santé Berger de son peuple L évolution des communautés chrétiennes au moins dans nos pays tend à faire disparaître l image du curé berger de son peuple tels ces prêtres de jadis qui restaient sur place pendant plusieurs décennies qui avaient accompagné les familles sur plusieurs générations et qui jouissaient d une notabilité reconnue par tous Là on avait de vrais pasteurs qui connaissaient toute leur paroisse pour avoir marié les uns et les autres et avoir fait le catéchisme à presque tous les enfants Aujourd hui le prêtre ressemble plutôt à l étoile filante qui ne dit jamais la messe deux dimanches de suite au même endroit de peur qu on s habitue avec qui il faut prendre rendez vous longtemps à l avance si l on veut se confesser S il y a des choses sérieuses et qui engagent l avenir on en parlera avec l évêque ou quelqu un de ses services Au demeurant les laïcs font tourner l institution et fournissent des titulaires pour les principaux postes Alors que lui reste t il Disons le sérieusement à quoi bon mobiliser l exemple du Curé d Ars à quoi bon faire prier pour les vocations s il est entendu que la figure du prêtre ne doit plus jamais ressembler au pasteur qui entraîne dans son sillage ses brebis Demandons nous si par peur du cléricalisme de jadis on n a pas tout simplement nié la paternité du prêtre faisant de lui un fonctionnaire de l institution ce qui n est ni très exaltant pour lui ni très utile aux fidèles Oportet sacerdotem præesse il faut que le prêtre préside dirige entraîne c est ce qu on lui disait naguère au moment de son ordination Aujourd hui c est plutôt mal vu On voudrait risquer cette idée qui ne sera peut être appréciée de tous jamais la vie de nos communautés chrétiennes ne redémarrera sans de vrais pasteurs sans des hommes suffisamment identifiés avec elle pour s investir complètement dans sa croissance pour l amour du Christ Si tout échappe au titulaire d une fonction

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  • N° 137 (juillet-août 2010) : Le prêtre, signe de contradiction : Le prêtre au cinéma - Revue Résurrection
    suppose qu ils connaissent la vie spirituelle vécue dans le sacerdoce ou qu ils la comprennent ou qu ils se laissent guider par des experts extérieurs et qu ils soient capables de traduire en images animées ce qui leur aura été expliqué L S Certes Mais ce phénomène de réduction du prêtre à sa fonction sociale n est ce pas aussi après tout ce à quoi se livre tout un chacun quotidiennement Lorsque l on va demander à un sacrement on s intéresse peu à ce qu est la vie spirituelle du prêtre à son rapport à Dieu à sa dépossession de lui même pour laisser transparaître un autre Il n est pas tout à fait étonnant qu il en soit de même au cinéma Pourtant vous laissez comprendre que certains cinéastes ont su rendre véridiques leurs prêtres véridiques en ce sens qu ils permettaient par l image de dire l être sacerdotal Vous pensez sans doute à ces films classiques souvent bien reçus au sein du monde catholique que sont Le petit monde de Don Camillo et Le retour de Don Camillo 1953 de Julien Duvivier Monsieur Vincent de Maurice Cloche La Loi du Silence de Alfred Hitchcock 1953 Le Fugitif de John Ford 1947 Léon Morin prêtre de Jean Pierre Melville 1961 Le Journal d un curé de campagne de Robert Bresson 1951 Mais ces films sont l adaptation d un roman d un récit ou d une biographie Père P M T Effectivement ces grands films de prêtres sont des adaptations Il n est pas sûr qu ils auraient la même valeur s ils étaient des créations pour parler du prêtre en fiction on a encore du mal à faire mieux que Bernanos ou Greene voire Guareschi dans son genre très particulier avec sa réelle profondeur spirituelle Sans être des prêtres ils en sont de réels experts tant ils ont intégré et compris la théologie du sacerdoce Ou bien ils en ont perçu des éléments fondamentaux qu ils sont capables de transmettre Cependant on ne peut sous estimer le rôle propre des cinéastes car l adaptation débouchant dans un scénario ensuite filmé conduit à des inflexions plus ou moins importantes par rapport au texte d origine à une herméneutique dans certains cas à une transformation