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  • N° 137 (juillet-août 2010) : Le prêtre, signe de contradiction : La théologie trinitaire de Louis Bouyer (P. Guillaume Bruté de Rémur) - Revue Résurrection
    protestante au catholicisme devenu oratorien faute d avoir pu accomplir une vocation monastique qu il a toujours poursuivie dans un parcours atypique qui l a mené à l abbaye de Saint Wandrille où il repose à présent Le livre est ambitieux puisqu il s agit de rejoindre une pensée qui se déploie dans une double trilogie d ouvrages consacrés non seulement aux trois personnes divines Le Fils Eternel le Père Invisible le Consolateur mais aux réalités qui en tirent leur vie Le Trône le la Sagesse l Église de Dieu et Cosmos sans parler de ses ouvrages de spiritualité tout entiers dominés par une problématique trinitaire et de cette ultime trilogie si étrange et traversée d éclairs que forment Mysterion 1986 Gnosis 1988 et Sophia 1994 Le parcours est vaste à la mesure des sources et bien souvent l auteur de la thèse nous promène dans les méandres d un chemin qui commence très tôt avant même l entrée dans l Église de Louis Bouyer et qui se poursuit dans une patiente étude des données de la tradition les questions successives posées au dépôt de la foi sur lesquelles l oratorien a toujours quelque chose à dire de libre et d original Si certaines figures lui sont immédiatement sympathiques Grégoire de Nysse Denys l Aréopagite et Maxime le Confesseur en Orient saint Grégoire le Grand Guillaume de Saint Thierry Hadewijch d Anvers et Maître Eckhart en Occident d autres nourrissent de longs débats non exempts de réticences malgré la reconnaissance d incontestables valeurs saint Cyrille d Alexandrie saint Augustin saint Thomas d Aquin Ce qui ressort de ce parcours est l ambition qui fut incontestablement celle du P Louis Bouyer de dépasser l opposition entre la vision orientale qui met au premier plan la distinction des personnes et qui s

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  • N° 137 (juillet-août 2010) : Le prêtre, signe de contradiction : Les mots qui disent la foi (Cardinal Jean Honoré) - Revue Résurrection
    vérités en question L ensemble forme une synthèse utile un précis doctrinal comme le dit l Avant propos p 9 et offre une approche du Catéchisme qui est sans doute plus accessible encore à nos contemporains que l Abrégé A l éloge que mérite donc ce vocabulaire nous voudrions apporter deux nuances d une part l auteur sans doute poussé par un trop grand souci de la modestie qu il revendique lui même Avant propos p 10 a omis toute référence au Catéchisme cela ne nous semble pas faciliter la tâche du lecteur qui n est pas nécessairement un familier de cet ouvrage adressé à des débutants dans l approfondissement de la foi D autre part ce lecteur peut être déconcerté par la brièveté habituelle du paragraphe Je prie à l intérieur de chaque mot clé Ainsi pour Dignité de l homme après deux pages d énoncés théologiques solides et une page de citations diverses on lit sous la rubrique Je prie la première moitié seulement du verset 4 du Psaume 25 Montre moi ton chemin Seigneur et un fragment d une hymne qui figure à la Liturgie des heures Qui donc est Dieu que nul ne peut aimer s il n aime l homme Qui donc est Dieu qu on peut si fort blesser en blessant l homme Il nous semble que cette place trop réduite qui est laissée à la prière par rapport à l étude risque d introduire un certain déséquilibre dans notre vie de foi comme si notre recherche de Dieu était principalement du domaine de l intelligence et de la volonté et comme si le cri vers Dieu ou le cœur à cœur avec Lui dans la prière n était pas aussi indispensable et sans doute même encore plus fondamental pour Le trouver ou saisir

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  • N° 137 (juillet-août 2010) : Le prêtre, signe de contradiction : Histoire d'un dynamisme apostolique. La Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice (Philippe Molac) - Revue Résurrection