dans d autres Chez Bresson Hitchcock Melville Ford Cloche la mise en scène et le cadrage la construction la composition des plans le jeu de la lumière et la direction des acteurs conduisent dans ces œuvres à manifester la réalité spirituelle celle du prêtre ou au moins certains aspects intérieurs du sacerdoce Lorsque Hitchcock fait se déplacer Montgomery Cliff jouant le P Logan sans qu il dévie jamais de la ligne droite lorsqu il joue de l opposition des regards entre lui et le véritable assassin Keller lorsqu il le montre abstinent dans le film il ne mange jamais il donne à voir la rectitude sacerdotale quasiment ascétique qui postule l acceptation de l accusation injuste bref la configuration au Christ qui

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  • N° 137 (juillet-août 2010) : Le prêtre, signe de contradiction : Le prêtre, signe de contradiction - Revue Résurrection
    en garde contre l enfermement dont elles peuvent être porteuses mais nous invite avec lui à les sauver 3 17 Le sacerdoce apostolique inassimilable par le monde maintient la provocation de Jésus Christ Les prêtres de l Église loin d être les fonctionnaires d une société cléricale qui aurait peu à peu pris la place du Maître et qui aurait domestiqué son enseignement pour le mettre à son service sont là pour empêcher ce monde de se refermer sur lui même et de se prétendre autosuffisant La succession apostolique forme indépassable par laquelle se transmet dès le début l enseignement du Christ et le pouvoir sacramentel assure à l Église de ne jamais se confondre avec le monde vers lequel elle est envoyée 1 L histoire L histoire des persécutions est là pour prouver que les pouvoirs terrestres dans la mesure où ils se veulent maîtres du destin des hommes ont particulièrement visé le clergé Et ce n est pas seulement parce qu en s attaquant à la tête ils pensaient frapper le corps tout entier de l Église C est plus profondément parce qu ils trouvaient dans les détenteurs de la succession apostolique un principe de légitimité qui ne devait rien à l État et qu ils y ont vu là une contestation insupportable Quand Cyprien issu du milieu de la magistrature appartenant à la culture du monde dirigeant refuse de recevoir les édits des empereurs qui exigent de chacun qu il sacrifie aux dieux de la cité il précise bien qu il n est pas un révolutionnaire et qu il prie pour les empereurs Mais son refus d un culte menteur revêt un sens exemplaire dans la mesure où évêque il représente plus que lui C est toute la cité antique dans son côté totalisant pour ne pas dire totalitaire qu il ouvre au Christ seul Seigneur L opposition apparaîtra encore du temps de l Empire chrétien quand les empereurs se diront chrétiens mais sympathiseront avec les Ariens ou quand les rois barbares devenus les maîtres se rallieront eux aussi à l arianisme Au nom d un Christ qui n est pas tout à fait Dieu l autorité politique a pu prétendre ériger sa loi en norme de vérité réduisant les évêques à n être que des fonctionnaires du pouvoir tenus de suivre les décisions officielles Face à eux se sont dressés des hommes comme Athanase d Alexandrie Basile de Césarée ou Hilaire de Poitiers qui ont redit les droits des ministres du Christ ceux ci sont là pour manifester qu il ne déserte pas l histoire des hommes Plus tard encore au temps de la crise iconoclaste VIIIe siècle on a vu des empereurs persécuter le clergé et les moines au nom d une vision politique de l Église car pour eux la doctrine était au service de l idéologie pas d image pour ne pas choquer les populations tentées par l Islam Les pasteurs qui se sont dressés contre eux l ont fait pour garder au Christ toute sa place dans la société chrétienne accepter les images du Sauveur c est reconnaître qu il n est pas perdu dans les cieux pendant que nous gérons entre nous les affaires terrestres c est encore lui qui par ses prêtres et ses évêques maintient dans son peuple le sûr charisme de la vérité et empêche l ordre impérial de s absolutiser La Réforme grégorienne au XIe siècle en défendant le fonctionnement du clergé du contrôle des laïcs veut marquer que l Église n est pas un rouage de la société