    M Tronson et qui renouvelée après la Révolution française s imposera comme un modèle particulier dans ce long XIXe siècle catholique étalé de 1815 1820 à 1950 et qui fera la gloire la réputation et la splendeur de la Compagnie Ces éléments se retrouvent aussi de manière implicite dans les deux textes reproduits en annexe et qui étudient plus précisément sous la plume de M Gilles Chaillot la mémoire du fondateur dans la Compagnie et certains points de sa spiritualité Si l on laisse de côté ces dimensions on soulignera surtout que le lecteur français par delà l histoire événementielle mâtinée d analyses socio historiques prendra conscience de l ampleur internationale de la Compagnie Les implantations canadiennes et états uniennes sont anciennes remontant au XVIIe siècle pour les premières et à la fin du XVIIIe siècle pour les secondes Il y aurait même lieu d explorer davantage la différenciation spirituelle et sacerdotale qu ont pu produire ces expériences diffractées On n est très vraisemblablement pas sulpicien de la même manière selon que l on est formé dans une nation originellement démocratique pour le dire rapidement et pratiquant le pluralisme et la concurrence religieuses États Unis que l on structure un clergé chargé d entretenir l identité d une minorité francophone se sentant politiquement culturellement et religieusement marginalisée et mise en danger sur son propre sol Québec ou que l on vive en France une série de bouleversements socio politiques et religieux qui superposent de manière complexe des choix ecclésiologiques romanité ou gallicanisme et politiques monarchisme ou pas Quelle unicité alors du modèle sacerdotal développé depuis la Réforme catholique et jusqu où doit il aller dans son accommodement au monde M Tronson aurait répondu que les habitudes sacerdotales doivent demeure invariables en tout lieu et en tout temps car elles permettent

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  • N° 137 (juillet-août 2010) : Le prêtre, signe de contradiction : Laïcat catholique et société française. Les comités catholiques (Daniel Moulinet) - Revue Résurrection
    qui s inscrit dans des recherches partiellement inabouties engagées il y a plus de dix ans par des spécialistes d histoire religieuse contemporaine et consacrées aux congrès catholiques une des formes particulières de la mobilisation ecclésiale des années 1870 aux années 1940 Car l enrôlement catholique dans des organisations aussi diverses que variées fut intense tant dans la défense religieuse maintenir des positions acquises lutter contre les lois de laïcisation et leurs conséquences que dans ce qui devint le mouvement catholique cet ensemble multiforme d œuvres et de réalisations destinées à reconquérir les masses et une société dont on pensait qu elles avançaient à grands pas vers un athéisme généralisé promu et alimenté par la République Les Congrès parisiens et nordistes ainsi que leurs déclinaisons diocésaines en furent une expression privilégiée servant de vitrine des réalisations du catholicisme français Le P Moulinet montre bien combien les soucis religieux ont pu y croiser les soucis politiques tant la République était alors considérée à partir de ce qu en disaient les républicains comme plus qu une forme politique une idéologie proprement antichrétienne Il peut ainsi souligner l importance des modèles étrangers la Belgique les Katholikentage allemands et les inflexions chronologiques et spatiales liées au développement d un anticléricalisme européen le souci d une coordination continentale de la résistance catholique surgit après 1870 et forme ce qu on appelle l Internationale noire à l installation de la République à son orientation plus ou moins anticléricale aux choix tactiques de Léon XIII le Ralliement aux hommes aux choix socio politiques typés qui composent les instances dirigeantes de ces Congrès catholiques multipliés Charles Chesnelong en particulier La masse des documents exploités l importance numérique des hommes engagés le poids des réseaux empêchent une analyse approfondie et systématique de tout ce qui se réalisa Mais la

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  • N° 135-136 (mars 2010 - juin 2010) : Évolution et création : Editorial - Revue Résurrection
    par des hommes qui essaient d être rigoureux mais qui n en restent pas moins limités et c est justement cela ce que nous rappelle la doctrine du péché originel qui mesure le décalage entre ce que l homme est de droit le maître de la nature chargé par Dieu d une lieutenance sur ses œuvres et ce qu il est devenu de fait un être ballotté au hasard des accidents qu il ne domine pas trop grand pour ce qu il a de petit trop petit pour ce qu il a de grand L évolution qui dit l insertion de l homme dans les mécanismes du cosmos ne doit pas faire oublier l autre versant la grandeur de celui qui peut s élever jusqu à savoir d où il vient et où il va Aussi est il souhaitable de partir d une vue juste de la création de la place de l homme dans cette création pour aborder sereinement la notion d évolution C est l intérêt de l article de Vincent Aucante reproduit dans ce numéro de bien reposer toutes les questions relatives à cette problématique La création pourquoi et pour qui Lorsqu on scrute les Écritures et qu on s interroge sur les motifs de la création ce n est pas d abord vers le livre de la Genèse qu il faut se tourner mais vers saint Paul Dans son épître aux Colossiens il écrit Il est le Christ l Image du Dieu invisible Premier né de toute créature car c est en lui qu on été créées toutes choses dans les cieux et sur la terre les visibles et les invisibles Trônes Seigneuries Principautés Puissances tout a été créé par lui et pour lui Il est avant toutes choses et tout subsiste en lui Col 1 15 17 Dans ce texte l Apôtre exprime de la manière la plus claire le but de la création prise dans sa globalité le visible et l invisible Dieu le Père a tout créé par le Christ et pour le Christ Celui ci est à la fois l Auteur mais aussi le modèle le prototype de toute créature mais aussi la raison le but final de cette action divine L homme qui fait partie de cette création est cependant créé d une manière particulière il est créé à l image de Dieu à l image du Fils préciseront certains Pères et ainsi il a un rôle particulier dans cette création Le même Paul n hésite pas à dire dans la Lettre aux Ephésiens C est en lui encore que nous avons été mis à part désignés d avance selon le plan préétabli de Celui qui mène toute chose au gré de sa volonté pour être à la louange de sa gloire ceux qui ont par avance espéré dans le Christ Ep 1 11 12 Le but de la création c est donc le Christ total la tête et les membres Mais pour progresser dans l intelligence des modalités de cette

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  • N° 135-136 (mars 2010 - juin 2010) : Évolution et création : Texte du Magistère - Revue Résurrection
    question la plus fondamentale de l origine première ou transcendante de l être participant En vue de se développer et d évoluer le monde doit d abord être et il doit donc passer du néant à l être Il doit être créé en d autres termes par le premier Etre qui est tel par essence Affirmer que le fondement du cosmos et ses développements se trouvent dans la sagesse providentielle du Créateur ne veut pas dire que la création a uniquement à voir avec le commencement de l histoire du monde et de la vie Cela implique plutôt que le Créateur fonde ces développements et les soutient les étaie et les maintient constamment Thomas d Aquin pensait que la notion de création doit transcender l origine horizontale du déploiement d événements qu est l histoire et par conséquent toutes nos manières purement naturalistes de penser et de parler de l évolution du monde Thomas observe que la création n est ni un mouvement ni une mutation C est en revanche la relation fondatrice et continue qui lie la créature au Créateur car il est la cause de tout être et de de tout devenir cf Summa theologiae I q 45 a 3 Évoluer signifie littéralement dérouler un rouleau de parchemin c est à dire lire un livre L image de la nature comme un livre trouve ses racines dans le christianisme et elle est restée chère à un grand nombre de scientifiques Galilée voyait la nature comme un livre dont l auteur est Dieu de la même manière que l Écriture a Dieu pour auteur C est un livre dont nous lisons l histoire l évolution l écriture et le sens selon les différentes approches des sciences tout en présupposant toujours la présence fondatrice de l auteur qui a souhaité se révéler en lui Cette image nous aide également à comprendre que le monde loin de trouver son origine dans le chaos ressemble à un livre ordonné c est un cosmos Malgré des éléments irrationnels de chaos et de destructions dans le long processus de changement dans le cosmos il demeure lisible Il possède une mathématique innée L esprit humain peut s engager non seulement dans une cosmographie en étudiant les phénomènes mesurables mais aussi dans une cosmologie en discernant la logique interne visible du cosmos Nous pourrions ne pas être immédiatement capables de voir l harmonie à la fois de l ensemble et des relations entre les parties ou leur relation avec l ensemble Mais il demeure une large part d événements intelligibles et le processus est rationnel dans la mesure où il révèle un ordre de correspondances évidentes et de finalités indéniables dans le monde non organique entre la microstructure et la macrostructure dans le monde organique et animal entre la structure et la fonction et dans le monde spirituel entre la connaissance de la vérité et l aspiration à la liberté La recherche expérimentale et philosophique découvre graduellement ces ordres elle perçoit leur travail en vue de