mais la perpétuelle contestation des modèles sociaux et politiques au nom de la seigneurie du Christ qui reviendra juger les vivants et les morts La Révolution française en s attaquant à la structure hiérarchique de l Église n était pas seulement tentée d exporter le modèle démocratique jusque dans la société ecclésiale il s agissait de réduire une prétention insupportable qui consistait à dépendre d un chef étranger le pape et à ses croire au dessus des lois ordinaires Dans un tel cadre l Église ne pouvait être acceptée que si elle était au service d une religion civile universelle et tolérante s inscrivant rigoureusement dans les cadres de la société et destinée à former des bons citoyens et de bons soldats Le clergé et les fidèles qui massivement ont refusé ce modèle se sont inscrits dans la démarche d une Église conduite au martyre pour rester fidèle à son Seigneur Les régimes totalitaires du XXe ont particulièrement visé le clergé s efforçant parfois de le séduire pour mieux le réduire ou de l éliminer d une façon ou d une autre Il ne peut y avoir deux absolus qui coexistent tant que le christianisme maintient sa prétention de représenter la royauté du Christ ici bas il ne peut qu entrer en conflit avec un ordre qui vise à organiser rationnellement la vie des hommes sur terre sans reste Le film Le 9e jour de Volker Schlöndorff montre clairement le marché qui est mis entre les mains du prêtre relâché pour quelques jours afin de faire cesser la résistance de son évêque ce n est pas de trahir son idéal spirituel qui lui est demandé mais d accepter que l Église cesse de se croire une mission dans les affaires de ce monde et bénisse le système nazi Plus subtilement la situation actuelle dans les pays d Occident est de museler ou de ridiculiser l Église pour que le monde puisse continuer à dormir sur ses deux oreilles à faire du commerce et à jouir sans entraves Le prêtre qui prétend évangéliser ou enseigner au nom du Christ doit disparaître Le pape doit se taire 2 la théologie Le Jeudi Saint Jésus a institué la seule réalité qui puisse se reconnaître comme directement son œuvre ni un livre ni une méthode mais douze hommes dépositaires du sacrement qui le rend à jamais présent au milieu des siens C est bien peu au regard du monde et de l

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  • N° 137 (juillet-août 2010) : Le prêtre, signe de contradiction : Le sacerdoce selon Benoît XVI (Abbé Christian Gouyaud) - Revue Résurrection
    de Benoît XVI exprimée à l occasion d homélies et de rencontres diverses avec le clergé de telle ou telle région Il le fait dans un petit ouvrage facile à lire préfacé par Mgr J P Batut évêque auxiliaire de Lyon Le plan articule l être sacerdotal chapitre 1 l agir sacerdotal chap 2 et ce qu on pourrait appeler la mystique sacerdotale la nécessité pour le prêtre d identifier sa personne et sa mission chap 3 Tout l intérêt se porte d abord sur la première partie où il s agit on s en doute de se démarquer d une conception socio fonctionnelle aujourd hui très répandue qui voit dans le prêtre un simple moyen pour accomplir certaines tâches au profit de la communauté Le pape affirme on ne peut plus nettement le changement ontologique introduit par l ordination la réelle transformation qui unit d une manière particulière un homme à Jésus prêtre selon une vraie consécration de tout son être dans la ligne de Jn 17 19 pour eux je me consacre moi même afin qu ils soient eux aussi consacrés dans la vérité Le propos n étant pas polémique on s abstient des discussions qui sans doute seraient nécessaires pour retourner des décennies d exégèse réductrice qui ont voulu exclure du Nouveau Testament toute conception sacerdotale à l exception de ce qui est dit du Christ dans l Épître aux Hébreux et des baptisés notamment dans 1 P 2 9 Le lien n est pas fait avec la méditation de l École française sur le lien qui unit le caractère sacramentel reçu à l ordination et l onction sacerdotale de Jésus dans son Incarnation mais on n en est pas loin Dans la deuxième partie on lira avec intérêt les pages sur le prêtre et la messe

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