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  • N° 135-136 (mars 2010 - juin 2010) : Évolution et création : Les mécanismes génétiques de l'évolution - Revue Résurrection
    est indépendante de l avantage ou du désavantage qu elles apportent aux organismes dans lesquels elles surviennent La duplication de gènes ou de génomes n est pas plus adaptative a priori que des mutations simples dites ponctuelles même si elle offre plus de possibilités ultérieures d évolution aux organismes où elle s est produite Certains organismes sont capables de moduler la fréquence des mutations Les bactéries augmentent cette fréquence dans des situations de stress la fraction de mutations favorables n est pas augmentée mais la quantité totale de mutations l étant le nombre de mutations favorables augmente aussi De la mutation génétique à la variation du phénotype La relation entre les gènes et la formation de l organisme les mutations des gènes et les transformations des phénotypes n est après un siècle de recherches qu encore imparfaitement connue En 1940 George Beadle et Edward Tatum montrent que la principale fonction des gènes est de permettre la fabrication de protéines 5 Celles ci participent au sein des cellules à la réalisation des processus biologiques complexes qui engendrent le phénotype de l organisme Au début des années 1960 le code génétique est déchiffré et l on comprend alors comment la substitution des bases au niveau de l ADN peut entraîner celle des constituants élémentaires des protéines les acides aminés et par là modifier la structure et la fonction des protéines codées par ces gènes Si tous les gènes participent à la vie de l organisme certains gènes appelés gènes du développement ont un rôle particulier dans la formation de l organisme au cours de l embryogenèse Les mutations de ces gènes ont donc un impact particulièrement important Des mutations de ces gènes pourraient être associées à des étapes majeures de l évolution et l étude en est activement faite au sein d une discipline récemment constituée appelée Evo Devo pour Évolution Développement L intérêt porté à cette famille de gènes représente un changement important de la part des évolutionnistes 6 La vision canonique de l évolution a longtemps été que les variations de tous les gènes jouaient un rôle égal dans l évolution des formes vivantes Sans remettre en cause l idée que tous les gènes peuvent muter et donc participer ainsi à la transformation des êtres vivants il est aujourd hui admis que certains gènes ont un rôle particulier Le rythme de l évolution et la nature des variations Le rythme de l évolution et sa relation avec l amplitude petite ou grande des variations ont été l objet de débats depuis l époque de Darwin Darwin avait privilégié l existence de variations de petite amplitude et un rythme lent de l évolution La première raison était que l on observe plus souvent chez les organismes des petites variations que des grandes La seconde raison était que Darwin ne voulait pas expliquer l évolution des formes vivantes par l existence de variations de grande amplitude comme la formation en une étape d un œil qui auraient eu un caractère presque miraculeux

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  • N° 135-136 (mars 2010 - juin 2010) : Évolution et création : Les apports de la paléontologie à la théorie de l'évolution - Revue Résurrection
    famille intermédiaire entre les mantes religieuses et les blattes et confirmant l hypothèse que celles ci dérivaient probablement de celles là une cécilie à pattes trouvée dans le Jurassique les cécilies sont des amphibiens actuels tous apodes on vient de décrire parmi les formes primitives du Trias la première tortue à dents Odontochelys candidate bien placée pour être la tortue la plus primitive connue on a décrit dans le Crétacé des reptiles allongés qui montrent un accroissement du nombre de vertèbres une réduction des membres et des ceintures et qui sont proches parents des serpents les découvertes récentes les plus spectaculaires sont probablement celles de petits dinosaures à plumes et d oiseaux très anciens en Chine l origine des oiseaux s en trouve considérablement complétée Ces gisements de la région de Jehol forment un nouvel ensemble de Fossil Lagerstätte ces sites à conservation exceptionnelle dans lesquels est préservée une grande partie de l environnement flore insectes vertébrés variés avec des traces de contours de poils ou de plumes et qui sont eux aussi intensément étudiés Les méthodes d étude elles mêmes continuent à progresser Dans une formation cambrienne de Chine plus ancienne que les fameux schistes de Burgess on arrive maintenant à extraire des embryons de quelques cellules qui sont phosphatés On a recours aux analyses chimiques isotopiques pour tenter de comprendre si les plus anciennes traces charbonneuses des terrains précambriens sont d origine organique ou non Les découvertes paléontologiques sont assez régulièrement vulgarisées Outre les découvertes ponctuelles plus ou moins spectaculaires il ne faut pas oublier que plusieurs grandes radiations qui étaient beaucoup moins bien documentées que celle des mammifères font l objet d études suivies qui intègrent progressivement les données de phylogénie moléculaire et les nouveaux fossiles C est le cas de la célèbre radiation initiale du Cambrien voir La vie est belle de Gould mais aussi de la radiation des angiospermes au Crétacé de celle des oiseaux de celle plus grande et plus complexe encore des insectes La discipline est en plein essor Mais il est bien clair depuis un moment déjà que pour tous les spécialistes de la paléontologie l évolution comme processus historique est une donnée définitivement établie Ce cadre étant posé bien des aspects en sont débattus Modalités de l évolution Pour étudier les modalités de l évolution les paléontologues ont toujours porté une grande attention aux séries évolutives les plus complètes Celles ci ne sont pas aussi nombreuses qu on le voudrait néanmoins leur nombre s accroît régulièrement sans faire de bruit dans les journaux Il s agit toujours de séries locales ou régionales fournies par un cadre stratigraphique favorable à savoir une sédimentation continue sur des durées suffisamment longues la continuité n est jamais parfaite les vitesses de sédimentation sont un paramètre important et l accessibilité des couches Les exemples classiques trouvés chez les trilobites ammonites oursins gastéropodes etc se retrouvent dans les manuels et les revues de vulgarisation Depuis quelques dizaines d années s y ajoutent de nombreux exemples tirés de l étude des microfossiles issus des sondages océaniques Les grands programmes de sondages sont liés à la prospection pétrolière aux programmes climatiques et aux programmes internationaux de corrélations géologiques Il en provient une littérature considérable consacrée aux micro organismes qui permettent de dater les sondages Je mentionnerai ici à nouveau un exemple emblématique chez les mammifères les séries ré étudiées par Gingerich et ses collaborateurs dans le Bassin de Bighorn au Wyoming En effet ce bassin intra montagneux d environ 100 km de longueur et 30 km de largeur offre un cadre extrêmement favorable aux recherches Le bassin est rempli par une série stratigraphique de plus de 1500 m d épaisseur formée d une succession de couches bariolées qui sont des paléosols de diverses maturités Les anciens auteurs Cope Matthew Granger Gregory y avaient déjà récolté des fossiles qui dessinaient à grands traits des lignées Un travail de stratigraphie fine à l échelle du bassin et les récoltes poursuivies obstinément par des équipes pendant plus de 30 années ont mis au jour des séries évolutives parmi les plus complètes qui soient Gingerich en a fait des exemples de choix de la modalité évolutive la plus classique le gradualisme phylétique En effet dans plusieurs des groupes représentés les assemblages qui se suivent dans la succession des strates c est à dire au cours du temps montrent des évolutions graduelles par déplacement progressif des intervalles de variation de la taille et de la morphologie des fossiles Il y a moins de différences entre deux assemblages successifs qu entre les membres d un même assemblage le changement d un assemblage au suivant est inférieur à l étendue de la variation intraspécifique de chacun Dans ces cas la continuité du changement évolutif se lit dans les documents et le gradualisme est un processus évolutif prouvé pour autant qu on puisse prouver en histoire c est l hypothèse qui s impose et l on s approche sûrement très près de la descendance historique des morphologies Dans la mesure où de tels exemples surgissent là où les registres fossiles sont les meilleurs et dans la mesure où ils rejoignent des séries connues par ailleurs chez d autres organismes certains paléontologues dont je fais partie considèrent que le gradualisme évolutif est la modalité majeure de l évolution Il faut dire que chez les spécialistes de mammifères fossiles le gradualisme est à la base d une méthode de datation la biochronologie mammalienne basée sur les lignées spécifiques qui s avère être la meilleure pour les terrains continentaux du Tertiaire C est particulièrement le cas en Europe où il existe peu de grands bassins comparables à ceux d Amérique du Nord mais où pourtant on connaît de très nombreux gisements dispersés et rarement corrélés avec les terrains marins La méthode est opérationnelle Ses prémisses apparaissent donc fondées Pourtant d autres paléontologues se déclarent favorables à une modalité évolutive concurrente les équilibres ponctués punctuated equilibria ou équilibres intermittents Cette modalité a été proposée par Eldredge et Gould en 1972 puis défendue par Gould avec son grand talent de vulgarisateur Les équilibres ponctués reposent sur une réalité paléontologique à laquelle on n avait pas prêté suffisamment d attention à savoir l existence très fréquente dans le registre fossile d espèces qui vivent assez longtemps sans changement morphologique puis qui sont remplacées assez brusquement par d autres dans les séries sédimentaires C est en particulier le cas pour des invertébrés marins le groupe dont Eldredge est spécialiste Les deux auteurs ont proposé d interpréter ce phénomène comme le résultat du mode de spéciation considéré comme le plus commun dans la nature actuelle la spéciation allopatrique de Mayr Rappelons que la spéciation la formation de deux espèces là où auparavant il n y en avait qu une correspond à l établissement d une barrière de reproduction entre des populations jusque là interfécondes Cet isolement est souvent lié à des barrières géographiques Les populations isolées accumulent progressivement des différences génétiques jusqu à ne plus pouvoir se reproduire entre elles quand elles sont remises en présence l une de l autre La spéciation est alors achevée On ajoute à cela que les petites populations périphériques beaucoup plus sujettes à la dérive génétique à cause de leurs plus faibles effectifs sont supposées pouvoir ainsi évoluer plus vite Eldredge et Gould ont proposé que l arrivée brusque d une nouvelle espèce dans une série sédimentaire corresponde à l arrivée sur place d une nouvelle espèce qui se serait formée ailleurs par spéciation allopatrique Le modèle est d autant plus séduisant qu il semble réconcilier les données paléontologiques d échelles temporelles généralement assez longues avec les mécanismes évolutifs tels qu ils sont étudiés dans la nature actuelle Les deux auteurs n ont pas hésité à minimiser la signification des exemples connus de gradualisme évolutif et à prétendre que l évolution se faisait généralement par petits sauts brusques reliant des lignes essentiellement droites Dans ce contexte les tendances évolutives résultent de la sélection différentielle entre espèces stables les nouvelles étant progressivement favorisées et remplaçant à la longue les anciennes Mais les équilibres ponctués se heurtent à de sérieuses objections La première d entre elles est que la spéciation dans l actuel est issue d une simple barrière de reproduction Elle ne s accompagne pas nécessairement et en fait elle s accompagne très rarement de changement morphologique Or une nouvelle espèce paléontologique elle est reconnue parce qu elle présente une nouvelle morphologie Ce n est pas l équivalent d une nouvelle espèce dans la nature actuelle Il y a dans la nature actuelle des variations morphologiques plus ou moins importantes à l intérieur des espèces entre espèces proches etc On en étudie le déterminisme Mais cela apparaît bien différent et bien déconnecté en fait des barrières de reproduction Parmi les plus fermes opposants aux équilibres ponctués on trouve des spécialistes de la spéciation actuelle qui montrent que dans ce domaine lui même très complexe les changements morphologiques ne sont pas requis 1 les comportements de rapprochement des sexes y sont très importants de même que les remaniements chromosomiques Par ailleurs pour prouver qu une nouvelle espèce paléontologique arrive par spéciation brusque il faudrait montrer qu elle n a pas d ancêtres plus anciens ailleurs C est rarement le cas car comment être sûr que l on connaît toutes les faunes marines d une époque Et justement on peut faire observer que bien souvent dans le registre marin les espèces sont stables dans un même milieu et de nouvelles espèces apparaissent au moment d un changement de faciès donc d un changement de l environnement marin local Souvent d ailleurs les mêmes espèces reviennent quand les conditions de milieu sont rétablies fond marin vaseux sableux ou dur sédimentation grossière fine absente Les communautés marines se déplacent en même temps que les milieux auxquels elles sont adaptées et dans ce contexte prouver une spéciation morphologique brusque devient extrêmement difficile On peut reprocher à bon droit aux partisans des équilibres ponctués de spéculer surtout sur les discontinuités les hiatus les absences de documents Au contraire quand le gradualisme est documenté il a une grande force de démonstration Mais peut on pour autant le généraliser Le débat est loin d être clos et on terminera sur quelques remarques En premier le gradualisme tel qu il est critiqué par Eldrege et Gould est trop caricatural 2 Depuis longtemps et en particulier depuis Tempo and Mode in Évolution Simpson 1944 on sait que les vitesses d évolution sont très variées selon les groupes et selon les périodes Une phase rapide d évolution peut se produire sans spéciation Par ailleurs on a toujours présenté dans les manuels des exemples standards de changements évolutifs graduels c est parce qu on s intéressait au changement évolutif et non à l absence d évolution On a peut être pu ainsi donner une fausse impression de gradualisme généralisé Mais ne jouons pas sur les mots Un des apports de la controverse des équilibres ponctués est d avoir attiré l attention sur les longues périodes sans évolution apparente des organismes les stases morphologiques on sait qu elles ne sont pas génétiques C est une très bonne remarque et une invitation à aller plus loin du côté de la sélection stabilisante Mais il faut quand même aussi étudier le changement évolutif quand il est là il est alors graduel à l échelle locale ou régionale à laquelle on y accède Notons d ailleurs que les micro organismes marins planctoniques ont des répartitions océaniques très vastes qui n empêchent pas les séries graduelles de s y produire Les mammifères de taille moyenne ont souvent également des aires géographiques assez vastes qui renforcent la signification des évolutions locales Il est normal que les modalités évolutives varient avec les divers groupes animaux et avec les divers milieux plus ou moins stables On sait que des conditions insulaires favorisent des évolutions rapides de véritables expériences naturelles d évolution exemples des éléphants nains de Sicile et de Sardaigne de rongeurs et d insectivores géants etc A vrai dire la problématique des vitesses d évolution est très intéressante et elle amène à approfondir l interprétation du registre fossile On s est aperçu que exactement comme pour les vitesses de sédimentation les vitesses d évolution diminuent globalement en fonction de la longueur de temps sur laquelle elles sont mesurées 3 Ceci parce que en sédimentologie plus le temps d observation est long plus les hiatus temporels s accumulent Pour l évolution de petites évolutions dans un sens sont ensuite compensées par d autres dans le sens inverse d où une apparence de stabilité ou d évolution très lente alors que dans les registres plus courts et plus denses les vitesses d évolution sont plus élevées et se rapprochent des vitesses observées pour les époques récentes Quaternaire changements rapides depuis la dernière glaciation colonisations humaines Les facteurs de l histoire évolutive Il est difficile de classer les facteurs de l évolution qui sont très nombreux Nous distinguerons ici trois catégories les facteurs externes accidentels les facteurs externes permanents et les contraintes de développement les seuls facteurs internes que nous prendrons en considération il faudrait intégrer les contraintes architecturales imposées par les propriétés des matériaux organiques et d autres encore Paléontologues et géologues voient bien certaines corrélations entre événements par exemple entre de grandes éruptions volcaniques et des extinctions entre de grands changements climatiques et des mouvements de faunes et de flores Les exemples de tels facteurs externes accidentels sont multiples Les grandes extinctions sont évidentes Leur cause principale peut être identifiée météorite volcans climat alors même que la succession précise des événements ne l est pas est ce les cendres un grand incendie ou au contraire le froid dû aux poussières de l atmosphère qui ont tué les animaux en masse Est ce la disparition de la flore habituelle La suite d événements a t elle duré 1 10 100 500 ans Finalement peu importe le détail des événements ce qui compte est une grande extinction qui élimine de nombreux groupes de la course et ouvre aux groupes survivants de nouvelles ressources Ces facteurs externes ne sauraient être sous estimés ils ont joué un rôle majeur Mais leur rôle va t il toujours dans le sens de la contingence du hasard comme on tend à le dire parfois Oui les grandes extinctions les grandes crises climatiques les longs isolements et les grands échanges de faunes liés au contact entre deux continents sont causés par la tectonique le climat et d autres facteurs géophysiques qui n ont aucun rapport avec le degré d adaptation des faunes et flores concernées En ce sens ils agissent bien par hasard un hasard de Cournot correspondant à des séries causales indépendantes Mais est ce là le tout des facteurs externes Assurément non car quels que soient ces événements ils n empêchent pas que d autres facteurs environnementaux eux soient stables La gravité et les frottements sont des facteurs stables sur la très longue durée et ils conditionnent en partie les adaptations à la locomotion dans l air dans l eau dans le milieu souterrain D où par le jeu de la sélection et des adaptations toutes les convergences bien connues dans l adaptation au vol l adaptation à la course les formes qui permettent la nage rapide ichtyosaures thons dauphins et celles qui permettent le fouissage taupe taupe marsupiale On pourrait parler à leur sujet de facteurs physiologiques tant ils conditionnent le fonctionnement des organismes leur physiologie par interaction avec l environnement physique ou biotique Et on pourrait en multiplier les exemples concernant les divers aspects de la physiologie des organismes et les adaptations qui y correspondent On connaît les adaptations aux régimes alimentaires qui donnent lieu à d innombrables convergences sur les dents des mammifères On sait que de façon générale les organes des sens seront favorisés chez les êtres mobiles Conway Morris 4 a énuméré nombre de facultés qui ont donné lieu à des convergences y compris les convergences bien connues dans la vision Il faudrait y ajouter les avantages produits par un système nerveux central efficient pour les capacités de locomotion de nutrition de reproduction etc Les facteurs accidentels sont causes d événements imprévisibles mais les facteurs permanents conduisent dans de très nombreux aspects de la biologie à des adaptations convergentes celles ci mettent en évidence des sortes de cadres répétitifs des facteurs qui limitent les possibles et rendent compte de certaines directions évolutives directions qui ne sont pas des buts poursuivis mais des cheminements contraints Les facteurs externes ne sont pas les seuls La structure des organismes dicte les variations qui leur sont possibles et d innombrables sortes de changements ne leurs sont pas possibles Il s agit là d un aspect de l évolution qui a donné lieu à des controverses vives et à des points de vue différents chez les paléontologues et chez les généticiens qui ne sont pas encore vraiment réconciliés En effet les paléontologues des années 1870 qui avaient admis l évolution ont en général été assez critiques vis à vis du darwinisme en particulier du côté hasardeux des variations On ne peut reprendre ici un historique des raisons pour lesquelles les paléontologues avaient fondé une école néo lamarckienne américaine et non nationaliste et ont développé la notion d orthogenèse Cope 5 le premier des paléontologues à se confronter vigoureusement aux mécanismes de l évolution a très justement fait remarquer que toute théorie de l évolution qui ne comprend pas une théorie de la variation est incomplète Les exemples qu il citait pour défendre un point de vue différent du darwinisme simple étaient tous les deux des exemples en rapport avec la croissance des organismes un exemple de Hyatt sur les ammonites et un exemple de lui même sur des amphibiens tous deux donnés dès 1866 Dans ces deux exemples ces auteurs montraient que l évolution s était produite dans le même sens que la croissance des organismes Or au cours des trente dernières années et en particulier depuis la publication de Ontogeny and Phylogeny par Gould 1977

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